La digitalisation de la gestion d’actif ne serait-elle pas en train de s’accélérer ? La question est posée au regard de l’actualité média des derniers jours et de la récente levée de fonds de Yomoni, l’un des principaux acteurs de l’épargne digitale.

Avec 5 millions d’euros levés auprès du Crédit Mutuel Arkéa et de Iéna Venture, Yomoni ambitionne de passer la barre des 10 000 clients d’ici 2018. Une aubaine pour l’un des acteurs historique du secteur qui comptait fin 2016, 2 000 clients pour un montant d’actifs sous gestion de 12 millions d’euros.

Cette levée de fonds vient à point nommé : hasard du calendrier ou volonté de produire un double effet d’annonce, Yomoni a révélé la mise sur le marché imminente d’un produit d’assurance-vie dit « enfants » qui cible les 25-35 ans, soucieux de constituer un patrimoine pour l’avenir de leurs enfants. Enfin, Yomoni envisage de développer une application mobile, visant à faciliter la bascule des soldes de compte vers les produits d’épargne.

Rappelons que Yomoni, comme WeSave, Marie Quantier, Advize, FundShop et bientôt Robin’Finance, sélectionne des produits financiers adaptés au profil de l’épargnant et optimise la composition de son portefeuille pour, in fine, maximiser le rendement.

L’heure des « robo-advisors » a-t-elle sonné ?

FinTech Mag ne dira pas le contraire, ni Les Echos, qui sous la plume d’Emmanuel Schafroth, a consacré cette semaine deux articles sur la question.

Olivier Goy, de Lendix, insistait dans nos colonnes sur le fait que son prêt participatif aux entreprises est « à la fois concurrent et complémentaire des banques. Nous acceptons de prendre plus de risques que les acteurs traditionnels, ce qui explique les taux de rémunération plus importants. Pour les prêteurs, à l’heure où le livret A plafonne à 0,75% de rendement, les services de financement de Lendix apparaissent comme une alternative extrêmement intéressante pour ceux qui acceptent la prise de risque, puisqu’en moyenne ils sont rémunérés à hauteur de 6,6%. »

Si en apparence, l’offre peut apparaître similaire entre les différentes plateformes de crowdlending, une nouvelle ligne de partage est pourtant à l’œuvre. Certains acteurs s’ouvrent aux institutionnels de façon à mieux maîtriser le taux de défaut des dossiers proposés aux investisseurs.

La nouvelle réglementation, entre rapprochement et concurrence

C’est ainsi que Lendix a mis en place un fonds de titrisation ouvert à des institutionnels, baptisé « FCT Lendix 1 », qu’elle gère désormais via sa filiale Lendix Factory, devenue une société de gestion agréée par l’Autorité des Marchés Financiers.

Une faculté rendue possible depuis la fin 2015 et l’entrée en vigueur de la réglementation Eltif qui a créée ces nouveaux formats de Fonds européen d’investissement à long terme.

Sans entrer dans les détails fastidieux des nouvelles réglementations, il faut retenir que cette dernière, ainsi que la récente évolution du statut de conseiller en investissements financiers (CIF) créent un nouveau cadre statutaire pour les « robo-advisors », les rapprochant par là-même occasion des gestionnaires d’actifs traditionnels.

Ouverture à des institutionnels d’une part pour abonder aux fonds créés, rapprochement statutaire d’autre part, le partenariat va de pair avec la concurrence directe la plus frontale.

L’épargne digitale adoptée par des institutionnels

Une concurrence que certains gestionnaires d’actifs traditionnels tentent de contrer en développant leur propre fintech. A l’instar de la société de gestion de patrimoine Primonial qui vient de créer une plate-forme de distribution « 100 % en ligne ». L’occasion de lancer Link Vie, un nouveau contrat d’assurance vie et piloté par un « robo-advisor » développé par la société de gestion Lyxor.

Reste à savoir, de concurrence ou de partenariat, dans quelle direction le marché de l’épargne digitale va continuer de se structurer. Pas sur en effet que ces deux solutions soient « 100 % compatibles ».

La tendance à l’accélération de l’épargne digitale semble, quant à elle, belle et bien acquise.

 

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