En moins de 2 ans, le « Compte Nickel » – un compte sans banque accessible via un réseau de 1000 buralistes en France – a déjà séduit plus de 160 000 clients. Si environ ¼ des usagers n’ont pas de revenu régulier, le modèle séduit également les cadres (20% des clients) et les salariés (50%). Au-delà des coûts bancaires maîtrisés (de 30 à 50€ par an en moyenne), c’est surtout l’approche « sans banque » qui séduit les clients : ouverture rapide, gestion par Internet, pas d’autorisation de découvert. Explications.

Lancé en 2014 par la Financière des Paiements Electroniques, le « Compte Nickel » ciblait à l’origine une population à faible revenu, voire même exclue du système bancaire, avec une offre simplifiée : un compte accessible via Internet ou smartphone, accompagné d’une carte de paiement et des relevés d’identité bancaire pour 20€ par an ; les services – virement, prélèvements, etc. – étant facturés à part. Moins de deux ans plus tard, cette offre simplifiée a séduit plus de 160 000 clients, dont les ¾ l’utilisent comme compte principal.

Une levée de fonds de plus de 10 M€

Devant le succès du Compte Nickel, la société a lancé un tour de table et vient de lever 10,2 millions d’euros, auprès de plusieurs investisseurs privés, dont Partech Ventures qui a investi à hauteur de 4 millions d’euros. Son ambition est de dépasser le million d’utilisateurs d’ici à trois ans. Pour ce faire, elle lance aujourd’hui une offre à destination de 12-18 ans.

Outre les conditions financières simplifiées, le Compte Nickel tire parti d’un réseau de distribution original : les buralistes français, dans les points de vente desquels transitent plus de 10 millions de clients par jour. Aujourd’hui, près de 1000 buralistes ont adhéré au projet (1400 dès la fin de l’année), sur un total de 27 000 à l’échelle nationale.

Un mouvement de fond

Grâce à sa simplicité d’utilisation, le Compte Nickel séduit un large éventail d’utilisateurs. Si environ ¼ des usagers n’ont pas de revenu régulier et sont interdits bancaires, d’autres populations l’ont adopté. Par exemple, il forme le second moyen de paiement pour les dépenses communes au sein d’un couple, et se révèle particulièrement pratique dans le cadre de collocations ou pour les achats sur Internet. En effet, aucun découvert n’étant autorisé, un éventuel piratage du compte ne peut avoir de conséquences importantes. De plus, aucune commission de change, ni frais supplémentaire n’étant facturé, l’offre séduit également les étudiants qui partent à l’étranger.

« La levée de fonds de Compte Nickel doit être analysée au regard d’autres investissements, comme par exemple les 100 millions de dollars levés par Tandem au Royaume-Uni et les 25 millions de livres levés par son concurrence Atom Bank en début d’année. Comme je l’explique dans cet article, le modèle bancaire est aujourd’hui en train de muter vers des banques sans agences. C’est un véritable mouvement de fond qui va bouleverser le paysage bancaire dans les 10 années qui viennent. Avec Internet et les smartphones, le modèle de banque low-cost arrive maintenant à maturité » explique Guillaume-Olivier Doré, Directeur de la publication de Fintech Mag.

Lire l’article

En complément :

Un article (en anglais) de la BBC sur les banques sans guichet

et un article de « Libération » sur le Compte Nickel.

 

A lire sur Fintech Mag :

« Vers des banques sans guichet »  et

« Les banques et l’innovation »

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octobre 20, 2015 8:30
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