Thématique de la prochaine NipConf qui se tiendra à Genève le 21 octobre prochain, la question de « la fin de l’argent », derrière des atours provocateurs, interroge l’ensemble des acteurs du secteur financier, et au-delà, chaque citoyen consommateur.

Au risque de spoiler d’entrée la réponse tant attendue : Non l’argent ne va pas disparaître. Mais notre rapport à l’argent, son mode d’échange, de circulation, la forme que nous lui connaissons aujourd’hui va évoluer considérablement dans les années à venir. Et c’est toute une industrie, la finance, qui s’apprête à voir ses pratiques bousculées.

Au programme du premier épisode : paiement en ligne et gestion de portefeuille.

La révolution du paiement en ligne

La fonction même de paiement et le circuit d’information subissent, les premiers, de fortes transformations. En effet, il n’est de secret pour personne que depuis 2014, hors TV, les utilisateurs mobiles sont devenus plus nombreux que les utilisateurs desktop. C’est donc sur ces écrans mobiles, principalement que, de plus en plus, les transactions s’effectuent.

Si PayPal a été précurseur dans les innovations liées aux systèmes de paiements, de nouveaux acteurs se sont positionnés sur ce segment de marché. Ainsi, à côté des acteurs traditionnels (banques classiques et en ligne), des établissements de paiement et de monnaie électronique (comme Twint, Compte-Nickel, PayTop, Rentabiliweb ou SlimPay), c’est l’arrivée des GAFA qui est scrutée à la loupe (Apple Pay a lancé son service en France en juillet). Leur poids dans l’écosystème digital devrait contraindre les banques à des alliances in fine bénéfiques aux utilisateurs car elles pourraient, à terme, « permettre d’éviter une concurrence à outrance, synonyme d’un marché peu lisible et sans émergence de standards », selon Karim Terbeche, consultant chez Exton Consulting.

La gestion de l’argent et sa transformation digitale

Dans le rapport traditionnel qui lie le dépositaire de fonds à l’établissement bancaire chargé de sa gestion, ce dernier se rémunère notamment via les frais de gestion qu’il facture aux premier en échange des services rendus (suivi des opérations, conseil en placement, sécurisation du dépôt, garantie de disponibilité des liquidités).

Si la relation de confiance entre le client et sa banque a de tous temps fluctué (au gré des hausses de tarifs, des scandales financiers, des krachs boursiers, des faillites…), elle se voit aujourd’hui remise au centre des attentions par l’émergence de nouveaux acteurs, les « Néo-banques».

Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la personnalisation de la relation client, la transparence des coûts et la disponibilité. « Du côté des établissements privés, où un service sur-mesure et une relation personnelle sont encore légions, la disruption technologique prend également le pas. Le sens du mot service aurait-il évolué ? » interroge Marco Brienza, co-organisateur de la Nipconf. Fondé à l’origine sur la relation entre deux individus (un conseiller bancaire et un client), la notion de service, dans le secteur bancaire, est en train d’évoluer rapidement. Une révolution est en marche : elle porte le doux nom d’Intelligence Artificiel et promet des performances augmentées et des gains de rapidité substantiels.

« C’est l’avènement des Robo-Advisors, des outils conçus pour gérer de façon autonome un portefeuille d’actifs selon les caractéristiques du client (profil d’investisseur, objectifs) et des données du marché.» commente Marco Brienza.
Du sur-mesure, en somme, qui, au-delà de la seule notion de service, pourrait refondre entièrement la relation de l’individu à son portefeuille financier, et redéfinir par-là même la notion de confiance entre un client et sa banque.

À suivre…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *