Formons un vœu. « L’ère Macron marquera peut être ce moment où la « finance ne sera plus l’ennemi » mais pourra, à travers des services, de la protection, de la personnalisation, se rendre utile à tous, a la frontière entre l’économie sociale et solidaire et le pur capitalisme : une finance raisonnée et transparente ».

Ce vœu, c’est Guillaume-Olivier Doré, fondateur et CEO de Robin Finance, la première plateforme universelle de distribution de produits financiers, qui l’énonce.

L’élection à la Présidence de la République d’Emmanuel Macron, dont le passage par la banque d’affaires Rothschild a été largement commenté, et non moins stigmatisé, traduisant au passage cette opinion répandue d’une finance ennemi du peuple, ouvrirait ainsi une nouvelle ère, disons, Fintech compatible.

La Fintech, un enjeu indirect du quinquennat à venir

D’abord un rappel en forme de preuve de l’inclinaison favorable du nouveau PR vers la Fintech : peu avant de quitter Bercy, au début du printemps 2016, celui qui n’était encore que le Ministre de l’économie n’a-t-il pas autorisé les entreprises à utiliser les plateformes de financement participatif pour prêter leur trésorerie à d’autres entreprises ?

Rappelons ensuite qu’Emmanuel Macron, fin février dernier, annonçait, avec un plan d’investissements publics de 50 milliards d’euros à déployer durant son quinquennat, un axe fort de son programme. Son ambition : fonder un « nouveau modèle de croissance ».

Sans faire directement mention de la Fintech dans ce plan d’investissements publics, il reste qu’un des grands chantiers à mettre en place est celui de la modernisation des administrations publiques, ou pour le traduire autrement, leur numérisation.

Philippe Gelis, CEO de Kantox, ainsi qu’il l’a confié à Forbes, y voit là une opportunité : celle d’« accroître l’efficacité et réduire les coûts en modernisant, partageant et mutualisant les systèmes de l’administration publique. Au lieu d’investir dans la Fintech, le gouvernement, en achetant des solutions des fintechs, deviendrait un de ses clients. »

Quant à l’investissement direct, attention. N’est-il pas incompatible de revendiquer une concurrence libre et ouverte de la part du législateur quand de l’autre côté, on lui demande d’investir des fonds dans certaines entreprises ?

Pour Guillaume-Olivier Doré, le salut ne viendra ni de l’effet d’aubaine produit par la modernisation de l’appareil étatique, ni d’un financement direct du marché : « le marché est indépendant de l’État, je ne crois pas aux environnements sponsorisés ».

D’où viendra-t-il alors, ce salut ?

La confiance, clé de voûte d’une Fintech tricolore conquérante

« La confiance, c’est la clé », assure le CEO de Robin Finance. « Là où le législateur aura un rôle à jouer, c’est en créant un ISO, une norme de qualité des métiers de service. Car l’enjeu principal, et à plus forte raison dans la Fintech, c’est la réassurance des particuliers. C’est en réintroduisant la confiance, non plus à travers le contrôle, mais sous sa forme positive d’incitation, de validation de la qualité, que la Fintech pourra véritablement prendre son essor ».

Soulignant que le nouveau Président de la République a été l’artisan du récent mandat de mobilité bancaire, arguant l’idée novatrice d’un droit à l’erreur pour les PME /TPE face au guichet fiscal, « il y a fort à parier », continue Guillaume-Olivier Doré, « qu’Emmanuel Macron enlève les contraintes pour briser les monopoles tout en protégeant les individus ». Transposée à la Fintech, sa « flexi-sécurité » reviendrait ainsi à protéger les particuliers qui n’y connaissent rien tout en libérant les professionnels.

Si la confiance des particuliers reste à conquérir, celle des investisseurs n’est plus à prouver. Au troisième trimestre 2016, les fonds levés par les startups françaises atteignaient 857 millions d’euros, les plaçant presque à l’égal de leurs compétitrices britanniques (919 M€).

La promesse du candidat Macron, à l’attention des énergies sensiblement démotivées par le Brexit, de lancer une série d’initiatives visant à inciter les talents à faire de la France leur nouvelle patrie d’élection, ne devrait pas, à l’orée de cette nouvelle mandature, endiguer le mouvement.

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