Adyen, N26, Klarna… Qu’est-ce ces fintechs ont en commun ? Une licence bancaire. Celle qui leur permet de se passer des banques pour effectuer des opérations bancaires normalement réservées aux établissements agréés. Un pas de plus des fintechs pour court-circuiter les banques ?

Plus de services financiers grâce à la licence bancaire : un sésame pour les fintechs

À la fin du mois d’avril dernier, Adyen la startup néerlandaise a acquis une licence bancaire européenne, via la banque centrale des Pays-Bas pour contrôler directement toutes ses chaînes de paiement. Le but ? Accélérer le processus de règlement effectué par ses clients commerçants et accéder aux paiements internationaux sans passer par des établissements financiers.
Grâce à cette licence bancaire, Adyen va pouvoir régler sous son propre nom les paiements par carte et atténuer les risques associés. Outre cette licence bancaire européenne, Adyen possède également une licence bancaire au Brésil et est en quête d’autres licences aux États-Unis, en Asie et en Amérique latine. Pourquoi ? Parce qu’elle intervient dans les paiements internationaux des principaux grands acteurs du commerce en ligne, comme Facebook ou Spotify. Pour son directeur général Pieter van der Does, Ayden n’ambitionne pas de proposer des comptes de dépôt ou des crédits. Cette licence bancaire européenne va lui permettre de traiter en toute indépendance la moitié de ses transactions (90 milliards de dollars en 2016, NDLR).

Adyen n’est pas la seule

Adyen est loin d’être un cas isolé. D’autres fintechs ont déjà ou sont en train de demander une licence bancaire pour pouvoir effectuer des opérations bancaires. À titre d’exemple, N26 la startup allemande possède une licence bancaire depuis 2016 qui lui permet de proposer à ses clients européens un panel de services financiers : compte bancaire avec une carte MasterCard, transfert d’argent entre particuliers, paiement instantané par carte, transfert de devises sans frais supplémentaires, etc. PayPlug est devenue un établissement de paiement agréé en Europe depuis sa licence bancaire obtenue en octobre 2016 auprès de l’ACPR.
Yelloan la fintech française labellisée par le réseau Pôle France Innovation possède un statut de mandataire exclusif et peut effectuer des opérations de banque et des paiements. La néobanque Morning, alors Payname à l’époque, a été l’une des premières fintechs françaises à se voir octroyer une licence bancaire. Klarna quant à elle vient d’acquérir une licence bancaire auprès des régulateurs financiers suédois.
Pour toutes ces fintechs, l’objectif est simple : concurrencer loyalement les banques en proposant des services jusqu’ici réservés aux établissements financiers traditionnels, et ce de manière plus efficace et plus simple.

Licence bancaire pour les fintechs : qu’est ce que ça change ?

En se spécialisant sur un service précis et en infiltrant le secteur bancaire par segments, les fintechs disposaient d’une réglementation souple : CIF, IFP ou IOBSP. Avec une licence bancaire, les fintechs changent de statut et deviennent des banques acquéreuses. De ce fait, elles ont l’obligation de mettre en place des processus solides de maîtrise des risques, des capitaux et des fonds de leurs clients afin de les protéger au mieux. Pour les régulateurs financiers, la licence bancaire va permettre aux fintechs de se développer plus vite.

Pour les banques, cette licence bancaire octroyée aux fintechs les oblige à se réinventer rapidement pour soutenir la concurrence de ces jeunes pousses. En effet, ces dernières n’ont plus besoin de travailler avec un établissement financier tiers pour traiter certaines opérations financières, comme le paiement. Cette indépendance des fintechs a conduit de nombreuses banques à investir dans cet écosystème financier afin de maintenir ses marges, mais plus encore à restaurer une relation client quelque peu malmenée depuis la crise financière de 2008.

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