A l’occasion de Bordeaux Fintech 2016, Susanne Chishti, co-éditrice du Fintech Book et CEO de Fintech Circle, une entreprise qui met en relation les sociétés les plus disruptives et innovantes du domaine de la « Finance numérique », revient sur l’avenir de la Fintech européenne et sur toutes les opportunités qui se construisent autour.

Susanne Chishti interviewée lors de Bordeaux Fintech 2016

 

Guillaume-Olivier Doré : Bonjour Susanne ! Nous sommes ravis de vous avoir parmi nous à cette conférence. Vous êtes ici aujourd’hui Bordeaux Fintech pour nous parler des origines de la FinTech. Pouvez-vous nous dire comment vous avez eu l’idée de créer le Fintech Book ?

Susanne Chishti : Bonjour Guillaume ! Bien sûr ! Tout a commencé il y a 20 ans, j’ai commencé à travailler dans une compagnie FinTech dans la Silicon Valley. À cette époque le terme FinTech n’existait pas encore, on parlait plutôt d’une société high-tech qui fournissait des marchés financiers. J’ai quasiment travaillé toute ma vie dans des banques à Londres. En réalité, je suis autrichienne, je viens de Vienne et 20 ans après je me suis installée à Londres. Puis il y a deux ans, j’ai quitté la Deutsche Bank pour lancer ma propre société FinTech, la FinTech Circle. Je voulais alors connaitre tous les aspects des Fintech, mais je ne trouvais pas de livre qui pouvait m’aider à comprendre en détail son fonctionnement. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’en créer un nous-mêmes afin de toucher l’ensemble de la communauté FinTech. Aujourd’hui, cette communauté compte 76 000 membres, dont beaucoup d’entrepreneurs français. Et nous souhaiterions les inviter à participer au FinTech Book en l’écrivant ensemble, dans le but de donner une voix aux gens partout dans le monde.

 

 

Guillaume-Olivier Doré : Excellent ! Vous avez lancé le livre à travers toute l’Europe, me semble-t-il ! Et, aujourd’hui, vous le lancez en France.

Susanne Chishti : Exactement ! Je suis tout excitée d’être ici à Bordeaux Fintech, c’est cette conférence qui donne le ton de la FinTech en France. C’est merveilleux d’être ici et d’avoir la possibilité d’y parler du lancement du FinTech Book. Je suis vraiment heureuse car le marché français représente une énorme opportunité. Paris est une ville qui pourrait également devenir une FinTech hub. En tout cas, vraiment ravie, d’être là.

 

 

Guillaume-Olivier Doré : Quand vous avez fait le tour de l’Europe, quelle a été votre vision de FinTech ? Parce que nous avons un point de vue américain de la FinTech, qui est un énorme marché, qui fait lève beaucoup de fonds. Nous connaissons la FinTech du point de vue du Royaume-Uni qui est aussi un énorme marché. Quelle est votre vision de l’Europe continentale car la FinTech y est plus petite qu’ailleurs dans le monde ?

Susanne Chishti : Le secteur FinTech, dans son ensemble, a évolué de 75 % l’année dernière. Les investissements mondiaux se sont élevés à 23 milliards de dollars, ce qui est extraordinaire. Et si je ne me trompe pas, la majorité est concentrée dans la Silicon Valley, suivi par New York. En Europe, c’est le Royaume-Uni qui perçoit les investissements les plus élevés. C’est un développement important pour le continent, donc un développement important pour la France, l’Allemagne, la Suisse, et les pays de l’Europe de l’Est. Je pense que c’est une formidable occasion parce que la FinTech va changer nos vies. Elle aura un impact sur nous en tant qu’épargnants particuliers, elle nous incitera à investir plus efficacement. Elle aura également un impact sur les sociétés, les banques, les assurances. Ce sera un élément perturbateur qui fera de la finance un meilleur secteur pour nous tous. C’est particulièrement encourageant après la crise financière survenue il y a huit-neuf ans. C’est un appel au changement. Et, la FinTech est en train d’apporter ce changement.

 

 

Guillaume-Olivier Doré : Et plus spécifiquement par rapport à la France, vous lancez le livre ici. Vous avez rencontré un grand nombre d’entrepreneurs de la FinTech, probablement durant les conférences au Royaume-Uni et en Allemagne. Quel est donc votre sentiment par rapport aux entrepreneurs, par rapport à la manière dont ils abordent la FinTech, la façon dont ils développent le marché ? Y a-t-il quelque chose de particulier à la France ? Est-ce les entrepreneurs français ont les mêmes profils que ceux que vous avez rencontrés en Allemagne et en Suisse ? Sont-ils différents des entrepreneurs du Royaume-Uni ? La finance en France est plutôt sensible comme chez tous les pays leaders, y a-t-il plusieurs manières particulières à la France pour développer la FinTech ?

Susanne Chishti : Une chose que j’ai remarquée en France, c’est que vous avez de prestigieuses et puissantes universités. Donc une excellente éducation ! Tous les entrepreneurs que j’ai rencontré sont tous très qualifiés dans le domaine de la finance et de l’expertise technologique. D’ailleurs, souvent, leurs solutions technologiques sont magnifiques et très classes. Je pense que la prochaine étape à étudier serait de penser à une solution globale. Si vous êtes une entreprise de fintech française qui a développé quelque chose d’extraordinaire, vous devriez la vendre et vous assurer que le monde entier puisse la voir. C’est quelque chose que nous ont appris les États-Unis : le marketing et la vente. Ça sera toujours plus facile de vendre si la base est bien implantée parce que tout tournera autour d’elle. Je pense que la France entre dans ce cadre grâce à ses grandes universités, son excellente éducation, ses entrepreneurs formidables. Il est temps d’attaquer le marché mondial !

 

Guillaume-Olivier Doré : Et, apprendre à vendre.

Susanne Chishti : Exactement !

Guillaume-Olivier Doré : Merci, Susanne, ce fut un plaisir.

Susanne Chishti : Ce fut un plaisir d’être ici, merci de m’avoir invitée.

 

 

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octobre 24, 2016 6:30
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