Les banques ont pris la mesure des défis à relever pour garantir la réussite de leur transformation numérique et trouver d’importants relais de croissance. Comme l’a expliqué le PDG de JPMorgan Chase, au printemps dernier « des centaines de start-ups travaillent aujourd’hui sur des alternatives aux modèles bancaires traditionnels, avec beaucoup de cerveaux et d’argent ». Que faire face à cette irruption de la Silicon Valley dans leurs activités séculaires ? Réponse en trois volets du CEO de ConnectOne Bank.

La transformation numérique des banques et la disruption étaient les thèmes centraux de la dernière édition de la Convention Nationale de l’Association bancaire américaine qui s’est tenue à la fin 2015. A l’heure où la digitalisation de l’économie touche l’ensemble des secteurs d’activité, la finance voit émerger un large éventail de start-ups qui investissent peu à peu l’ensemble des métiers bancaires : prêts, banque en ligne, gestion de patrimoine, transfert d’argent, paiement, etc. Parallèlement, l’émergence de nouvelles technologies, telles la blockchain, ouvre de nouvelles perspectives qui pourraient bouleverser un peu plus le paysage bancaire mondial. Selon le CEO de ConnectOne Bank, Frank Sorrentino, qui signe cet article de Forbes, les banques sont confrontées aujourd’hui à trois défis majeurs qui conditionnent leur avenir.

Digital, millenials et Fintechs

En premier lieu, il considère que les banques doivent s’inspirer des start-ups financières qui ont accumulé beaucoup d’expérience en très peu de temps. D’une part, ces start-ups sont devenues des experts de l’optimisation, éliminant le plus possible les processus manuels afin d’offrir à leurs clients une expérience de qualité. Parallèlement, elles se sont engagées dans des stratégies de marque quand la plupart des banques ont délaissé cet aspect de leur communication. A l’heure où les banques souffrent d’un regain de méfiance des clients, la mise en relief de valeurs proches de leurs attentes et leur approche pédagogique leur permet de construire la confiance. Enfin, les start-ups n’hésitent pas à s’approprier les nouvelles technologies, et parmi elles l’analytique et les big data qui leur permettent d’améliorer leurs décisions et par voie de conséquence, leur rentabilité. Si les banques disposent de volumes massifs de données, elles restent encore rares à les exploiter.

Deuxièmement, l’évolution démographique des populations s’accompagne d’une évolution culturelle. La « Génération Y » ou « Millenials » (les personnes nées entre 1980 et 90) est devenue en 2015 la catégorie dominante sur le marché du travail américain, devant la Génération X (1970-80), alors que la majorité des « baby boomers » sont désormais à la retraite. Première génération née avec le numérique (on l’appelle aussi les « digital natives »), la « Gen Y » a grandi avec les jeux vidéos, Internet et les ordinateurs personnels. Au-delà de la prise en compte de cette évolution culturelle en termes de relation client (la Gen Y utilise plus les réseaux sociaux que la télévision par exemple), les banques doivent également s’attacher à adapter leurs processus de recrutement afin de séduire des candidats qui pourraient en retour leur apporter un regard nouveau sur leurs activités.

Enfin, Frank Sorretino pense que l’avenir des banques passe par une collaboration étroite avec les Fintechs. Il prévoit qu’en 2016, les capitaux risqueurs investiront entre 20 et 40 milliards de dollars dans la Fintech. Ce qui permettra notamment de développer de nouvelles technologies financières. Les start-ups de la Fintech peuvent à ce titre menacer sérieusement les positions des banques. Ces dernières doivent à leur tour investir massivement dans les technologies pour garder le rythme. Si leurs moyens sont trop limités pour y parvenir seules, elles peuvent toujours envisager de sceller des partenariats avec des Fintechs qui évoluent dans leurs domaines.

On le voit, l’innovation est probablement aujourd’hui le nerf de la guerre pour les banques en quête de relais de croissance.

 

Lire l’article (en anglais)

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