Alain Clot, le président de France Fintech a accordé une interview aux équipes de FinTech Mag. Il y revient sur les missions de l’association mais également sur l’importance de promouvoir l’écosystème local de la Fintech. Retranscription.

Alain Clot, France Fintech

France Fintech est une association, créée en juin 2015, qui vise à réunir l’écosystème des Fintech françaises. Elle structure son activité autour de 3 grandes missions :

  • La première, c’est la promotion de la Fintech française en France et à l’étranger. Il est important pour nous d’en finir avec le bashing un peu condescendant des Anglo-saxons sur la Fintech française. Nous disposons au sein de notre écosystème local de vraies innovations qui auraient mérite à être plus connues.
  • La deuxième, c’est de représenter le secteur auprès des pouvoirs publics, des régulateurs, de la commission européenne, des parlementaires, des investisseurs, et puis du monde dit « traditionnel » : les banques et les assureurs.
  • Et puis, notre troisième mission est une mission d’animation de l’écosystème, c’est-à-dire faciliter la rencontre des différents interlocuteurs pour alimenter les opportunités d’affaires, et finalement le système.

 

France Fintech, c’est avant tout un endroit privilégié pour observer l’écosystème et son évolution. Il y a eu trois grandes vagues qui l’ont agité. La première époque consistait essentiellement à des développements de nouveaux usages : paiement, transfert, robo-advisors, crowdfunding, plus que dans des innovations technologiques à proprement parler même s’il y avait de la technologie derrière les modèles. Ceux-ci étaient alors principalement centrés sur le retail, sur les particuliers.

La seconde vague, que France Fintech voit monter devant elle, est beaucoup plus centrée sur la technologie avec en particulier 3 moteurs dont tout le monde parle qui sont l’intelligence artificielle, la blockchain et les objets connectés, ils accélèrent la distribution et l’innovation. Pour faire simple, la technologie court cette fois-ci devant et l’usage derrière. Cette seconde vague est aussi en  beaucoup plus tournée vers les entreprises et vers une clientèle un peu plus fortunée. On peut alors parler de néo-banques, de néo-assurances qui ont des modèles beaucoup plus horizontaux avec une stratégie de données, avec de l’intégration, de l’agrégation…

Enfin, le troisième aspect est que la Fintech commence à murir et va pouvoir s’exporter en particulier à travers ce qu’on appelle le passporting. Il permet d’être régulé dans un pays européen et ensuite de pouvoir couvrir les autres marchés de l’Union. Inutile de dire qu’évidemment le Brexit introduit une très grande opportunité pour la Fintech française de reprendre une position centrale puisque Londres ne sera plus dans l’Union et devrait perdre son passeport européen.

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