Pour des raisons de réglementations différentes d’un état à un autre et d’un écosystème défaillant, les Etats-Unis ralentiraient le développement des Fintechs. En revanche, au Royaume-Uni, tout est mis en œuvre par le gouvernement pour que l’industrie britannique des Fintechs soit le leader mondial d’ici à cinq ans, notamment des dispositifs d’accompagnement des entreprises.

Alors que le Royaume-Uni et l’Allemagne misent sur les Fintechs, les Etats-Unis qui comptent pourtant parmi les investisseurs plus généreux au monde seraient-ils en train de tuer cette industrie ? Une situation due à l’incapacité de créer un écosystème sain autour de ces entreprises. Au contraire, le Royaume-Uni a développé une politique de soutien aux Fintechs, devenue une référence mondiale du secteur. Cette stratégie repose sur 5 bonnes pratiques :

 

1-Une bonne réglementation

Aux Etats-Unis les licences sont attribuées par Etat et la réglementation varie d’un état à un autre (et parfois même la définition d’un mot ou d’un concept), ce qui génère des confusions, notamment dans le secteur du paiement. Si les lois sont plus claires en Grande-Bretagne, il existe de plus une possibilité de les réformer sur un mode collaboratif.

 

2- Une simplification réglementaire

En Europe, les entreprises obtiennent un droit de licences de paiement valable sur tous les pays de l’Union Européenne. Les Fintechs ont donc un potentiel de développement sur l’ensemble des pays. Aux Etats-Unis en revanche, les entreprises doivent obtenir une licence pour chacun des Etats, soit 47 licences. Une fragmentation qui réduit le marché potentiel de développement des Fintechs.

 

3- Le soutien du gouvernement

Le gouvernement britannique (et d’autres institutions comme la Mairie de Londres) est moteur dans le développement de cette industrie. Son objectif : faire du Royaume-Uni le leader mondial de cette industrie dans les cinq prochaines années. C’est dans cette optique qu’il a créé « Innovate Finances », une plate-forme dédiée aux Fintechs et dont la mission est de faire du lobbying autour de cette industrie. Outre-Atlantique, le secteur souffre du système politique décentralisé et les entreprises technologiques montrent une certaine méfiance à l’encontre du gouvernement suite aux affaires de la Silicon Valley et de la NSA.

 

4-La géographie du pays

Au Royaume-Uni, l’industrie de la finance, les médias et le politique sont concentrés dans une zone géographique limitée. Cette proximité favorise l’accès à l’expertise et à la construction d’alliances et de partenariats. Aux Etats-Unis tout est dispersé. Les médias sont à Los Angeles, les organismes de réglementation à Chicago, le politique à Washington et les startup dans la Silicon Valley. Lieu mythique pour accéder aux technologies et à l’expertise nécessaires au démarrage des startup, la Silicon Valley manque en revanche de talents plus diversifiés pour accompagner la croissance des Fintechs.

 

5- Les faibles coûts de démarrage

Pour satisfaire toutes les réglementations et les vérifications de conformité à la législation, le temps estimé pour lancer une Fintech aux Etats-Unis est de deux ans et le budget de 2 millions de dollars. A Londres le temps estimé est de six mois. De plus, selon Tech City Royaume-Uni, les Fintechs basées à Londres bénéficient d’allégements fiscaux comme le régime fiscal R&D pour les entreprises de moins de 500 personnes.

 

Si les Etats-Unis ont la réputation de soutenir les entrepreneurs en herbe, ce n’est pas le cas pour les Fintechs qui ne trouvent un pas un écosystème favorable. Pourtant tout devrait être mis en œuvre pour accompagner le développement de ces entreprises, pierre angulaire de toute l’économie.

 

Lire l’article (en anglais)

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