Après les banques, le secteur assurantiel se met à l’assaut de la technologie blockchain. En octobre 2016, B3i voit le jour sous l’initiative de Aegon, Allianz, Munich Re, Swiss Re et Zurich Insurance Group. Une démarche saluée par le monde assurantiel puisque 3 mois après le lancement, 10 autres groupes rejoignent le consortium.

B3i ou quand les assureurs et les réassureurs travaillent au diapason

Au total, 38 assureurs et réassureurs de tous horizons se sont ralliés pour fonder B3i ou Blockchain Insurance Industry Initiative. Le but ? Faire concurrence aux nouveaux venus en réduisant de 30 % les couts liés aux services d’assurance. Une diminution conséquente des charges administratives qui profitera au cœur du métier d’assureur : la couverture des risques. Ce nouveau consortium blockchain permet entre autres d’automatiser les versements d’indemnisation, et d’accélérer l’échange des datas entre les assureurs et les réassureurs.

Selon Paul Meeusen, directeur de la trésorerie chez Swiss Re : « la plateforme réconcilie les données entre différents acteurs, supprime les tâches faites en doublon, réduit les temps d’attente, et limite les risques opérationnels ». De son côté, Sylvain de Cron, responsable de la R&D chez Aegon avance que « pour la première fois de l’histoire nous pouvons partager notre administration et nos processus tout en gardant le contrôle et la propriété de nos données ».

Un consortium blockchain discret, mais hyper actif

Pour l’heure, B3i travaille comme une association et est encore de phase de test. Mais plus pour longtemps, puisque les membres prévoient de donner un statut légal au consortium afin d’être compatible avec le développement des infrastructures et les capacités de R&D. Quinze personnes mandatées par les 15 membres fondateurs travaillent à temps plein pour « faire tourner la machine ». Quatre membres de Scor, le groupe français, s’occupent entre autres des projets liés à B3i.

Tous les mois, les concernés se réunissent dans un pays différent. Cela dépend des sujets à débattre et de la responsabilité de chacun. En novembre 2017, le B3i Summit a eu lieu à Munich et a vu la présence de tous les membres dans le but de faire un retour sur la phase de test du consortium.

Par ailleurs, le MVP ou minimum viable product a été réalisé n quelques mois. Pour le moment, le registre de blockchain comprend les contrats relatifs aux catastrophes naturelles. Il permet à tous les acteurs de l’assurantiel (assureurs, réassureurs, courtiers) de partager des données sur les opérations administratives liées aux contrats souscrits.

Les ambitions pour 2018

Avec la prochaine légalisation de B3i, les membres passent à la vitesse supérieure. La priorité est de chercher des financements dans le secteur assurantiel (y compris chez les membres), car le consortium vit pour l’heure des contributions des 38 membres. L’objectif est d’avoir une grande famille qui partage les bénéfices, selon les dires de Ken Marke, porte-parole du consortium.

Ensuite, B3i va sortir des produits d’assurance et de réassurance identifiés au plus tard à l’automne 2018. Ce seront d’abord des smart contracts pour les dommages aux biens et les sinistres qui vont être développés. À terme, B3i va couvrir tous les produits de l’assurance et la réassurance, toujours d’après Ken Marke. « La communauté informelle créée en 2017 a parfaitement fonctionné : nous avons pu explorer les bénéfices de la blockchain pour l’assurance. À partir de 2018, un modèle plus industriel sera mis en place pour progressivement développer et opérer tous les produits d’assurance et de réassurance identifiés » , explique Régis Delayat, senior digital advisor to the chairman chez Scor.

B3i est sur le bon chemin pour devenir la plus grande communauté de l’assurance. On croise les doigts pour que ce consortium blockchain révolutionne les services assurantiels au profit des consommateurs.