Il fallait le voir pour le croire. Être témoin de l’arrivée sous la halle Darwin des participants à cette deuxième édition de l’événement Bordeaux Fintech. Assister au défilé des costumes cravates pour les cadres de la finance, de la panoplie veste jean pour les entrepreneurs, dans cette ancienne caserne militaire transformée en un magasin général. Une véritable République autonome, où tout ce qui est consommé est produit sur place. Un lieu comme une évidence pour les organisateurs : « Montré en exemple dans l’Europe entière, Darwin est à l’image de notre petite industrie : disruptif et innovant », explique Guillaume-Olivier Doré, patron de Robin’Finance.

Bordeaux Fintech, le reflet d’une industrie en plein développement

Les 5 et 6 octobre, quelques 600 acteurs du monde de la Fintech – contre 300 l’année précédente -, se sont donc réunis, ont échangé, participé à des ateliers, écouté les intervenants sur les questions qui préoccupent ce secteur d’activité en devenir.

Un bilan encourageant qui montre l’attrait d’une Fintech en pleine croissance : « Banquiers, gestionnaires d’actif, acteurs de l’économie sociale et solidaire, de la blockchain, crowdfunders… Ils sont tous venus. La Fintech séduit, motive, interroge, dérange parfois » commente Guillaume-Olivier Doré.

Alors que certains s’inquiètent face à la baisse du nombre des levées de fonds et des valorisations, les startups invitées à Bordeaux affichaient par contraste un moral d’acier. Déjà présentes en 2015, certaines ont en effet, en un an, su convaincre des investisseurs pour lever des fonds (Lendix, Compte Nickel), des clients (Morning), doublant ou triplant pour certaines leur nombre, ou réussit à investir de nouveaux marchés (WeShareBonds).

« C’est une chance de pouvoir suivre le développement des projets les plus innovants du secteur. Lendix, Morning, Fundshop, étaient déjà parmi nous l’année dernière. Je me réjouis de ce qu’ils poursuivent leur croissance et restent fidèles à notre rendez-vous. Bordeaux Fintech a été conçu par et pour les entrepreneurs » précise Guillaume-Olivier Doré.

 

Du leader d’opinion à l’entrepreneur : un lieu unique de rencontre

Parmi les temps forts de la manifestation, l’intervention d’une « star » de la Fintech, l’autrichienne Susanne Chishti, mère du Fintech Circle et auteure du FinTech Book, Bible du secteur d’activité. Foncièrement optimiste, l’ex de Morgan Stanley et de la Deutsche Bank perçoit un triple bénéfice à l’émergence de ce nouveau marché. Bénéfice pour les entrepreneurs, les utilisateurs et même pour les banques« qui peuvent ainsi externaliser l’innovation sans prendre le risque ni supporter les coûts de développement ». Une vision gagnant-gagnant en somme, dans une économie où la morosité plane parfois.

Autre temps fort, les prises de paroles de Marc Halévy, physicien et philosophe, et de l’essayiste Yannick Roudaut. Une parole libre, qui s’autorise à prendre de la hauteur, et voit dans la crise économique une opportunité de renaissance : « La révolution digitale amène une latéralité qui va précipiter l’effondrement des modèles pyramidaux » a notamment commenté Yannick Roudaut. Une thèse qu’il développera très prochainement en interview vidéo dans FinTech Mag.

La manifestation a enfin donné l’opportunité aux tenants de la blockchain de faire valoir leur point de vue sur une question qui ne brille pas toujours par sa clarté. Animé par Alain Clot (France Fintech), Gonzague Grandval (Paymium) et Jean Rognetta (PME Finance), le débat a conclu sur la nécessité de faire émerger des acteurs français dans une filière qui pourrait jouer un rôle clé dans l’organisation des activités économiques de demain.

Côté entrepreneurs, un concours de pitch a récompensé trois projets innovants. Grâce au lauréat, les concepteurs de l’app Pumpkin, jamais les bons comptes n’ont aussi facilement fait les bons amis. Au-delà de la philosophie, c’est la capacité de conviction des porteurs du projet qui a conquis le jury. L’appli qui permet en effet de rembourser en un clic ses amis a permis à l’un de ses fondateurs, Constantin Wolfrom, de repartir avec un chèque de 3 000 euros. Il racontera très prochainement à FinTech Mag ses impressions dans une interview filmée.

Les deux autres lauréats, Benoolend, une plateforme de co-investissement dans l’économie durable et solidaire, et France Barter, un réseau d’échanges inter-entreprises, sont repartis sans chèque mais avec les honneurs.

« Faire déplacer l’écosystème de la Fintech de Paris à Bordeaux sur deux jours n’était pas gagné. Pari réussi ! » se félicite Guillaume-Olivier Doré.

 

Rendez-vous à Bordeaux Fintech l’année prochaine pour la troisième édition.

Les conférences bordeaux fintech

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octobre 12, 2016 1:48
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