« Et si on construisait un avenir ensemble ? » demande contre toute attente David à Goliath, à moins que ce ne soit l’inverse. David, c’est les jeunes entreprises, les startups qui partent à la conquête du nouveau monde. Il s’en est créées 320 000 par an, sur les cinq dernières années. Goliath, c’est les entreprises du CAC 40 qui ont toutes tissé en 2015 des partenariats avec nos jeunes pousses, quand elles n’étaient encore que 30 % à le faire en 2010.

Ce rapprochement perçu comme inévitable entre jeunes pousses et acteurs corporate est au cœur de l’étude « David avec Goliath : l’alliance des grandes et des jeunes entreprises » que l’on doit à Raise et Bain & Company.

Les entreprises du CAC 40 n’ont pas toujours le mode d’emploi

L’idylle apparente entre David et Goliath a ses limites. Si 100 % des grands groupes se sont rapprochés d’une startup, les modes opératoires varient largement. Seules 15 % des entreprises corporate ont intégré la relation aux startups dans leur business model : elles disposent d’une vraie expérience des partenariats avec les jeunes entreprises qui s’inscrit dans leur stratégie. Des experts de la relation avec les jeunes pousses en très forte minorité, donc.

Car sur les 85 % restants, seules 35 % d’entre elles sont satisfaites de relations occasionnelles (remise de prix, parrainage), quand les 50 % restantes évaluent les opportunités et les enjeux que de telles alliances peuvent engendrer.

Les startups, laboratoires d’innovation à moindre coût

Pour autant, les grandes entreprises se félicitent de ses partenariats. Elles auraient tort de s’en priver : « Le principal intérêt de ces investissements est l’effet de levier : en achetant seulement 10% d’une entreprise, nous avons accès à 100% de ses compétences et de sa technologie. Cela coûte donc 10 fois moins cher et prend souvent moins de temps que de développer soi-même » témoigne le Directeur d’un fonds de Corporate Venture d’un industriel du CAC 40.

Je t’aime, moi non plus

Côté startup, l’écho est sensiblement différent. Le sentiment qui prédomine vis-à-vis des grands groupes est un manque de confiance. Seules 20% d’entre elles recommanderaient très fortement une alliance avec une corporate. Et 10 à 30% d’entre elles ne renouvelleront pas l’expérience. Échec de la relation, déséquilibre entre les deux parties, lenteur dans les procédures, niveau trop élevé de l’investissement requis… Les motifs du désamour sont multiples et variés.

Peut mieux faire ?

Si l’on se réfère à notre cousin d’Amérique, oui. Avec un PIB seulement 7 fois supérieur, les structures d’investissements dans les grands groupes sont 24 fois plus nombreuses.
Pour Paul-François Fournier, Directeur exécutif de l’innovation de Bpifrance, « les relations entre grandes et jeunes entreprises progressent, mais il faut passer à l’étape d’après. Ce n’est pas l’hébergement de startups qui va créer de la valeur : il faut prendre des participations ou faire des acquisitions. »

Encore, chers Goliath, allez-vous devoir vous montrer sous des atours plus séduisants. Et chers David, vous montrer plus conciliants. Commencez donc par lire l’étude, quelque 81 conseils matrimoniaux vous sont prodigués. De quoi roucouler ensemble, sur le long et épineux chemin de la croissance retrouvée.

 

Retrouvez ci-dessous l’étude complète !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *