Deuxième volet de notre série d’articles consacrée au rapport de l’étude sur les robo-advisors et l’épargne publiée par Finance Innovation et le cabinet de conseil Chappuis Halder & Co.

Au commencement, il y a l’épargnant

Déficit de confiance, de clarté, de disponibilité, d’efficacité… L’accompagnement proposé par les établissements financiers traditionnels n’apparaît pas satisfaisant aux yeux des épargnants consultés. Sous le feu des reproches, en particulier, les conseillers des banques de réseau, jugés moins proches de leur clientèle que les conseillers spécialisés.

Fait d’autant plus dommageable qu’en France, les convertis à l’épargne, souvent en prévision de leur retraite, se déclarent de plus en plus nombreux. Conscients des performances affaiblies des produits financiers, ils se tournent davantage vers des produits complexes. Selon Natixis, en 2015, 14% des épargnants ont placé leur épargne sur des produits financiers et boursiers contre 9% en 2014. Des types de produits qui requièrent le plus souvent l’accompagnement d’un conseiller financier.

Les robo-advisors, ces petits esclaves consentants, 24h / 24h

Le contexte règlementaire et technologique a fortement évolué, favorisant l’émergence de nouvelles pratiques sur le marché de la gestion de patrimoine.

Plus de limite géographique, ni temporelle… En intégrant le digital à leur pratique, les institutions financières peuvent accompagner leurs clients au-delà de l’agence, à tout moment. Grâce aux robo-advisors, dont les services se rapprochent de ceux d’une banque privée ou d’un conseiller spécialisé, un dialogue plus régulier s’établit ainsi qu’un meilleur ciblage des profils et des attentes des épargnants.

Différenciante, l’offre proposée par les robo-advisors l’est triplement : enrichissement avec des services haut de gamme ; animation en quasi temps réel de la relation client via des interfaces digitales ; possibilité d’élargissement de la clientèle à coût moindre. Sous leur impulsion, on assiste à une véritable démocratisation de l’épargne.

Dans un premier temps, les robo-advisors se positionnent sur les services liés à la gestion de patrimoine laissant aux institutions financières déjà établies les services très haut de gamme ou plus complexes à numériser comme la transmission d’entreprise ou la planification des successions. Pour combien de temps ?

Les Etats-Unis, locomotive de l’épargne digitale

Trois « pure players » américains (Betterment, Wealthfront et Personal Capital) ont levé à eux seuls plus de 500 M$, soit 50% du montant total des levées de fonds américaines des robo-advisors. Leur valorisation se compte aujourd’hui entre 500 et 700 millions de dollars.

En France, une huitaine de robo-advisors gèrent des encours largement inférieurs 100 millions d’euros avec une clientèle qui reste essentiellement des early-adopters. Mais de nouveaux acteurs préparent d’ores et déjà leur offre (AEQUAM, Lafinbox, …).
Principal obstacle en France pour ces acteurs de l’innovation : la difficulté à lever des fonds sans être soutenu par un établissement financier traditionnel.

Investisseurs bien aimés, accueillons les robo-advisors comme nos nouveaux amis et donnons-leur une chance de prouver leurs bienfaits.

(C’était un message du comité de défense des robo-advisors…)
(Bande annonce de l’Épisode 3 : derrière le terme robo-advisors, des propositions de valeurs très différenciées)

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