Qui a entendu parler de défiance des investisseurs vis-à-vis des startups de la fintech ? Une paire d’oreilles ronchonne en mal de négativité ? Si seulement… L’observation d’un mouvement général de défiance a bel et bien été évoquée le 26 avril dernier, à New York, où s’est tenue la conférence organisée par l’Américain Empire startups. Le hub des communautés des startups de fintech de la grosse pomme et de San Francisco rassemblait les fines fleurs de la fintech à l’occasion de sa conférence bi-annuelle. Stéphane Toullieux, fondateur de TLLX et Président d’Athymis Gestion y était. Qu’en a-t-il retenu ? Réponse en deux actes.

Acte 1

Grandeur et décadence de la fintech
Dans les grandes lignes, le réalisme est de mise sur le marché de la fintech. Les valorisations sont en baisse, les venture capitalists attendent des startups qu’elles alignent des chiffres. En bref le mouvement général de défiance qui affecte les startups impacte aussi la fintech. Pour y faire face, transparence et coûts bas sont devenus les maîtres mots.
Autre notion, omniprésente dans les débats : le « millenial », cet enfant du millénaire, iNé avec un iDevice dans la main. Sera-t-il notre sauveur ?
Plus sérieusement, un Partner de Bain Capital Venture, vétéran du secteur, a établi le constat suivant : en 2001, la fintech focalisait 1% du venture capital, le pourcentage est passé à 8 mais stagne depuis le troisième trimestre de 2015. Il a observé une réduction massive des investissements en premier round ainsi qu’un assèchement des futurs projets. Pas de quoi se réjouir, en somme.
Autre point soulevé : Les paiements, dominants jusqu’ici, ont été rattrapés par les crédits. Les regards sont focalisés sur le crowdfunding qui rencontre notamment des problèmes de liquidité.

Les startups, accélérateurs de la croissance ?
Un panel de startups et d’institutions spécialisées (BBVA, Santander, Fidelity, Thomson reuters) s’est ensuite demandé comment utiliser l’écosystème « startup » pour accélérer la croissance. 

L’idée que les Fintechs sont aux banques ce que les biotech sont à la « big pharma », c’est-à-dire une source d’innovation, n’est pas la moins évidente. La banque ne pourrait-elle pas, à terme, en innovant devenir une plateforme comparable aux Google et Facebook ? Attention en tous cas à ne pas sous estimer ses capacités de transformation.
Quelques observations, en vrac : l’évolution du « disruptif » vers le « collaboratif », la position renforcée de Londres qui peut compter sur un régulateur à l’écoute de l’innovation. L’idée, enfin, que les accélérateurs apportent peu de valeur en général, si bien que certains finissent par se demander s’ils ne se transforment pas parfois en « décélérateurs ».

L’assurance, nouvelle ruée vers l’or des startups ?
Un autre débat s’est tenu, autour du thème de l’assurance, qui, de l’avis général, devrait représenter le prochain Eldorado pour les startups de la fintech. Le thème « insurtech » est particulièrement porteur auprès des venture capitalists. L’expérience client en assurance traditionnelle est si effroyable et ses coûts si élevés qu’il est grand temps d’innover. D’aucuns notent que le process traditionnel de vente est déjà « disrupté » par le pur « online ». Les « millennials » ne veulent plus avoir à faire à 
des agents à l’ancienne et réclament un accès à l’information ainsi que de la création de nouveaux outils.
Il apparaît également que la marque joue un rôle de moins en moins clé auprès des « millennials ». L’infrastructure IT reste la clé, de même que la qualité de la relation avec les régulateurs, ce qu’ont tendance à oublier trop rapidement les startups.
Dans ce domaine complexe, l’éducation et la production de contenus informatifs restent indispensables. Enfin, l’idée que le digital permet de suivre le client à tous les instants de sa vie est considérée par tous comme un plus. 


Quel avenir pour la finance mobile ?
Les conférenciers ont d’abord rapporté quelques données : il faut en moyenne 44 heures à une TPE pour obtenir un prêt, 77% des « millennials » préfèrent aller chez le dentiste plutôt que chez le banquier. 

Autres remontées d’informations : Mastercard entreprend une démarche du type API et crée des partenariats avec les startups ; les programmes de fidélisation/affiliation se développent ; les agences bancaires vont évoluer vers d’autres formes que celle de la banque traditionnelle. À titre d’exemple, le modèle de la banque européenne Number 26 a été est cité. 

On observe par ailleurs une course entre l’innovation des banques et l’accès à la distribution par les startups. La grande tendance est la Blockchain, les principaux acteurs sont positionnés dessus. On parle même de tokenisation de l’économie.
Nos chers « millennials » imposent une « gamification » croissante des process fonctionnels, et l’on note à ce sujet que des programmes de fidélisation innovants apparaissent. Les conférenciers réunis sur le sujet ont enfin soumis à la réflexion personnelle le fait qu’aucune institution financière n’apparaît parmi les 50 marques préférées des « millennials ».

Acte 2 à suivre…

3
juin 16, 2016 5:57
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