Interviewé à l’occasion de Bordeaux Fintech 2016, Hugues Le Bret, fondateur et CEO de Compte Nickel, nous parle de sa fintech. Retranscription.

Le Compte Nickel, c’est un compte tout simple qui favorise l’inclusion bancaire. Aussi appelé « Le compte sans banque », il s’ouvre en 5 minutes chez votre buraliste et est accessible à tous, que vous soyez interdit bancaire ou pas, riche ou non. Le Compte Nickel ne fait pas de crédit, ni même d’épargne, notre rôle est juste de tenir le compte : payer et être payé. Nous offrons donc un relevé d’identité bancaire, une MasterCard internationale, les gens peuvent ainsi communiquer leur RIB aux allocations familiales, à leur employeur, reçoivent leurs revenus, et les dépensent en virement, en prélèvement, en paiement carte.

Payer et être payé, c’est un métier de technologie, c’est tout simple, et ça coûte 20€ par an.

Hugues Le Bret, fondateur & CEO de Compte Nickel

Le Compte Nickel, une offre de départ tournée vers le social

Le Compte Nickel s’est trompé au début, nous souhaitions rebancariser les interdits bancaires, mais en fait notre mission est beaucoup plus large que ça. Nous sommes très fier depuis le départ, de cette universalité, de cette simplicité et de cette transparence qu’on a mis en place pour s’occuper des gens qui étaient en difficulté, des gens mal bancarisés. Un rapport de la Banque de France est d’ailleurs dernièrement sorti à ce sujet et dresse un portrait alarmant : 3 millions de personnes sont mal bancarisées, 45 % des Français sont en dépassement d’autorisation de découverts au moins une fois par trimestre… Et que pour eux, le coût de la banque est 2 fois voir même 3 fois supérieur à la moyenne nationale avec les frais d’incidents, les agios, les rejets, etc.

Fondamentalement avec le Compte Nickel, nous faisons passer l’ardoise de 300 à 400 € par an en moyenne, à moins de 50 €. Le constat actuel est qu’il y a une partie des Français qui n’ont pas accès à l’épargne, l’autre aux crédits, et une dernière qui a juste besoin de payer et d’être payée, sans forcément avoir de banque.

 

Une croissance portée par des usages spécifiques

Notre marché c’est donc révélé beaucoup plus large que nous l’avions envisagé car notre clientèle s’en sert également pour des usages spécifiques comme payer sur internet. Le paiement sur internet représente aujourd’hui  30 % de nos transactions, parce que si je mets 500 sur ce compte, je ne veux pas être débité de 2000. Et si je suis débité de 2000, je le sais tout de suite par un texto, je fais opposition, on me donne un code, et je renouvèle ma carte chez le buraliste d’en bas, je n’attends pas des jours qu’on me la renvoie par la poste.  Le paiement à l’étranger, c’est 9 % de nos paiements, parce que dès que je voyage, que je sors de la zone euro, j’ai zéro frais. Alors qu’ailleurs, je paie 5-6 % sur chacun des paiements.

Avec le temps, nous sommes devenu un peu comme le stylo Bic, qu’on soit cadre ou qu’on soit ouvrier, c’est le même but pour tout le monde : celui d’écrire. Le Compte Nickel répond quand à lui à un besoin très simple qui est de payer et d’être payé avec la même solution, beaucoup de technologies, et tout en temps réel.

Nous rendons service aux gens, nous sommes  agréé par la Banque de France, on est pluggé sur le système bancaire comme Free à travers les réseaux d’Orange, etc. Le Compte Nickel fait bien partie du système, mais effectivement, on est un nouvel entrant qui fait beaucoup de bruit

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