Une société qui lève des fonds sur une plateforme d’equity crowdfunding doit déterminer la place qu’elle accorde à ses investisseurs. Deux solutions s’offrent à elle : faire entrer les investisseurs au capital en direct, ou bien par le biais d’une holding d’investissement. Pour l’investisseur, dont l’intérêt est de détenir des parts, comme pour le porteur de projet qui cherche à se financer, chacune de ces alternatives présente des avantages et des inconvénients, quels sont-ils ?

Le choix le plus courant est celui de l’investissement direct dans la société porteuse de projet. Les investisseurs deviennent actionnaires et disposent à ce titre de droits importants. Leurs prérogatives les amènent à s’impliquer fortement.

Juridiquement, ils intègrent la structure, et sont dès lors en lien direct avec la société. Ils ont un droit d’information sur la situation de celle-ci, peuvent assister et voter aux assemblées générales. Légalement, la validation d’une levée de fonds nécessite d’atteindre 75% du montant à lever et une sursouscription de 115%, ce qui n’est pas négligeable. D’un point de vue technique, les démarches sont simplifiées et les frais de structure conséquemment réduits. Une introduction en bourse est d’autant plus envisageable. Seule ombre au tableau, les plateformes d’equity crowdfunding ouvrent l’investissement aux particuliers. Or les professionnels sont réticents à l’idée d’investir à leurs côtés, ce qui peut se révéler être un frein à l’entrée de fonds.

L’Holding Investissement, la nouvelle tendance

Une autre tendance existe, celle de l’investissement indirect, c’est-à-dire par le biais d’une holding d’investissement. L’investisseur achète les actions de la holding,spécialement créée par la plateforme pour le projet à financer. C’est ensuite la holding qui investit les fonds apportés dans la société. Il s’agit d’une activité purement financière.

La plateforme qui régit la holding s’attribue généralement 5% que justifie sa gestion, puis 20% des plus-values. Le plus souvent holding à capital variable, le seuilpourtant avantageux des 75% et 115% est levé. Le document d’informations règlementaires doit quant à lui être rédigé, et pour la société cible, et pour la holding. L’apparente simplification qu’offre la mutualisation des investisseurs, complexifie dans les faits les modalités de gestion et d’organisation. Les coûts n’en sont que plus élevés pour l’investisseur. Enfin, cette holding est présidée par un représentant de la plateforme. C’est lui qui organise les assemblées générales et y assiste. Il n’y a dès lors plus aucun lien direct entre la plateforme et le porteur de projet. Il n’est plus possible de parler d’« esprit crowdfunding ». C’est pour ces différentes raisons que les fonds d’investissement préfèrent voir les investisseurs logés dans une structure juridique séparée.

Conserver les avantages du crowdfunding

De « crowd », la foule, et « funding », le financement, le crowdfunding, c’est le financement par la foule, soit « financement participatif ». Il y a dans ces termes l’idée d’un véritable contact entre porteurs de projet et investisseurs. Au-delà de l’apport financier, les investisseurs ont pour rôle de constituer une véritable communauté pour l’entreprise qu’ils soutiennent, ils en sont les ambassadeurs. La plateforme est facilitatrice de cette mise en contact. Partant de ce constat, favoriser l’entrée directe des investisseurs au capital semble l’essence même du mode de financement participatif. Lacréation d’une holding n’est pas pour autant à exclure, notamment lorsqu’une société envisage de se financer via des fonds d’investissement. Mais Happy Capital propose dans ce cas des règles strictes, afin qu’investisseurs comme porteurs de projet puissent conserver les avantages que sont ceux du crowdfunding. La holding doit avoir pour Président le porteur de projet lui-même. Cela permet de contourner la distance qu’instaure une holding entre société et investisseurs, l’implication du porteur de projet n’en est que favorisée. La société cible doit supporter les frais, de telle sorte que les investisseurs, qui portent le risque, ne soient pas spoliés sur leurs plus-values.

 

A propos de Happy Capital


Happy Capital est une plateforme de financement participatif sous forme d’actions. Cette Fintech créée en 2013 est très active dans le secteur du financement des PME et œuvre à sa démocratisation. Son fondateur, Philippe GABORIEAU, diplômé d’HEC Paris, est également le Président de l’AFIP (Association Française du Financement Participatif) et vient de prendre la Présidence du Club Fintech HEC.

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mars 30, 2017 2:49
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