Le bilan de l’AFIC (Association Française des Investisseurs pour la Croissance) pour l’année 2016 confirme l’accélération de l’activité de capital-investissement en France. Près de 15 milliards d’euros ont été levés pour investir, accompagner et transformer les start-up, PME et ETI françaises, soit une augmentation de 51% par rapport à 2015 ! Un record depuis la crise de 2008. Ces fonds vont progressivement alimenter le capital des start-up et PME françaises dans les 5 prochaines années, à travers les activités d’investissement et de placement des fonds spécialisés.
Par ailleurs, 12,4 millions d’euros ont été investis l’année dernière, dans 1 900 entreprises différentes, françaises dans leur majorité (85%).

Ces informations sont de prime abord de très bonnes nouvelles pour le capital-investissement français, cette activité d’investissement étant jusqu’à très récemment assumée par un petit nombre d’acteurs professionnels. Cette dynamique atteste d’une intégration progressive des épargnants dans le financement des entreprises locales et innovantes.

Toutefois, les résultats restent à nuancer.

Pourquoi le capital-risque est encore limité en France ?

Premièrement, près de 45% des montants levés en France en 2016 proviennent … de l’étranger.
Les Français ont la possibilité aujourd’hui de placer une partie de leur épargne dans des produits alternatifs, risqués et peu liquides, mais défiscalisant et potentiellement très rentables. De nombreux fonds d’investissement spécialisés dans l’innovation et l’investissement de proximité (FCPI, FIP) se sont constitués pour drainer l’épargne des ménages français vers les fonds propres des entreprises d’avenir et relais de notre économie réelle.

Pourtant, les Français continuent de favoriser les produits tels que l’assurance-vie ou les livrets d’épargne. L’aversion au risque et la préférence pour des placements moins rémunérés mais garantis et plus liquides bloquent des fonds importants dans des produits financiers qui sont peu productifs. Plus de 1 400 milliards d’euros sont épargnés ainsi chaque année, représentant près de 16% des revenus des Français. 1 à 2% du montant total seulement représente 100 millions d’euros… Le potentiel d’évolution est réel, si cette portion était orientée vers les start-up françaises, leurs besoins de financement, souvent critiques au stade de l’amorçage, seraient plus aisément comblés.

Ensuite, le capital-investissement est divisé en plusieurs segments, que sont le capital-risque (ou capital-innovation selon la nomenclature de l’AFIC), le capital-développement, le capital-transmission et le capital-retournement. Le fort dynamisme du capital-investissement de ces dernières années est principalement tiré par la croissance du capital-développement et la bonne santé du capital-transmission, qui s’adressent plutôt à des entreprises en forte croissance ou déjà mature. Le capital-risque, qui se concentre sur les entreprises au stade de l’amorçage, enregistre la plus forte progression, mais dans des montants bien inférieurs (874 millions) à ceux récoltés par le capital-développement (près de 4 milliards) et le capital-transmission (7,6 milliards).

Quelles solutions pour inciter les Français à financer l’économie réelle et les jeunes entreprises ?

Afin d’inciter les épargnants à investir dans les start-up françaises, plusieurs dispositifs ont été déployés, notamment par le gouvernement.

Le principal est le bénéfice fiscal que permet la prise de participation dans le capital d’une PME innovante. Les investisseurs ont le choix de défiscaliser à leur entrée dans le capital de l’entreprise cible (18% du montant investi sur l’IR et 50% sur l’ISF), ou de défiscaliser à la sortie sur tous les revenus de leur placement (dividendes et plus-values) si l’investissement a été réalisé par un PEA ou PEA-PME, après 5 à 8 ans dans le capital de l’entreprise.

Seulement, tout un chacun n’a pas forcément accès aux bonnes opportunités de placement, ni d’intermédiaires pour rencontrer les entrepreneurs de l’innovation. Les Business Angels, particuliers qui investissent leur patrimoine, mais également leurs compétences et réseaux dans les start-up, peuvent le faire car ils disposent des bons contacts, des bonnes capacités d’analyse et des réseaux leur permettant de placer de façon opportune dans les PME françaises. Mais ils sont une minorité et ont de moins en moins de fonds à allouer aux start-up actuellement.

Les FCPI et FIP sont des outils de placement plus accessibles aux petits épargnants, mais sont relativement peu transparents, ne laissent pas le choix des entreprises financées et ne placent pas l’intégralité de leurs fonds dans des start-up et PME innovantes. Par ailleurs, les droits d’entrée, de garde, les frais de gestion et les commissions prélevées constituent des freins au placement pour les particuliers.

Mais, depuis 2014, un nouveau type d’intermédiaires financiers donne la possibilité aux Français d’investir dans le capital de start-up innovantes : les Conseillers en Investissement Participatif (CIP) spécialisés en equity-crowdfunding. Via leur plateforme, ces sites offrent la possibilité aux épargnants français de découvrir, analyser et financer simplement un projet innovant, directement dans son capital, selon leurs centres d’intérêt, et surtout à hauteur de leur moyen (dès 100€ dans le cas de Sowefund par exemple). Ces nouvelles fintech présentent un moyen disruptif de participer directement dans l’économie réelle, de financer des entreprises dont l’activité semble proche, concrète, tout en profitant d’avantages fiscaux. Tous les contribuables ont désormais la possibilité de devenir actionnaires, c’est le pari de l’equity-crowdfunding et sa mission de démocratisation du capital-risque.

Les entreprises qui leur sont proposées sont soigneusement analysées, suite à des dues diligences réalisées par les équipes de ces plateformes, tels que les auraient menés des fonds d’amorçage. Ainsi les investisseurs particuliers ont la sécurité d’investir dans des projets de qualité. Ils restent risqués par leur nature innovante et leur stade de développement, mais leur modèle économique, leurs projections financières, leur marché ont été étudiés et éprouvés. Ces plateformes connaissent parfaitement les projets qu’elles présentent à leur communauté et sont donc en mesure de conseillers les investisseurs particuliers dans leurs intentions de placement. Les procédures d’investissement sont simples et adaptées à des investissements rapides, clairs. Le suivi des entreprises financées est également assuré par ces fintechs, qui informent leur communauté d’investisseurs sur l’évolution des start-up auxquelles ils ont pris part. Enfin, elles négocient, pour les investisseurs, le pacte d’actionnaire qui les liera avec l’entrepreneur, afin de fluidifier les relations, assurer une sécurité aux financeurs sans entraver la liberté des entrepreneurs.

Ces plateformes rencontrent un succès de plus en plus important, les montants investis chaque année connaissent une belle croissance : ils ont atteint plus de 68 millions d’euros en 2016, soit + 36% par rapport à l’année précédente. Les montants levés en 2015 avaient eux-mêmes doublés par rapport à 2014 (50,3 vs 25,4 millions d’euros).

Le travail de démocratisation est encore à poursuivre, car la France n’atteint pas encore les niveaux d’investissement observés dans les pays anglo-saxons. L’entrepreneuriat français est l’un des plus dynamique au monde, les opportunités sont nombreuses, et n’attendent que le soutien de leurs concitoyens.

A propos de Sowefund

Sowefund est une plateforme de co-investissement dans l’innovation française. Elle met en relation des start-up innovantes en recherche de fonds avec des investisseurs particuliers via sa plateforme. Ces particuliers investissent aux côtés d’investisseurs professionnels, réseaux de Business Angels et Fonds d’investissement partenaires de Sowefund. Ensemble, ces acteurs participent au financement de plusieurs entreprises françaises à fort potentiel. Depuis 2014, la plateforme a accompagné 18 start-up, pour un montant total levé de 8 millions d’euros auprès de professionnels du capital-risque et d’investisseurs particuliers.

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