Entre les rachats consécutifs de plateformes de crowdlending par de grands groupes financiers et les défauts de remboursement qui créent des polémiques, le secteur du prêt participatif est en train de vivre un changement. 2017, l’année de tous les chamboulements ?

 

Le crowdlending, un secteur toujours aussi dynamique en France

D’après les derniers chiffres du site crowdlending.fr, le prêt participatif se porte à merveille dans l’Hexagone. Par rapport au premier semestre 2016, les chiffres accusent une hausse de 70 % cette année. De janvier à juin 2017, ce sont 343 projets qui ont été financés sur 15 plateformes. En tout, 57,9 millions d’euros ont été collectés à un taux moyen de 7,43 % sur une durée moyenne de 40 mois.

À lui seul, le mois de mai a comptabilisé un peu plus de 15 millions d’euros de financements octroyés à 70 projets.

Le bilan est plutôt positif pour le crowdlending français alors même que certaines associations comme UFC-Que Choisir pointent du doigt ce nouveau modèle économique et révèlent ses failles.

Quand particuliers et institutionnels prêtent aux PME : un véritable coup de boost pour l’économie française

Avec les minibons lancés en automne 2016, les institutionnels rejoignent les particuliers pour soutenir les entreprises. Sur Lendix par exemple, 17 % des investisseurs sont des particuliers alors que 14 % sont des investisseurs professionnels, 34 % sont des structures familiales et 35 % sont des institutionnels. Au vu de ces chiffres, le terme « financement par la foule » est-il encore de mise ?

Pour certains grands acteurs du crowdlending, cette mixité des investisseurs attire les particuliers, et permet aux plateformes de maintenir leur place de leader du marché. Une vision qui n’est pas partagée par de nombreux acteurs du domaine. Pourquoi ? Pour ces derniers, l’essence même du crowdlending est « la foule ». Mais force est de constater que la cohabitation « particuliers et institutionnels » va devenir une tendance dans les mois à venir. En effet plusieurs plateformes annoncent leur « reconversion ».

Les grands groupes financiers font leur entrée dans le prêt par la foule

Quel est le point commun entre La Banque Postale et Tikehau Capital ? Ces deux grosses pointures du secteur financier viennent d’acquérir respectivement KissKissBankBank et Credit.fr. Des investissements qui crédibilisent le crowdlending selon les propos d’Olivier Goy, président de Lendix. En effet, ce soutien va restaurer la confiance des épargnants mise à mal par la hausse des défauts de paiement enregistrés ces derniers mois et inciter les sceptiques à investir dans le crowdlending. Une aubaine pour les plateformes de prêt participatif.

D’une part, un partenariat avec un grand acteur de la finance permet d’affronter la concurrence. D’autre part, cela aide à développer ses activités à l’international. En tout cas, ces investissements sont vus comme une consolidation du secteur.

Taux de défaut de remboursement en hausse : une mauvaise publicité pour le secteur

Les plateformes françaises affichent un défaut de paiement de l’ordre de 7,4 %. Sur 1 488 projets financés depuis la création de ce marché, 111 projets accusent un retard ou une absence de remboursement. Sur les plateformes de plus de 100 projets, ce taux varie de 1,47 % à 10,4 %. À titre d’exemple, Lendopolis affiche un taux de défaut de 9,27 % malgré son ancienneté et son statut (2e des plateformes de prêt françaises au premier semestre 2017 selon le baromètre de Crowdlending.fr, NDLR).

Un gros travail de sensibilisation et des chiffres qui redonnent le sourire

Pour le crowdlending, ces chiffres sonnent comme le revers de la médaille. L’on peut peut-être booster son épargne en plaçant son argent sur ces plateformes, mais les risques de perte en capital existent bel et bien. L’offensive des intéressés pour faire face à cette mauvaise publicité ? Informer les investisseurs sur le rendement et le risque de chaque projet via de nouvelles normes statistiques mises au point par l’ensemble des acteurs du crowdlending.

À ce jour, Lendosphère, la plateforme spécialisée dans le financement de projets de transition énergétique se démarque de ses concurrents avec un taux de défaut de 0 %. Comme quoi tout n’est pas tout noir ou tout blanc dans l’univers du crowdlending.

 

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