BNP Paribas vient d’annoncer un dispositif de soutien au développement des Fintechs et AssurTechs avec le support de L’Atelier BNP Paribas, fer de lance du Groupe bancaire pour l’innovation. Son objectif est d’accompagner les start-ups des finances et de l’assurance dans le développement de solutions en lien avec les activités de la banque. Originalité : outre les services habituellement fournis par les Accélérateurs, L’Atelier propose aux start-ups d’être parrainés par une grande direction du Groupe. Un exemple de plus des bénéfices d’une politique d’innovation collaborative.

Alors que la plupart des accélérateurs de start-ups dans le domaine des Fintechs sont situés principalement au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, en France, les banques s’étaient distinguées jusqu’alors par des prises de participation dans certaines Fintechs. Si certaines structures de soutien à l’innovation s’intéressent bien-sûr au phénomène Fintech, aucune n’avait jusqu’alors été créée spécifiquement pour le secteur. En décembre dernier, L’Atelier BNP Paribas (filiale du Groupe bancaire en charge de la prospective et de l’innovation, créée il y a plus de 30 ans) a comblé ce manque en annonçant la création du premier accélérateur dédié aux Fintechs sur le territoire français.

Un accélérateur de start-ups pour les Fintechs en France

Prolongement naturel des activités de conseil en transformation digitale de L’Atelier BNP Paribas, l’Accélérateur Fintech propose aux entités du Groupe BNP Paribas d’externaliser une partie de leur capacité d’innovation en faisant appel à des start-ups. Lancé dans la foulée du programme d’accélération de start-ups « Innov&Connect » destiné aux clients de la banque, il avance pour cela une méthodologie précise : l’accélérateur d’innovation « as a service », à travers laquelle des services packagés de soutien au développement sont proposés aux start-ups.

L’Accélérateur est lancé simultanément à la création du Pôle Innovation Fintech de la Banque de Détail en France, qui proposera aux start-ups des solutions bancaires sur-mesure grâce aux compétences de chargés d’affaires spécialisés, en lien étroit avec l’écosystème Fintech. Ce 15ème Pôle Innovation accueillera les Fintechs qui travaillent dans les domaines du paiement, du financement, de l’épargne ou encore de la gestion d’actifs, et qui approchent le secteur bancaire avec une technologie ou un usage innovant. En tout, BNP Paribas compte 1 500 start-ups et 50 Fintechs prometteuses clientes dans ses 15 Pôles Innovation.

 

Yoann Jaffré, directeur de l’Open Innovation Lab de L’Atelier BNP Paribas, s’est prêté au jeu des questions/réponses pour Fintech Mag :

Fintech Mag : Bonjour Yoann Jaffré, quelle est la particularité de l’Accélérateur Fintech de BNP Paribas ?

Yoann Jaffré : C’est un accélérateur traditionnel dont la mission est d’aider des start-ups du domaine des Fintech à se développer, mais qui propose en plus de collaborer avec une business line de BNPP, un peu à l’image de notre programme « Innov&Connect » où 8 start-ups ont été « jumelées » en 2015 avec de grands clients de BNP Paribas.

Dans un premier temps, nous avons sélectionné les business lines vouées à parrainer les Fintechs de l’Accélérateur, avec engagement et obligation de moyens. Dans un deuxième temps, nous avons lancé un appel à candidature que nous avons clôturé le 17 janvier 2016. Une short-list de start-ups sera définie par un comité d’experts et les business lines sélectionnées, avant de passer un oral de sélection (les 11, 12 et 16 février prochains). Nous cherchons à localiser des start-ups en phase de lancement afin de bien nous concentrer sur l’innovation (plutôt que sur l’action commerciale). Ce partenariat extrêmement concret et très orienté B2B, est un dispositif gagnant-gagnant.

Fintech Mag : Justement, quels sont les bénéfices pour la banque ?

Yoann Jaffré : La banque a conscience qu’il existe beaucoup d’intelligence à l’extérieur de ses murs. Il serait vraiment dommage de s’en priver, alors que le secteur dans son ensemble traverse aujourd’hui une période de transformation essentielle pour son avenir. Pour cela, il est nécessaire de détecter les start-ups innovantes, de les qualifier et de fixer les règles de la collaboration. Il est important pour nous de bien évaluer la motivation et l’intérêt de chaque binôme start-up / business mentor BNP Paribas ; c’est pourquoi la durée de cette première collaboration est de 4 mois.

Lors de cette étape, nous proposons un mentoring quotidien, des workshops thématiques, ainsi qu’une mise en relation avec des clients, des entrepreneurs, des experts et des investisseurs. Si un réel intérêt business est avéré, la banque pourrait poursuivre la collaboration en tant que client, partenaire, voire investir dans une start-up. Notre travail consiste à lui donner le plus d’éléments possibles pour qu’elle prenne sa décision.

Fintech Mag : Quelle est la mission du Lab de L’Atelier BNP Paribas ?

Yoann Jaffré : Créé il y a 3 ans à l’initiative de Louis Treussard, CEO et Directeur prospective de L’Atelier BNP Paribas, qui souhaitait ajouter une brique de service aux prestations de L’Atelier, le Lab dispose aujourd’hui d’une profonde connaissance de l’écosystème de l’innovation et des start-ups. Alors que le métier de L’Atelier consiste à accompagner les ETI et grandes entreprises dans leurs travaux de prospective et d’innovation, et d’offrir des conseils en transformation digitale et en open innovation, nous cherchons à faire le lien entre les deux structures afin de dégager un effet de levier pour des structures déjà créées.

Fintech Mag : Qu’est-ce que l’open innovation ?

Yoann Jaffré : Il n’y a pas de confrontation directe avec la R&D, l’innovation ouverte est une évolution naturelle dans les entreprises qui cherchent à voir ce qui se fait à l’extérieur et concevoir de nouveaux produits/services centrés sur les utilisateurs. L’objectif est de gagner en agilité, en rapidité et en efficacité. Si ce n’est pas une rupture, c’est un passage qui devient obligatoire aujourd’hui. La coopétition est un mot qui reflète bien ce nouveau modèle de collaboration entre les banques et les Fintechs : même si les Fintechs s’attaquent à certains pans d’activité traditionnels des banques, elles peuvent aussi leur apporter une nouvelle vision, notamment en termes de stratégie digitale, ainsi qu’un regard nouveau sur la relation client. Une fois encore à notre sens il s’agit d’une relation gagnant-gagnant, surtout au moment où des acteurs autrement puissants (les « GAFA ») fourbissent eux aussi leurs armes pour s’engager sur le terrain bancaire.

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janvier 28, 2016 11:36
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