De la création de l’assurance incendie suite au célèbre Grand Incendie de Londres en 1666, à l’invention de l’assurance vie, le monde de l’assurance est moteur, à travers le temps et l’espace, dans le domaine de l’innovation. C’est dans la tradition de cet esprit que de jeunes pousses du numérique, les AssurTech ou InsurTech, ont choisi d’utiliser largement les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour proposer une vision novatrice de l’assurance. Nous pouvons regrouper ces innovations en 3 thèmes :

  • la proposition de valeur pour faciliter les interactions entre l’assureur et l’assuré ou permettre une personnalisation de l’offre grâce à une meilleure connaissance client ;
  • la redéfinition de la proximité client en offrant un service de prévention et en repensant la gestion de sinistre via une plus grande réactivité et transparence ;
  • l’utilisation des données via les objets connectés et le Big Data pour une tarification adaptée.

Pour rester acteurs de leur marché et apporteurs de solutions pour leurs clients, les assureurs ont très vite réagi et pris en compte dans leur stratégie l’émergence de ces nouveaux acteurs. Les principaux assureurs traditionnels ont ainsi non seulement apporté les moyens logistiques, financiers et humains à ces Insurtech mais ont également choisi d’engager leurs propres ressources internes dans l’évolution d’un métier menacé d’obsolescence.

 

Des investissements externes inédits pour les assureurs traditionnels

Le premier levier utilisé par les acteurs traditionnels est la constitution de fonds de capital-risque afin de maitriser ces nouveaux savoir-faire. Ainsi MAIF Avenir a alloué un budget de 125M€, avec un premier investissement rapide et symbolique dans l’incubateur Numa, alors que dans le même temps AXA Strategic Ventures a provisionné 200M€ pour entrer dans le capital de ces Insurtech. On y retrouve des start-ups spécialisées dans les objets connectés, qui permettent un meilleur suivi médical du client.

Le deuxième axe est la création d’incubateurs, avec un objectif d’accompagnement des start-ups dans la phase d’amorçage. L’allemand Allianz a ainsi créé la French Tech Côte d’Azur au sein du stade Allianz Riviera de Nice et mis à disposition des Insurtechs invitées son réseau international. Le Crédit Agricole Assurance a fait de même au cœur de Paris mais avec un spectre plus large que l’assurance. L’objectif premier n’est pas d’absorber ces start-ups mais de les accompagner et de réfléchir ensemble à l’assurance de demain. Evidemment, toute bonne idée sera bonne à acheter …

D’autres assureurs ont pour leur part décidé d’accompagner des Insurtechs sur le même esprit que les incubateurs mais en positionnant cette fois le client au cœur. Ainsi AVIVA a choisi de sélectionner quelques Insurtechs via un challenge Innovation puis de mettre à disposition des moyens financiers et surtout son portefeuille clients, données ô combien précieuses pour tout nouvel acteur sur un marché. Cette solution a pour mérite de proposer aux assurés des solutions innovantes et en avant-première. L’assureur se repositionnant comme un novateur vis-à-vis de ses clients.

 

Insurtech : des dynamiques de travail à redéfinir

En complément des investissements dans ces Insurtech, les assureurs traditionnels ont compris le besoin de développer cette culture de l’innovation en interne. Ainsi des bancassureurs, des compagnies d’assurance et des mutuelles (Cardif, Covéa, Axa et Allianz) ont développé des Labs High Tech mélangeant des ressources internes et des experts issus de ces start-ups. Société Générale Insurance a choisi une autre voie, elle a créé une société à part entière « Moonshot-Internet » sur la base d’une idée innovante de 5 de ses collaborateurs et prévoit d’y investir jusqu’à 6 millions sur 18 mois.

S’inspirant de ces nouveaux acteurs, les assureurs traditionnels ont même investi dans leurs ressources afin de développer la culture de l’innovation centrée sur le client, de nouveaux modes de travail plus collaboratif, plus flexible.

Les partenariats initiés par les assureurs traditionnels avec ces start-ups et les mesures déployées pour changer la culture digitale en interne sont autant d’éléments qui permettront d’avoir une collaboration gagnante entre les assureurs traditionnels et les Insurtechs au bénéfice des clients.

Jonathan Apelbaum

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juin 19, 2017 1:33
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