Comment la conjonction d’innovations en nouvelles technologies, comme la chaîne de blocs (blockchain en anglais), le Big Data, l’intelligence artificielle, les objets connectés ou l’Internet des objets, le machine learning, les contrats intelligents, et l’automatisation des processus, bouleverse le secteur des assurances.

Au niveau mondial, l’appétit des investisseurs pour les assurtech, ces start-up (insurtech en anglais) qui veulent bouleverser l’assurance grâce aux nouvelles technologies, s’est chiffré en 2017 à 1,83 milliard d’euros (2,29 milliards de dollars), deuxième meilleure année après 2015 (in Les Echos 5/02/18).

L’émergence des assurtech constitue un risque de perte de chiffre d’affaires, une disruption fondamentale du secteur des assurances pour les leaders du marché.

Même si le secteur est dominé par des poids lourds financiers et une réglementation tant française qu’européenne contraignante, il n’en reste pas moins que des niches persistent voire se créent sans arrêt, notamment grâce, ou à cause, de l’économie collaborative et des changements de lifestyle qui traversent la société.

Ainsi en octobre 2016, l’assurtech Alan a été agréée par le régulateur de l’assurance, l’ACPR (in Les Echos 21/07/2017) et en mars 2017, elle lançait une offre de prévoyance santé spécifiquement dédiée aux indépendants dans les secteurs niches comme les start-up ou les freelances du web (in JDN 3/11/2017), des assurés dont le nombre ne cesse de croître.

L’assurtech : transformer le risque en opportunité

Cette disruption, le secteur en a bien conscience, c’est une étude de PWC datant de juillet 2017 qui le confirme : « 56% des assureurs mondiaux estiment que 20% de leur chiffre d’affaires est menacé par les InsurTech. 20% d’entre eux considèrent même que cette perte potentielle pourrait s’élever à 40% de leur chiffre d’affaires. » Et donc les assureurs ont choisi de faire face à la menace en la transformant en nouveaux défis intégrés à leur stratégie pour les années à venir.

Ainsi, souligne l’étude de PWC (2017), « à l’horizon 2018, 68% des assureurs adopteront la blockchain dans leur processus/outils en production. Ils seraient 100% d’ici 2020. » Et toujours selon PWC, « 84 % des assureurs interrogés affirment ainsi que l’analyse de données sera le principal domaine à bénéficier d’investissements technologiques dans l’année à venir, suivi par le mobile (58%). »

Et pour être dans les meilleures conditions, les leaders du secteur nouent des partenariats avec des assurtech, selon PWC en 2017, « 45% des assureurs ont déjà noué un partenariat avec une InsurTech dans le monde. » Et ils n’étaient que 28% à l’avoir fait en 2016 !

Il est clair que les assureurs comptent sur les assurtech pour la maîtrise du Big Data prédictif, afin d’être les premiers à innover dans l’offre et les moyens de souscrire, sans oublier la détection automatique des fraudes comme la rapidité des règlements via des contrats intelligents grâce au touchless, sécurisés via la blockchain et l’intelligence artificielle combinées à l’Internet des objets. Si la voiture autonome est la révolution la plus attendue, on n’y est pas encore. Par contre, une assurtech française a lancé une assurance collaborative pour propriétaires de voiture électrique. Une autre start-up se charge de valider les photos de sinistres prises via un smartphone et une autre encore a créé un robot conseiller en assurance vie (L’Usine Digitale 29/01/2018).

Il reste pourtant quelques écueils : la confidentialité et la fiabilité des données échangées, parce que la blockchain est sur la sellette avec le hacking répété de bitcoins. C’est le contraire que voulait son fondateur, le Banksy de la cryptomonnaie, Satoshi Nakamoto « Parce que tout est basé sur la crypto-preuve à la place de la confiance ». Ne jetons donc pas trop vite le bébé avec l’eau du bain !