Après la Belle Alliance Populaire, voici venu le temps de la Belle Alliance pour les Blockchains, soit le regroupement d’une trentaine d’entreprises, peu suspectées d’être des « petits joueurs » – JPMorgan Chase, Microsoft, Intel, Accenture, Cisco, Banco Santander, BP, Credit Suisse, UBS, BBVA, ING, pour n’en citer que quelques unes.

L’initiative Enterprise Ethereum Alliance (EEA) a été lancée dans l’objectif  d’élaborer des normes et des technologies pour faciliter l’usage du protocole blockchain Ethereum.

 

Des consortiums blockchains prennent position

D’autres initiatives sont en cours. La startup new-yorkaise, R3 CEV, spécialisée dans la conception de technologies blockchain pour la finance, a réussi à fédérer autour d’elle soixante-dix établissements financiers. La Fondation Linux n’est pas en reste, elle a quand à elle regroupé autour de Hyperledger Project, des acteurs de poids de la high tech comme Hitachi ou International Business Machines. On notera côté français, la création l’année dernière de la “LaBChain”, un consortium mené par la Caisse des Dépôts et qui compte parmis ses membres le Crédit Agricole, CNP et Natixis.

Pour Jean Rognetta, Président de PME Finance et spécialiste de la question, « EEA apparaît comme un consortium technologique ouvert à toutes les applications possible de la blockchain ou du moins à un large spectre de potentialités. » Il note au passage qu’entre ces consortiums se rejoue « la vieille rivalité entre Microsoft et l’open source. On retrouve IBM du côté de l’open source. Cela traduit des approches business des cultures différentes. » 

Est-il besoin de rappeler que de gros espoirs sont placés dans les blockchains, cette technologie de stockage et de transmission d’informations sans organe de contrôle, dont il se dit communément qu’elle pourrait révolutionner le paiement dans les années à venir ?  

 

Les blockchains, inviolables mais pas infaillibles ?

Problème : à ce stade de son histoire, les blockchains, et en particulier Ethereum, ne se sont pas toujours montrée infaillibles, en témoigne le détournement en 2016 de 50 M$ par un hacker.

Faux, répondent les promoteurs des blockchains, comme Adli Takkal Bataille qui déclarait dans nos colonnes : « Les blockchains sont inviolables. Lorsque l’on parle de TheDAO ou de Gatecoin, ce ne sont pas les protocoles qui sont mis en jeu. Dans le cas de la DAO, c’est le smart contract associé à la chaîne qui a été exploité. Il n’y a pas eu de hack, juste une mauvaise formulation de contrat ».

Gageons alors que les regroupements précités créeront les standards qui permettront d’accroître la sécurisation des smart contrats associés.

 

Les blockchains, ces bases de données à certification universelle

Pour Jean Rognetta, le smart contract, cette fonction qui s’exécute de manière certifiée, montre la direction où ira la technologie. « La création du consortium EEA renforce la direction d’un usage de la blockchain comme nouvelle architecture de base de données. Aujourd’hui le big data, ce sont des bases de données hétérogènes, rapides, où l’information n’est pas certifiée. C’est sur ce terrain que se développe de plus en plus l’intelligence artificielle. La blockchain se rattache à un autre monde informatique où l’on s’appuie sur des données certifiées. Elle présente une structure de base de données plus chère, plus lente, mais dont la certification est universelle ». 

 

Blockchain, Internet, même combat ?

À en croire ce spécialiste, la blockchain suivrait un cycle de développement similaire à celui des grandes révolutions technologiques. « Quand une innovation apparaît, elle reste au départ extrêmement confidentielle, puis tout le monde se prend d’enthousiasme pour le potentiel de la technologie. Apparaissent bientôt les premières  difficultés, les désillusions avant que ne se développent enfin les vraies applications ».

Pareil que pour internet en somme ? « Oui, et Internet a fini par déployer tous les effets attendus et encore plus. Avec la blockchain, on est passé de la période Bitcoin, amusante mais sans plus, à une période ou chacun s’est pris d’enthousiasme : on se serait presque attendu à ce que la blockchain cuise les œufs à la coque! Aujourd’hui, nous vivons la phase des premières désillusions. On dit notamment des blockchains qu’elles  consomment trop, dégradent l’environnement. Dans le même temps, les grands acteurs se mettent en place par le biais de consortium ».

La technologie blockchain bouscule des écosystèmes entiers ? C’est l’écosystème entier qui réagit sous forme de consortium.

 

La blockchain, un atout pour le commerce international

Bel et bien lancé, outre-Atlantique, le mouvement s’accélère dans le vieux continent. Car après la Deutsche Bank, HSBC, la Société Générale, Rabobank et UniCredit, Natixis s’est associée à l’initiative de la banque belge KBC, lancée à mi-janvier, pour développer une solution blockchain de suivi des transactions à l’international pour les PME et ETI.

Ces initiatives visent notamment à alléger et simplifier les procédures en matière de commerce international. L’utilisation d’une blockchain dans le cadre du crédit documentaire, par exemple, doit permettre de certifier et valider, en temps réel, les documents nécessaires au déblocage du paiement. Cette blockchain mettrait en relation directe et instantanée les banques de l’importateur et de l’exportateur et raccourcirait les délais observés pour le déblocage des fonds.
C’est un peu technique mais, à dire vrai, tout ce qui touche aux blockchains l’est pas mal. De la déclaration d’intention à la mise en œuvre, un pas est en tout cas franchi par les acteurs de la finance. Où nous mènera-t-il ? Réponses sur FinTech Mag dans les semaines et les mois à venir.

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mars 2, 2017 10:00
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