Redonner le contrôle de leurs investissements aux particuliers, telle est la vocation de Marie Quantier, plate-forme de conseil en investissement. Pour y parvenir, la société a consacré 3 années de R&D au développement de son offre technologique, avec le souci de la rendre la plus simple d’utilisation possible afin de démocratiser l’accès à l’investissement. Mathieu Hamel dévoile pour Fintech Mag la stratégie et les missions de Marie Quantier, son regard sur le développement de la profession et son rapport avec les banques traditionnelles, au moment où l’entreprise annonce une levée de fonds de 1,5 M€.

Mathieu Hamel interviewé lors de Bordeaux Fintech

Fintech Mag : Bonjour Mathieu Hamel, pouvez-vous nous présenter Marie Quantier ?

Mathieu Hamel : Marie Quantier est une plate-forme de conseil en investissement, qui propose des outils et technologies permettant d’investir pas à pas, même quand on ne maîtrise pas les subtilités du secteur. Notre offre repose sur un site Internet qui aide le grand public à bâtir un patrimoine via des investissements sur le marché financier.

Beaucoup de particuliers qui ont déjà fait l’effort d’épargner, parfois au prix d’importants sacrifices, souhaitent accéder à des produits d’épargne plus rémunérateurs, mais n’osent pas du fait de la complexité des produits proposés et du coût souvent trop élevé du service. Ils ont la possibilité d’investir eux-mêmes via des courtiers en ligne de type Boursorama ou Fortuneo, mais souffrent souvent du syndrome de la page blanche : dans quoi investir ? comment faire ? Marie Quantier leur propose des produits simples et peu coûteux, avec des conseils et un guidage pas à pas, qui leur permettent de comprendre sans apprendre et surtout de reprendre le contrôle de leurs investissements en moins de 15 minutes par an !

Marie Quantier collabore avec plus de 1000 clients et s’appuie sur une équipe d’une dizaine de personnes, exclusivement en France. Créée en 2012, la société se distingue de ses concurrents (notamment des robo-advisors américains qui proposent des mandats sous gestion sur Internet) grâce à sa technologie qui permet de tout faire par soi-même, à la manière d’un Expedia ou d’un TripAdvisor dans le secteur du tourisme. Avant de nous lancer sur le marché, nous avons consacré trois années de développement informatique afin de créer une mini salle de marché, très orientée grand public et offrant tous les outils nécessaires pour redonner aux particuliers le contrôle de leurs investissements : conseils personnalisés, météo des marchés, évaluation du risque, etc.

Une levée de fonds de 1,5 M€

Fintech Mag : Marie Quantier vient d’annoncer une levée de fonds de 1,5 M€. A quoi va vous servir ce financement ?

Mathieu Hamel : L’objectif de Marie Quantier est de démocratiser la compréhension des marchés financiers. Nous avons développé un modèle d’entreprise original qui tire parti d’un mode de rémunération reposant à la fois sur un abonnement et sur une participation sur la performance réalisée. Cette levée de fonds va principalement nous permettre de renforcer ce modèle.

Prioritairement, nous allons renforcer notre infrastructure technologique, c’est-à-dire nos capacités de calcul pour analyser l’économie, notre plate-forme d’exécution des ordres et notre plate-forme de calcul des risques. Pour ce dernier point, notons que Marie Quantier est le seul acteur du marché qui propose une solution de « crash test » personnalisable permettant, via des simulations, de mettre en cohérence les recommandations d’investissement avec la tolérance aux risques financiers des clients. Parallèlement, nous allons achever le développement de notre application mobile qui sera optimisée selon les usages de nos clients, ce qui passe avant par un renforcement de notre site web (une nouvelle version vient d’être mise en ligne) et de nouveaux partenariats pour étoffer notre offre. Enfin, nous allons très prochainement lancer deux contrats d’assurance-vie, ce qui nécessite un travail important d’intégration avec les compagnies d’assurance partenaires.

Les investisseurs qui nous soutiennent dans ce tour de table sont des vétérans de l’industrie financière. Il s’agit de Marc Litzler, ancien Directeur général de la banque d’investissement du Crédit Agricole ; Peter Kash, fondateur de Catalyst Capital ; et Patrick Sollinger, Directeur du trading chez Unicredit et HypoVere. Au-delà de leur participation financière, ils nous apportent leur expertise du marché.

Fintech Mag : Quels sont les avantages pour des particuliers à recourir aux services de Marie Quantier ?

Mathieu Hamel : Comme je vous l’ai expliqué, nous nous attachons à simplifier la vie des investisseurs. Notre plate-forme est unifiée et simple d’utilisation. Proposant de nombreuses fonctions automatisées, elle permet d’exécuter des ordres en quelques clics. Parallèlement, nous leur proposons une démarche cohérente et rationnelle qui les engage à investir à bon escient et à diversifier leurs investissements. En retour, ils nous accordent leur confiance, car ils ont la certitude de disposer d’outils modernes permettant d’optimiser les coûts.

Stratégie capitalistique de Marie Quantier

Fintech Mag : Pourquoi refuser d’embarquer une banque dans votre capital ? Et comment financez-vous votre développement ?

Mathieu Hamel : Embarquer des banques dans notre capital, pourquoi pas ? Mais embarquer une banque deviendrait problématique pour une question de modèle économique et d’indépendance. Les banques traditionnelles ont un modèle économique qui repose sur des produits qu’elles détiennent en propre et distribuent via un réseau. Nous pensons qu’il n’est plus adapté aux attentes et besoins des clients en 2015.

Le créneau de Marie Quantier n’est pas de proposer des offres « low cost », mais « low margin » (un peu comme Marc Simoncini et son entreprise Sensee) ; ce qui n’est pas compatible avec le modèle de banque universelle actuel. Si le réseau bancaire traditionnel est un énorme filet de pêche, les produits proposés sont rarement compréhensibles pour les clients et donc pas adaptés à la demande actuelle. L’approche traditionnelle « originate to distribute » des banques induit des marges importantes, alors que Marie Quantier a adopté un positionnement « originate to make it easy to understand » qui tire parti d’Internet pour baisser les marges.

Quant au financement de notre développement, il est tout à fait classique. Nous avons commencé, comme beaucoup de start-ups, par investir l’argent placé lors de nos précédents jobs, puis nous avons levé des fonds auprès de Business Angels. Aujourd’hui, nous nous finançons auprès de Venture Capitalists. Nous n’avons pas de banque à notre capital, mais d’anciens banquiers…

Le développement des Fintechs

Fintech Mag : Quel est votre regard aujourd’hui sur le développement de la Fintech ? La considérez-vous comme une révolution ? Et estimez-vous que Marie Quantier est pleinement acteur de cette révolution ?

Mathieu Hamel : Oui, nous nous considérons pleinement comme un acteur de cette révolution. Mais de quelle révolution parlons-nous ? Les technologies spécifiques au monde de la finance ne sont pas nouvelles. Les banques proposent traditionnellement depuis des années des produits très technologiques. Parallèlement, se positionner sur Internet dans la finance n’a aujourd’hui plus rien de révolutionnaire ; même si l’industrie a mis du temps pour s’adapter aux outils digitaux. Ce qui est véritablement révolutionnaire aujourd’hui, c’est d’utiliser les technologies pour « ubériser » les modèles économiques actuels.

Que signifie « ubériser » ? Renverser la table à la fois en étant pro-client et en améliorant l’usage grâce à la technologie. Tous les acteurs de la Fintech ne sont pas pro-client. Pour cela, il convient d’une part d’afficher son indépendance vis-à-vis des banques. D’autre part, à la différence de certains acteurs des technologies comme Apple qui s’appuient sur un modèle « high margin » et cherchent à vendre le plus cher possible, Marie Quantier s’efforce de réduire les coûts et les marges au maximum, de faciliter l’accès à l’investissement, et au final de vivre grâce aux volumes. Si nous ne produisons pas de produits financiers, nous aidons nos clients à les consommer de manière optimale. Nous sommes un peu comme le Google Map de la finance : nous aidons les clients à naviguer parmi la jungle des produits financiers.

Fintech Mag : Que retiendrez-vous de 2015, dans le secteur des Fintech ?

Mathieu Hamel : Clairement, c’est la prise de conscience par le public de la naissance du mouvement Fintech en France. Les acteurs institutionnels et les journalistes nous ouvrent leurs portes et nous écoutent avec une attention plus soutenue. Nous sommes reçus par les plus hauts dirigeants des banques et avons donc l’opportunité de leur expliquer notre approche, ce qui était impossible avant 2015.

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janvier 12, 2016 9:02
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