Premier volet de notre étude sur les Fintech locales et étrangères sous la plume de Jean-Armand Figeac actuellement basé en Suisse au sein de l’Institut des Services Financiers de Zug.

Soutenues par l’évolution des “disrupteurs financiers” tant helvètes que français, les FinTech occidentales connaissent une croissance indéniable. Comment, pourquoi et qu’est ce que cela nous apprend face à la disparité inhérente de leurs consœurs asiatiques et plus particulièrement dans la zone ASEAN ? Analyse.

Outre le fait que l’innovation, le développement des produits & services et le financement restent un vecteur clé de réussite à toute start-up, il est nécessaire d’appuyer et de déchiffrer le contexte socio-économique intensifiant leur expansion. Cet argument est néanmoins à double tranchant : alors que l’écosystème de ces nouvelles entreprises laisse apparaître une perspective dynamique, le cadre structurel n’est pas encore totalement établi. Mais ce qui rend leur progrès encore plus phénoménal et exaltant est la viabilité financière et institutionnelle, enjeu majeur de développement défini par l’ancien secrétaire général de l’ONU : l’inclusion financière.

 

Tout d’abord, c’est quoi ces fameuses FinTech ?

Que vous soyez à Zurich, Londres, Paris, Los Angeles ou Singapore ces dernières sont bel et bien présentes…et prennent de plus en plus d’ampleur.

Très brièvement une classification les concernant :

  •   Paiement en ligne/Digital
  •   Crypto monnaie
  •   Investissements et Marché des Capitaux
  •   Banque & Finance d’entreprise
  •   Big Data & Analytique
  •   Plateforme Financière
  •   Crowdfunding, Crowdequity, Emprunt de pair à pair
  •   Finance Personnelle
  •   Blockchain

Une définition plus générique de ce terme serait la suivante :

«Le terme FinTech est la contraction de « financial » et « technologie »; (…) terme très vaste qui désigne toutes les technologies en rapport avec des services financiers regroupant des entreprises allant de la petite start-up à des firmes plus importantes. »GoodMorningCrowdfunding.

Cette branche en fort développement est définie par l’Université de Wharton comme «une industrie composée d’entreprises qui emploient la technologie pour rendre le système financier plus efficient».

Le Ministre Français de l’Economie et des Finances quant à lui la définit comme étant : « Un enjeu majeur pour le développement de services financiers innovants pour tous ; les consommateurs ont tout intérêt à ce que de nouveaux acteurs bousculent les acteurs établis du secteur financier.”

 

Ont-elles toujours fait partie de notre environnement quotidien ?

D’un point de vue très personnel, je crois fortement en leur évolution en tenant compte de certains macro-facteurs tels que :

–    La crise de confiance inédite de 2008 entre les banques et leurs clients

–    Les divers outils technologiques mis à disposition

–    La vitesse exponentielle d’acquisition des programmes informatiques à prix compétitifs

–    L’entrée vers une nouvelle ère digitale

 

Une pérennisation assurée par les «Millennials» &  les «Gen Z».

En effet, un catalyseur spécifique à la FinTech est la méfiance envers les institutions financières conventionnelles. La crise financière de 2007-2009 donnant alors naissance à la récession économique a permis aux jeunes pousses à travers le globe de vouloir inverser la tendance, en faire une opportunité et décoller. Les pratiques des banques et des institutions monétaires sécurisées et impénétrables d’autrefois aux procédés complexes et obscurs font dorénavant face à des start-ups innovantes offrant au public et aux investisseurs des services personnalisés, plus accessibles et à des niveaux beaucoup plus transparents, à très faibles coûts.

 

Qu’en est-il en France et en Suisse ?

En France, le crowdfunding/crowdequity a tout d’abord pointé le bout du nez de la FinTech avec des compagnies tels que Isodev, KissKissBankBank et My Major Company pour ensuite s’accaparer de parts de marchés plus importantes avec des acteurs tels que Prêt d’Union augmentant son capital de 30 Mio d’Euros mais aussi Finnexkap ayant levé il y a de cela quelques années 20 Mio d’Euros et ce parmi tant d’autres.

L’écosystème financier français, rassemblé autour de cette thématique en ce début d’année 2017, s’est retrouvé aux premières loges de la Bourse de Paris pour ainsi débattre des futures directives à prendre et il semblerait bien que la régulation en devienne une majeure.

Très souvent à la recherche d’une perfection reflétant certains gènes alémaniques, la FinTech en Suisse à quant à elle progressé à son propre rythme avec certains pionniers comme Run My Accounts, Sayula ou bien Investiere. Classée comme une des principales places financières mondiales, de nombreux instituts de recherches et cabinets de consultants s’accordent à souligner que la Confédération Helvétique a encore un bout de chemin à faire. Cette dernière bénéficiant d’un contexte politico-économique stable mais aussi de nombreux pôles innovants tant romands que germains doit continuer à s’efforcer d’attirer un nombre plus important d’investisseurs. Des opportunités clés semblent graviter autour de la Gestion de Fortune, de la Sécurité/Identité Digitale mais aussi des secteurs hautement technologiques tels que la CryptoCurrency et la Blockchain.

 

Et pour le reste ?

Il est dès lors certain qu’une identification de marchés de niche peut alors être extrêmement porteur économiquement même si, sur le long terme, peu d’entre elles survivront. Certaines feront faillite, d’autres fusionneront et un nombre infime attireront la convoitise des acteurs clés du secteur financier. Ces derniers ne sont cependant pas en reste non plus car ils n’ont pas attendu les conseils (actions) de ces disrupteurs. Dans le processus de négoce financier, un consortium des plus importantes banques (+70) tels que JP Morgan, UBS, Goldman Sachs, CITI et bien d’autres a été créé sous le nom de R3 désireux d’implanter la technologie de la Blockchain au sein de leurs services privés (en cours de changement). Ces mastodontes bancaires préfèrent néanmoins se joindre à cette course effrénée et ainsi en plus d’établir des partenariats stratégiques avec certaines d’entre elles les incuber sous leur tutelle.

Ce premier aperçu laisse apparaître dans son ensemble un essor considérable pour les services financiers 2.0. Leur croissance effrénée est parfaitement corrélée avec une demande de services/produits plus transparente de la part du marché mais aussi un environnement socio-économique meilleur que la dernière décennie.

La deuxième partie de l’article décryptera plus en détails ce qu’il en est à l’Est du globe…

 

FTM - contribs

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