La Fintech et licorne californienne Stripe, valorisée 5 milliards de dollars pour sa solution de paiements mobiles, mise sur les startups pour poursuivre son développement et lance Atlas un nouveau service pour séduire les e-commerçants des pays émergents.

Si les smartphones sont de plus en plus utilisés pour consulter les sites de e-commerce, peu de clients vont jusqu’à l’acte d’achat. La raison ? Des procédures trop complexes pour la taille des écrans de smartphones. « Alors que les smartphones génèrent 60 % du trafic sur les sites d’e-commerce, ils ne représentent que 15 % des achats » précise Siddarth Chandrasekaran, ingénieur chez Stripe. Ce que confirment plusieurs études, dont celle de Jumio d’août 2015, qui dévoile que 36% des mobinautes abandonnent un panier du fait de la lenteur d’affichage de la page de paiement. Une autre étude de ComScore, précise que si 60% des utilisateurs de PC vont jusqu’au bout de l’achat, ils ne sont plus que 45% des utilisateurs de tablettes et seulement 20% des utilisateurs de smartphones. En cause, là encore, le manque de convivialité des solutions de paiement mobiles.

Simplifier l’achat en ligne

Plusieurs startups se sont lancées, depuis quelques années, dans la course au développement de solutions de simplification des achats en ligne. Parmi elles, Stripe. Créée aux Etats-Unis en 2009 par deux frères, Patrick et John Collison, cette Fintech propose une solution qui, intégrée aux applications des e-commerçants, permet aux clients d’acheter en un clic. Tirant parti d’une infrastructure sécurisée, Stripe autorise le paiement via une carte bancaire, mais aussi Apple et Android Pay, Bitcoin, Alipay, et plus de 130 devises différentes. Tout cela sur un simple clic et sans quitter l’application.
Pour le commerçant, les sommes payées par les clients sont ajoutées à son compte Stripe lui-même transférable à un compte bancaire. Ce procédé a déjà séduit des géants du web – Twitter, Facebook, Pinterest – mais aussi des startups comme Lyft (VTC) ou Instacart (livreur de courses).

Valorisée aujourd’hui à 5 milliards de dollars, la licorne Stripe dont le business model repose sur le prélèvement d’une commission de 2,9 % plus 30 cents sur chaque transaction, revendique quelques milliards de dollars de transactions. Mais ce volume reste insuffisant pour atteindre l’équilibre. C’est pourquoi la startup vient de lancer « Atlas », un service qui aide les entrepreneurs étrangers à créer en toute simplicité aux Etats-Unis des entreprises à vocation internationale, notamment dans le domaine de l’Internet, et ce, sans nécessité de se déplacer. Pour 500 dollars, Stripe ouvre un compte en banque ainsi qu’un compte Stripe pour gérer les transactions financières. L’offre est accompagnée également de services de support juridique et fiscal, et d’un accès à des outils d’Amazon Web Services. Avec ce nouveau service, la Fintech espère générer de nouveaux revenus en séduisant des entrepreneurs venus de l’extérieur et se différencier de ses concurrents tels Braintree, Adyen, ou BlueSnap. Si le but officiel est d’exporter le modèle de la Silicon Valley dans les pays émergeants, Stripe y voit également un moyen de repérer de nouveaux talents.

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avril 5, 2016 4:00
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