Neuf banques, qui figurent parmi les plus importantes du globe, ont conclu un partenariat pour développer des standards et protocoles d’utilisation de la technologie Blockchain, et donc faciliter le développement d’applications bancaires et financières de nouvelle génération. Mais les banques ne sont pas les seules concernées, la technologie ayant le potentiel de soutenir de nombreuses innovations dans le domaine de la décentralisation des transactions.

Blockchain est une technologie permettant de décentraliser la gestion des transactions réalisées dans une crypto-monnaie comme Bitcoin. Concrètement, il s’agit d’une base de données distribuée, qui gère l’historique des transactions et prend la forme d’un grand livre comptable partagé en « peer-to-peer » et doté de fonctions de chiffrement. Son principal avantage réside dans la décentralisation de la gestion de cet historique, qui permet de ne pas la concentrer dans les mains d’un opérateur ou tiers de confiance unique, tout en accélérant et en réduisant le coût des transactions. L’idée est que tous les utilisateurs possèdent le registre de toutes les transactions réalisées, afin de s’affranchir des risques de fraude.

Si Bitcoin est la première application de Blockchain, inventé par Satoshi Nakamoto (qui est le pseudonyme d’un individu, voire d’un groupe de développeurs), plus d’un millier de crypto-monnaies a été développé, chacune d’elles étant spécialisée dans une fonction particulière : Litecoin (crypto-monnaie), Namecoin (création décentralisée de noms de domaine), Bitshares (création d’assets), etc.

Standardiser pour booster l’adoption

Si les banques s’intéressent depuis quelques années à la technologie, pour la première fois elles ont accepté de se réunir au sein d’un partenariat visant à mener à bien des efforts de standardisation. Barclays, BBVA, Commonwealth Bank of Australia, Credit Suisse, JPMorgan, State Street, Royal Bank of Scotland et UBS – auxquels on peut ajouter Goldman Sachs – ont répondu à l’appel de la startup « R3 », créée à l’initiative d’un ancien de Wall Street. L’objectif est non seulement de normaliser les protocoles techniques à la base de Blockchain, mais également de développer des applications bancaires et financières de nouvelle génération et sécurisées.

Selon David Rutter de R3, blockchain peut être à la finance ce qu’Internet a été pour les média. De son côté, Barclays Bank, une des banques impliquées dans ce partenariat, a développé deux laboratoires entièrement dédiés à Blockchain en Angleterre, qui ont identifié pas moins de 45 utilisations potentielles de la technologie – depuis la gestion des identités jusqu’aux solutions de paiement, de gestion de la trésorerie et même de la supply chain. Parallèlement, Santander Group conduit des expérimentations similaires, autour d’environ 25 cas d’usage.

Au-delà des banques

Certaines start-up s’intéressent au potentiel de blockchain en dehors du secteur financier. La technologie pourrait, par exemple, révolutionner la gestion des actifs immobiliers (et mettre en cause le rôle incontournable des notaires). Elle pourrait également permettre d’authentifier de manière plus sûre des objets ou œuvres d’art, voire même de sécuriser la gestion des identités dans des environnements mobiles de e-commerce.

De manière plus générale, comme l’explique Christian Fauré : « Ce que la blockchain peut apporter, c’est une automatisation distribuée des transactions qui peut rendre caduque toutes les formes d’organisations et d’institutions qui se posent en tiers de confiance ou de certification dans un contexte transactionnel (propriété, bien, argent). Du coup, cela place toute l’économie traditionnelle de la transaction en porte à faux. Et pas seulement les industries qui se font « ubériser », puisque cela peut aussi ubériser Uber ; tout comme booking.com, Airbnb, Twitter, Paypal, c’est à dire que tous ceux qui ont court-circuité les industries traditionnelles se retrouvent eux-mêmes potentiellement sur la sellette ».

 

Lire l’article (en anglais)

En complément :

Bitcoin et Blockchain « pour les nuls » et

Un article des Echos sur Blockchain.

 

A lire sur Fintech Mag :

« Les enfants de Bitcoin »

et

« Les mots de la fintech »

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novembre 12, 2015 10:08
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