Chez Fintech mag nous accompagnons déjà les non-initiés depuis quelques mois, grâce aux chroniques de Julie Naudin qui vous fait vivre son quotidien de consultante dans les cryptomonnaies.

Aujourd’hui, deux connaisseurs Nicolas Louvet (PDG de Coinhouse) et Raphaël Bloch (Les Echos) Croisent leurs avis  et expertises sur les dernières actus des cryptos et nous invitent à prendre un peu de hauteur sur ce secteur si nouveau à appréhender, aussi bien techniquement que intellectuellement. Comprendre les cryptos, c’est être capable de déconstruire son éducation de la finance.

Nicolas Louvet, pouvez-vous vous présenter et nous parler des dernières annonces de Coinhouse ?

@Nicolas Louvet

Je suis le PDG de Coinhouse, la plateforme leader en France pour accompagner les investisseurs dans leurs achats de cryptoactifs en ligne mais également en physique. Notre particularité, unique en Europe, est de disposer d’un espace commercial. Il s’appelait auparavant la Maison du Bitcoin et s’ appelle désormais Coinhouse. Il est installé au coeur de Paris et nous permet d’accueillir la clientèle, ainsi que des événements qui visent à éduquer sur ces sujets. Coinhouse a pour ambition de faire vivre l’écosystème de la Blockchain et des cryptos en France.

Nous allons d’annoncer prochainement un partenariat avec deux très grandes écoles en France pour développer un programme pédagogique pour leurs étudiants. L’équipe Recherche et Analyse de Coinhouse produit le contenu et la formation Blockchain et Cryptos d’un Master dédié, commun à ces deux écoles. C’est une reconnaissance de notre savoir-faire et de l’excellence de notre équipe. Cette initiative démontre que des jeunes en formation de commerce, économique et social s’intéressent à ces sujets Blockchain et cryptomonnaie, à l’heure d’annonces importantes de l’industrie. Ce sont également pour nous des viviers importants pour le dynamisme économique, avec un potentiel de créations d’emplois. L’initiative a été saluée par le gouvernement et Bruno Le Maire.

Deuxièmement, depuis plusieurs semaines, une version bêta de notre site web est en ligne, avec une sortie officielle fin octobre. Cette nouvelle version permettra la vente de Litecoin par exemple, en plus du Bitcoin et de l’Ethereum. De nouvelles fonctionnalités vont également être intégrées, notamment autour de la notion de custody, c’est-à-dire la capacité que l’on a de garder les cryptos pour tous nos clients. Aujourd’hui, nous avons une offre qui est uniquement dédiée aux professionnels. Demain, nous la proposerons à tout le monde, avec une interface plus avancée sur ces fonctionnalités de trading et davantage sécurisée.

Quel type de clientèle accueillez-vous au Coinhouse ?

@Nicolas Louvet

Notre clientèle n’est pas uniquement française, elle est étrangère pour 10% de nos volumes. Cette clientèle étrangère est de deux natures : on a d’abord une clientèle de passage au Coinhouse Paris Store (des curieux, des gens qui ont entendu parler de nous, etc.). Il faut dire que grâce à Ledger, qui a été pendant un temps notre société mère, nous avons gagné en visibilité. Nous vendons en physique des Ledger Nano S et des Ledger Blue et cela créer du trafic : pour beaucoup de personnes, ces ventes en boutique permettent de “toucher” le produit” et de poser des questions. Parmi nos clients étrangers, nous avons notamment des coréens, des américains, des européens de passage. Pour des raisons de conformité, nous acceptons quasiment toutes les nationalités. Nous avons toutefois des limites de montants pour certaines nationalités. Concernant la vente en ligne, on serait supposé avoir une clientèle mondiale mais, encore une fois pour des raisons de conformité, nous n’acceptons que les clients qui résident en Europe. Certaines nationalités sont liées à des juridictions qui ne respectent pas les règles en matière de lutte contre le blanchiment d’argent ou des juridictions à risque. La Syrie en fait notamment partie.

 

Raphaël Bloch, pouvez-vous vous présenter et nous partager la dernière actu crypto qui vous a marqué ?

@Raphaël Bloch

Je travaille aux Echos  en tant que journaliste depuis presque 2 ans. Cela fait près de 18 mois que je travaille sur les sujets de cryptomonnaies et Blockchain : cela coïncide avec la période pendant laquelle le Bitcoin a commencé à monter.

Il y a un aspect générationnel important : je suis né en 1989 et je n’ai pas connu la révolution Internet. On assiste aujourd’hui à une autre révolution. Ce qui m’intéresse au quotidien, c’est de suivre  le développement du secteur en France, en Europe et dans le monde. On a des actualités qui tombent très régulièrement et notamment ces derniers jours, avec Fidelity, un des plus gros gestionnaires d’actifs, qui souhaite se lancer dans les cryptoactifs. Cette annonce montre bien que le secteur évolue et que, en dépit de la baisse récente des cours, les acteurs voient à  plus long terme. L’année 2017 a été particulièrement dynamique, et 2018 n’a pas confirmé. Mais en réalité, c’est tout un écosystème qui est en train de se créer. On y retrouve à la fois des petits investisseurs, des startups, des entreprises, des fonds et des banques qui font vivre le secteur.

En France, il y a le volet réglementaire qui est d’actualité, auquel répond en partie la loi PACTE, un pas de plus dans la réglementation du marché. Les choses sont allées très vite. Je m’intéresse à tout cela et j’essaye de le couvrir.

Ce qui est intéressant avec un journal comme Les Echos, qui est une marque reconnue, c’est de traiter de la manière la plus professionnelle possible un secteur qui a seulement quelques années et dont on parle sérieusement depuis 18 mois. Notre enjeu avec mes collègues est de trouver les bonnes informations, les bons acteurs, alors qu’il y a aussi beaucoup d’arnaques.

 

Vous participez chacun à votre manière à éduquer les français sur les cryptomonnaies. Quelles sont pour vous les initiatives qui manquent pour que le Bitcoin et les autres monnaies virtuelles ne soient plus source que de stress ou d’effervescence ?

@Nicolas Louvet

Deux choses essentielles. Il y a d’abord la notion d’un cadre juridique qui permet de dire aux gens quels sont les acteurs sur lesquels ils peuvent s’appuyer : des acteurs qui respectent des règles, qui ne sont ni fraudeurs, ni des plateformes qui donnent des informations mensongères sur les cours ou les potentiels de gain. Fin 2017, Coinhouse avait relevé plus de 200 fausses plateformes : certaines ne sont pas très méchantes, elles divulguent de fausses informations. D’autres récupèrent des contacts vulnérables et les incitent ensuite à faire des virements sur des comptes à l’étranger, sans que l’argent ne leur soit jamais rendu. C’est une des raisons qui nous a motivé à aller voir Bruno le Maire, les équipes de Bercy et la police pour leur expliquer qu’il y avait urgence, que cela pénaliserait l’écosystème. Il y a des gens qui vivent des histoires dramatiques. Cela nous a beaucoup énervé et gêné dans notre activité. Il y a donc une question essentielle qui concerne la labellisation des acteurs en qui on peut avoir confiance.

Deuxièmement, je trouve qu’il y a un gros manque d’informations sur les cryptos : beaucoup de personnes dans l’industrie financière (banques, assurances, conseillers en gestion de patrimoine, etc.) ne savent pas encore où aller pour trouver des réponses à leurs questions, qui sont pertinentes. Ils sont mal orientés. Il existe beaucoup d’initiatives pour y remédier. Les Echos en font partie et je trouve qu’ils font un travail excellent en apportant des informations fiables. Chez Coinhouse, nous avons créé Coinhouse Insights qui rassemble des informations et contenus pour mieux comprendre les cryptos : ce travail est réalisé par la même équipe que celle qui produit les formations. Nous avons des formations destinées à des institutionnels et des banquiers. On cherche à répondre à des questions aussi simples que : “Qu’est ce que le Bitcoin ?”, “Qu’est-ce que la Blockchain ?”, “Pourquoi ça monte et ça descend ?”, “Qu’est ce que le trading ?”, etc.

Globalement, il y a un manque d’informations financières en France. Et on cumule les difficultés dans la compréhension de ce sujet, avec la dimension technologique des cryptoactifs. Il faut aiguiller les personnes et les informer des risques. Chez Coinhouse, nous avons des règles de conformité : par exemple, dès que vous dépassez 10 000 euros d’investissement par an, nous vous demandons de remplir un questionnaire (où nous demandons notamment l’origine des fonds et informons sur le risque de volatilité, etc.). Nous voulons rappeler qu’il est important de ne pas investir plus d’un certain pourcentage de ce que les personnes possèdent ou ont sur leur épargne à cause du risque de perte. Cela peut dynamiser votre épargne mais il y a toujours un risque. Il y a un défaut d’information générale, qui vient en partie des banques qui n’informent pas sur les produits classiques. C’est toute une culture à repenser et cela prendra du temps.

 

@Raphaël Bloch

Je suis totalement d’accord avec Nicolas et j’ajouterai que ce qui manque pour le secteur, ce sont les premiers gros cas d’usage. On voit qu’au quotidien la barrière se situe au niveau du citoyen lambda : les consommateurs commencent à identifier les cryptomonnaies mais n’en voient pas encore l’utilité. Les choses vont peut être basculer avec des  startups et des grands groupes qui se lancent dans la technologie. La bascule se fera à ce moment-là, si elle se fait

Nous avons connu la même chose avec Internet : tout le monde aujourd’hui ne comprend pas forcément comment fonctionne Internet mais nous l’utilisons tous. Tout l’enjeu est là : avoir des entreprises qui vont développer des services et qui vont faire rentrer dans le quotidien des gens cette technologie.

 

Nicolas Louvet, quels sont les 3 conseils que vous donnez le plus souvent aux personnes qui viennent vous voir à Coinhouse ?

@Nicolas Louvet

Tout d’abord, “Éduquez-vous”. Donnez-vous tous les moyens d’apprendre et de ne pas baser vos intérêts sur une croyance, sur ce que certains vous disent, ou sur des mouvements de foule (comme ça a été le cas fin 2017). Faites-vous votre propre opinion, lisez. Nous participons à cette mission d’éducation avec Coinhouse Insight. Raphaël mentionnait d’autres références dont Bloomberg qui est une très bonne source, mais tout le monde ne peut pas y accéder. Notre objectif est de diluer cette information, de la rendre intelligible pour des investisseurs traditionnels.

Mon deuxième conseil est “Voyez à long terme”. Si ces sujets vous intéressent et que vous voulez investir, il faut considérer que ce sont des investissements à quelques années. Comme les SCPI dans l’immobilier, si vous vendez votre part de SCPI après un ou deux ans, vous êtes nécessairement en décote. C’est construit pour prendre de la valeur dans le temps. Même si le secteur des cryptos est encore très jeune et qu’il faut être à l’écoute du marché, il faut également se donner un peu de temps.

J’aurai également tendance à conseiller de diversifier. Il ne faut pas uniquement considérer le Bitcoin et l’Ethereum, mais regarder les autres actifs. On parle beaucoup des ICO aujourd’hui, mais il y a d’autres cryptos (Tezos, 0x, Litecoin, Ripple, etc.) qui présentent un intérêt et une capitalisation importante.

Le dernier point concerne la sécurité. Vous ne devez pas laisser les cryptos que vous possédez sur des plateformes non sécurisées. ll y a des risques pour tous ceux qui souhaitent les laisser sur des applications mobiles. Nous avons régulièrement des cas de personnes qui n’ont pas suivi les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs informations avant de changer de portable ou de le casser ou de se le faire voler. Ils ne peuvent ensuite plus y accéder. Il faut garder à l’esprit que la proposition de valeurs sur ces actifs est radicalement différente de celle que l’on connaît dans les autres actifs financiers.

 

Raphaël Bloch, votre profession vous amène tous les jours à vérifier les infos que vous relayez. Quelles sont vos sources et comment vous prenez garde à ce qui se dit ?

@Raphaël Bloch

J’ai commencé mon travail de journaliste crypto en rencontrant le plus de personnes possible en France, que ce soit Coinhouse, Blockchain Partner et un certain nombre de startups qui font vivre le secteur. Après, cela passe par les professions qui travaillent avec eux, c’est-à-dire les avocats, éventuellement les quelques banques qui acceptent de travailler à leurs côtés. Ce sont aussi les sociétés qui sont intéressées par la Blockchain et qui n’ont pas encore franchi le pas. A un niveau européen  et mondial, toutes les zones de la planète sont touchées par le même phénomène : il y a un développement croissant des cryptos et de la Blockchain, avec partout des journalistes qui font le même travail que mes confrères et moi. On s’informe les uns les autres, on échange via les réseaux, par email. Et des liens de confiance se créent.

Ensuite, on fait notre travail de journaliste : on vérifie les infos, on va à la source dès qu’on a quelques éléments. Je vous donne un exemple que je trouve assez marquant : il y a près d’un an, Bloomberg a lancé un desk dédiés aux cryptos. Aujourd’hui ils ont plusieurs journalistes qui bossent sur le sujet à New York, Londres, Hong Kong. Ce desk de journalistes crypto est un modèle sur la façon dont nous devons travailler, ils ont la rigueur d’une agence reconnue mondialement. Ils sont devenus une des sources référentes.

 

Goldman Sachs, Fidelity… les grands noms de la finance ne cachent pas leur intérêt pour le bitcoin. Quelles en sont les conséquences ?

@Raphaël Bloch

Pour que des géants comme Fidelity et Goldman Sachs s’intéressent au secteur, c’est qu’il se passe quelque chose. Ce ne sont pas des acteurs de la finance qui se lancent sans avoir réfléchi, sans avoir étudié le marché et sans s’être dit “Il y a un potentiel !”. Cela dit que potentiellement il y a un marché gigantesque et quand des acteurs aussi sérieux se positionnent, c’est qu’il y a tout un écosystème qui se créer.

La limite, c’est peut-être que l’on va un peu trop vite, un peu trop loin. On peut craindre d’avoir des acteurs comme Fidelity ou Goldman sur un secteur aussi jeune, qui s’est à peine développé, et qui représente déjà quelques centaines de millions de dollars sur la planète. N’y a t il pas une disproportion ? Le risque n’est-il pas une financiarisation à outrance du système, sans que cela soit accompagné par un développement industriel (avec des startups, etc.) ?

 

@Nicolas Louvet

Ce phénomène nous montre qu’après avoir été décrit et mal compris, cet univers trouve sa place aujourd’hui. C’est une très bonne nouvelle.

Je suis d’accord avec Raphaël lorsqu’il dit qu’il y a une forme de financiarisation. J’ajouterais qu’il y a un risque d’un usage quasi uniquement B2B. On a parfois l’impression que la messe aurait été dite et que les cryptos ne sont pas faites pour les particuliers. Certaines architectures comme le Ripple ne sont d’ailleurs pas construites pour les particuliers : elle est imaginée pour des usages industriels ou par les industries du secteur. On peut avoir l’impression que les professionnels ne veulent pas que les citoyens s’emparent du sujet. Il y a un risque d’appropriation et je trouve cela dommage.

 

Demain, les cryptos seront le seul système de paiement utilisé” : vous y croyez ?

@Raphaël Bloch

Si on parle de quelques années, absolument pas ! Je pense que les cryptos peuvent se développer et devenir un moyen alternatif. Mais je ne vois pas à court terme ce modèle remplacer le système actuel.

En revanche, à la vitesse à laquelle se développe la techno et le marché, on peut penser qu’à plus long terme (en 2040, 2050), c’est totalement possible. En tous cas, on ne peut pas l’exclure.

 

@Nicolas Louvet

Les cryptos à court et moyen terme oui ! Je suis assez enthousiaste à l’idée du stable coin, parce qu’elle redonne le pouvoir à chacun et vient mettre fin à des monopoles. J’espère vraiment que certaines cryptos vont être associées à des moyens de paiement. Mais toutes les cryptos ne sont pas des moyens de paiement.

Et est-ce que tous les moyens de paiement seront des cryptos ? Je n’y crois pas pour les années qui viennent. Les cartes bancaires n’ont pas mis fin à l’utilisation du cash, même s’il est réduit aujourd’hui. Il y a une évolution dans les moyens de paiement. On le voit avec le chèque qui disparaît progressivement.

Est-ce qu’il n’y aura que des cryptos comme systèmes de paiement dans 20 ans ? Je ne pense pas.

Nicolas Louvet, CEO de Coinhouse

Avant de rejoindre Coinhouse en tant que CEO en 2017, Nicolas a travaillé dans le secteur du capital-risque pendant plus de 15 ans. Il a investi dans plus de 35 sociétés en Europe et aux États-Unis et a également fondé des sociétés de conseil financier et stratégique. Il est un membre actif de l’écosystème blockchain depuis 2014, en investissant et en participant à la création de Ledger.

Raphael Bloch, Les Echos

Raphaël Bloch est journaliste aux Echos depuis fin 2016, après deux ans chez Reuters. Il travaille notamment sur les sujets liés à la blockchain et aux cryptomonnaies.

Beaucoup des innovations apportées par les Fintech sont des innovations technologiques, qui demandent des investissements et beaucoup de temps de préparation. Mais les Fintech se font également remarquer pour leur capacité à proposer de nouveaux modèles économiques et bouleverser ceux établis et quasi institutionnalisés par les grands acteurs de la finance. Sur le modèle du marché des télécoms, les startups Fintech proposent désormais des comptes bancaires sans frais, des mutuelles d’assurances avec commission à l’acte, des versions d’appel gratuites, etc. Elles déroutent les offres classiques et séduisent. Pour l’utilisateur, tout paraît plus simple, moins cher, pratique.

Mais du point de vue des Fintech, comment se rémunèrent-elles ? Comment assurent-elles suffisamment leur rentabilité tout en proposant des offres moins chères voire gratuite ?

Nicolas Reboud, co-fondateur et CEO de Shine (arrivé sur le marché en 2018) et Jehan de Castet, co-fondateur et CEO de Fluo (et anciennement CEO des Furets.com), lèvent le voile sur leurs modèles.

Qui êtes-vous Nicolas Reboud ?

@Nicolas Reboud

Je suis un des deux co-fondateurs de Shine, dont je suis aussi le CEO. Avec Raphaël Simon, nous avons commencé à travailler dessus en 2016 et le produit est en ligne officiellement depuis mars 2018.

Shine est le co-pilote des indépendants : c’est un service d’accompagnement administratif pour les indépendants , fondé sur la base d’un compte pro en ligne.

 

Qui êtes-vous Jehan de Castet ?

@Jehan de Castet

J’ai créé Fluo car en tant que consommateur, je me pose souvent des questions à propos de mes assurances et je n’ai jamais de réponses. J’ai créé la première solution qui permet de savoir, par exemple lorsque je pars en voyage, si je suis déjà couvert ou non par ma carte bancaire, ou lorsque je loue une voiture ou pars au ski, etc.

Les comparateurs d’assurances sont très bien mais très souvent, ils proposent des compagnies qui sont complètement online et cela peut faire peur aux clients (peur de perdre des garanties ou des services, etc). Les consommateurs apprécient de pouvoir parler à un expert qui leur répond sur toutes leurs questions : peu importe leurs assurances ou s’ils changent de compagnie.  Fluo améliore la qualité de service, la simplicité et la clarté des assurances en apportant ce conseil avant le choix de l’assurance et pendant la vie des contrats en offrant les bons conseils en cas de sinistres, optimisation des garanties…

 

Quels sont les derniers chiffres clés de Shine ?

@Nicolas Reboud

Shine compte aujourd’hui 35 000 utilisateurs. Il y a 8% des créations de statuts de micro-entrepreneur parmi toutes celles effectuées en France qui se font sur Shine. Ce sont les seuls chiffres sur lesquels Shine communique pour le moment.

 

Quels sont les derniers KPIs de Fluo ?

@Jehan de Castet

Aujourd’hui, on a plus de 100 000 téléchargements de notre application Fluo. Toute notre communication se fait par bouche à oreille. De plus nous avons de nombreuses intégrations avec des partenaires du monde bancaire et marchands. Nous visons un reach de plus de 2 000 000 d’utilisateurs via nos partenariats avant la fin de l’année 2018.

Shine et Fluo sont deux services d’accès gratuits pour le consommateur, du moins, c’est comme cela que vous vendez vos applications. Première question simple : comment vous rémunérez-vous ?

@Nicolas Reboud

Nous avons des commissions appliquées sur certaines transactions. Typiquement lorsqu’on utilise sa carte à l’étranger, ou lorsque l’on fait des retraits ou lorsqu’on se fait payer ses factures par carte. Donc il y a plusieurs mouvements et transactions sur lesquelles on prend des commissions.

Par ailleurs, nous allons lancer une version Premium dans les mois qui viennent (avant fin 2018). On prévoit par la suite de vendre des services financiers.

@Jehan de Castet

Notre modèle est de conseiller les utilisateurs sur les assurances déjà possédées ou qu’ils souhaitent acheter. Fréquemment, nous conseillons de ne pas acheter d’assurance car les couvertures déjà possédées par les utilisateurs suffisent. Dans ce cas, Fluo n’est pas rémunérée. Dès qu’il y a une opportunité d’être mieux assuré à des prix plus compétitifs, Fluo est alors rémunéré comme courtier par les assureurs partenaires. Cette rémunération n’a aucune influence sur les conseils et l’impartialité de Fluo.

 

Jehan de Castet, entre le lancement de Fluo en 2013 et aujourd’hui, avez-vous dû faire pivoter votre modèle économique ?

@Jehan de Castet

Nous avons eu la vision d’être B2B dès le début. Nous avons lancé notre prototype en 2014 et nous avons commencé les premières intégrations web en 2016 sur des sites marchands. On ne peut pas dire que nous avons pivoté depuis, car aujourd’hui nous sommes en train d’exécuter notre stratégie.

C’est très clairement l’émergence des néo-banques qui accélère notre exécution ces 18 derniers mois. Pourquoi ? Parce que pour les néo-banques, l’expérience utilisateur est prioritaire devant tout autre objectif. Fluo est totalement alignée avec ce positionnement : ainsi, un partenariat avec Fluo permet aux néo-banques de renforcer leur avance en terme d’engagement client tout en générant des marges.

 

Nicolas Reboud, vous avez lancé l’application Shine en début d’année 2018 : avez-vous eu des surprises dans les modèles que vous proposez à vos utilisateurs ?

@Nicolas Reboud

Nous n’avons pas tellement évolué dans notre roadmap. Ce qui nous a surpris, par rapport à nos prévisions de départ, c’est la création du statut d’auto-entrepreneur, qui a eu beaucoup plus de succès que ce à quoi on s’attendait. Cela représente aujourd’hui la moitié de nos utilisateurs.

Comment les banques traditionnelles peuvent faire évoluer leurs modèles ? Pensez-vous d’ailleurs que cela soit possible ?

@Nicolas Reboud

Leur grande inertie et leur structure de coût ne leur permettent pas de faire ce que l’on fait à la même vitesse. Je pense que la plus grande opportunité pour les banques traditionnelles, c’est de faire des partenariats avec les Fintech, parce que nous avons la capacité à cibler des cibles plus précises, plus rapidement et de créer des applications qui sont appréciées.

En revanche, les banques traditionnelles continuent à avoir des licences bancaires et des infrastructures qui leur permettent de créer certains produits que nous ne pouvons pas créer rapidement. Pour faire de l’assurance et du crédit, on a tout intérêt à s’associer à des banques.

Je pense que le business model des banques et assurances doit devenir celui d’un fournisseur de solutions, pour les publics qu’ils ciblent mal aujourd’hui. Et qu’ils s’appuient sur nous, les Fintech, pour distribuer leurs produits.

 

Pensez-vous que les banques ont réellement besoin des Fintech, malgré le fait qu’historiquement les banques détiennent une base clientèle beaucoup plus importante que les Fintech ?

@Nicolas Reboud

C’est vrai, mais de moins en moins vrai. Quand on voit le taux de pénétration des Fintech, d’ici 5 ou 10 ans on peut penser qu’une part significative du marché et des usages se fera du côté des Fintech.

@Jehan de Castet

Il ne faut pas s’imaginer que les banques et assurances n’ont jamais innové.

Par exemple, les banques ont connu un succès éclatant lors de leur innovation dans la vente d’assurances : les banques sont devenus assureurs et ont gagné des parts de marché. L’innovation a clairement été dans leur ADN. Par contre, les banques ont eu plus de temps pour innover. Par exemple, elles ont eu 15 ans pour se faire une place dans la distribution d’assurance ! Aujourd’hui, les cycles d’innovation sont plus courts, ce qui n’est pas forcément favorables à de grosses entreprises qui ont un certain héritage à gérer, tant technologique que managérial.

Pour continuer à innover, il faut être encore plus agile : effectivement, les partenariats avec les Fintech et Insurtech sont une très belle opportunité pour les banques, pour pallier à ce manque d’agilité.

 

Les banques ont-elles besoin de changer leur modèle économique ?

@Jehan de Castet

C’est une question compliquée, cela dépend des banques : à priori le modèle d’une banque est de vendre un service financier. C’est la façon dont elles vont exécuter ce modèle qui va être amenée à évoluer car les habitudes des consommateurs changent.

Par exemple, avec l’émergence de l’utilisation du mobile, il y a une nouvelle opportunité d’engager le consommateur et de rendre l’assurance beaucoup plus claire et beaucoup plus simple. Les habitudes évoluent et les banques ont cette opportunité d’évoluer. Certaines réussissent à saisir ces opportunités grâce à des partenariats avec des Fintech, d’autres le font en interne.

Quel est le meilleur conseil que vous pourriez donner à une Fintech pour gérer sa rentabilité ?

@Jehan de Castet

Il faut se focaliser sur un ou deux indicateurs clés. La rentabilité est compliquée à atteindre. C’est même parfois trop ambitieux. Mais il faut avoir des indicateurs clairs, simples : la satisfaction client, des taux de viralité, des taux de recommandation, de l’utilisation ou de la vente…

 

@Nicolas Reboud

Je suis d’accord avec Jehan. Je rajouterai que la rentabilité dépend des marchés. Il ne faut pas créer des produits sans objectif de chiffre d’affaires. L’usage seul ne suffit pas : il faut vendre des produits pour lesquels les gens sont prêts à payer.

La profitabilité au niveau unitaire est également importante : on gagne de l’argent sur chaque client.

La priorité pour une Fintech est de trouver une cible qui a été mal servie par les acteurs traditionnels, de trouver de meilleurs moyens pour les servir et de passer sa vie à les comprendre de mieux en mieux. C’est ce qui fera la différence avec les acteurs traditionnels.

 

La majorité des actualités startups relayées dans la presse concerne leurs levées de fonds. Pourtant, cet indicateur n’est pas forcément représentatif de la rentabilité de la société. Quel est votre avis ?

@Nicolas Reboud

Je suis complètement d’accord ! Pour être sincère avec vous, on a failli ne pas communiquer sur notre levée de fonds chez Shine (8 millions d’euros, en septembre 2018). Mais c’est tellement une information attendue par l’écosystème, que l’on s’est tout de même dit qu’il était difficile d’y couper.

Une levée de fonds ne veut pas rien dire non plus. Il ne faut pas penser que les investisseurs donnent leur argent comme cela, sans contrepartie. Si jamais une entreprise lève des fonds avec un investisseur qui n’était pas déjà au capital et qu’il s’agit d’une levée de fonds significative, c’est quand même le signe qu’il y a eu des succès et qu’il y a de vrais chiffres derrière. Pour autant, il y a beaucoup d’autres éléments qui peuvent entrer en compte lors d’une levée de fonds et qui ne sont pas significatifs. On a vu des échecs avec des boîtes qui ont levé des centaines de millions d’euros, et on a vu des boîtes qui n’ont jamais levé et qui font un carton.

Mon sentiment est que l’on accorde trop d’importance à cet indicateur. Mais on ne peut pas dire pour autant que cela ne veut rien dire.

 

@Jehan de Castet

Sur les 3 premiers trimestres 2018, 84% des introductions en bourse au niveau mondial concernait des entreprises non profitables, un record ! Sachant que le dernier record était de 81% en 2000, pendant la bulle internet. Aujourd’hui, nous ne sommes plus du tout dans le même contexte. La levée, et même dans ce cas l’introduction en bourse, n’est donc pas toujours corrélée avec la rentabilité. La levée de fonds est plutôt corrélée avec une attractivité de la solution face à un marché qui existe ou qui se crée.

Il y a une appétence plus forte, tant des consommateurs que des investisseurs, pour des entreprises qui rendent service et qui ne sont pas forcément profitables, ce qui leur permettent d’atteindre des valorisations plus élevées.

Le fait que la presse s’intéresse surtout aux montants des levées n’est pas seulement un phénomène Fintech. Je pense que le sujet intéressant pour la presse est surtout d’aller au-delà de la levée de fonds et d’expliquer plus en détails les innovations de ces startups. Le sujet de Shine par exemple est fabuleux mais est-ce que c’est uniquement la levée de fonds qui est intéressante ? Non ! C’est le service et le product-market fit.

Mais les journalistes ont besoin de chiffres et une levée de fonds est un chiffre. C’est aussi à nous entrepreneurs d’éduquer les journalistes sur : pourquoi on existe ? quel est le service que l’on apporte ? Avec la technologie, on arrive à trouver des solutions à des problèmes qui étaient insolubles auparavant. Bien utilisée, la techno permet de rendre des services très concrets.

@Nicolas Reboud

Nous n’avons jamais encore eu le problème de journalistes qui ne communiquaient que sur notre levée de fonds. La plupart des journalistes me recontacte pour demander où nous en sommes, nos KPIs, les projets pour la suite…

Nicolas Reboud Shine

Nicolas a 34 ans et plusieurs expériences de création d’entreprises derrière lui. Sorti de HEC en 2008, un temps consultant, il se lance dans l’aventure entrepreneuriale en 2010 en cofondant Mayoz, revendue en 2013.  Depuis, il a lancé une autre aventure, Printic, elle aussi revendue, au groupe Digital M6. Il continue d’accompagner les équipes jusqu’à janvier 2017 et la création de Shine. Nicolas est aussi membre du board et trésorier de l’association France Digitale.

Jehan de Castet Fluo

Entrepreneur, ingénieur télécom et diplômé d’un MBA de l’INSEAD, Jehan de Castet a fondé Fluo en 2013, première Insurtech française à déployer un moteur de recommandation d’assurance s’adaptant aux besoins et aux garanties déjà possédées par l’assuré. Animé par la volonté de mettre à disposition du plus grand nombre les services qui permettent de comprendre l’indéchiffrable, Jehan créé en 2005 le comparateur d’assurance LesFurets.com, pionniers français de la comparaison en ligne d’assurances. Auparavant, Jehan a également conseillé pour leurs levées de fonds et leurs acquisitions les entreprises Internet au Credit Suisse Technology Group, ainsi que des groupes du CAC 40, pour leurs financements, chez ING Bank.

La finance durable fait partie de ces expressions qu’on entend dans toutes les bouches : mais que comprend-elle et qu’ambitionne t-elle ? Résolument tournée vers le futur, la finance durable est source de promesses et de bienveillance. Le plus dur restant à démêler les actions concrètes des promesses flottantes des entreprises et institutions.

Les enjeux de notre époque, qu’ils soient climatiques, économiques, ou sociétaux, ne nous laissent plus le choix : les messages de la finance durable s’adressent à tous. Et pour les décrypter et nous inspirer, nous avons demandé à deux esprits entrepreneurs fins connaisseurs des initiatives de finance durable de répondre à nos questions.

Edouard Plus, Directeur de l’accélérateur Fintech le Swave et anciennement Directeur Adjoint de la recherche sur les sujets de finance responsable et finance climat, est aux côtés d’Anne-Claire Roux, Directrice de l’initiative Finance for tomorrow, portée par Paris Europlace.

Pour information, vous pouvez retrouver l’interview d’Edouard Plus autour de l’accélérateur du Swave ici, et l’article sur le bilan de la loi de la Croissance verte ici).

Edouard Plus, pouvez-vous nous présenter les actualités du Swave ?

@Edouard Plus

Le Swave a lancé mardi 18 septembre sa deuxième campagne de recrutement de Fintech. Celle-ci devrait nous amener à accompagner 40 à 45 startups au total (en comptant les 23 de la première promotion), toutes spécialisées dans le secteur financier (banque, assurance, paiement) à compter du 2 janvier prochain prochain. A cette occasion, nous lançons également une bourse dite “Diversité” qui a vocation à aider les projets du secteur répondant à nos critères d’exigence académique et business et ayant, par ailleurs, la particularité d’avoir été fondé par des femmes et/ou des entrepreneur(e)s issu(e)s de quartier dit “Politique de la Ville”. Cet appel à projets est également l’occasion pour Le Swave de renforcer son association avec Finance for Tomorrow en permettant à l’initiative de sourcer des projets innovants dans le secteur de la finance durable, que nous regroupons sous notre axe de recrutement “Finance inclusive”.

Anne-Claire Roux, pouvez-vous présenter Finance for Tomorrow et vos actualités ?

@Anne-Claire Roux

C’est une initiative, lancée en juin 2017, qui compte aujourd’hui une soixantaine de membres ainsi que des observateurs internationaux comme l’initiative finance du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP FI). Émanation de Paris Europlace, Finance for Tomorrow  a pour vocation de faire de la finance verte et durable l’élément moteur de la finance française. Cela signifie que nous encourageons par divers moyens tout ce qui contribue à la réorientation des flux financiers vers une économie bas carbone et inclusive, alignée sur l’Accord de Paris et les Objectifs du Développement Durable. Nous avons lancé, dès 2015, un événement de haut niveau, le Climate Finance Day, qui permet de rassembler les leaders de ce mouvement, qui a pris une ampleur internationale. Cette année, il aura lieu le 28 novembre à Paris et il est couplé à la réunion annuelle des banques engagées sur le sujet (la Global Roundtable de l’UNEP Fi)  dans le cadre d’une semaine dans laquelle se dérouleront de nombreux side-events.

Nous organiserons notamment un side event du Climate Finance Day dédié à la Fintech le 28 novembre après-midi dans le tout nouvel espace « la Place » du Palais Brongniart.  Ce sera l’occasion de montrer comment la digitalisation peut contribuer au financement de la transition énergétique et des enjeux de développement durable et de présenter le lauréat du Challenge « Fintech for Tomorrow » que nous lançons cette semaine avec plusieurs partenaires dont le Swave.

Pouvez-vous nous partager la définition de la Finance durable qui vous semble la plus pertinente ?

@Edouard Plus

La finance durable, c’est pour moi la finance du monde de demain. C’est une finance qui se conçoit comme un moyen et non comme une fin en soi. Lors de notre inauguration, j’ai été très heureux d’entendre Bruno Le Maire, notre Ministre de l’Economie et des Finances, préciser dans son discours que le profit pour le profit n’était plus ce que la finance devait viser. La finance durable, c’est donc celle qui permet au monde de faire face aux défis qui s’imposent à lui à court, moyen et long terme. On retrouve dedans l’accès aux services financiers des populations qui en sont encore exclues; que l’on parle des particuliers en situation difficile (en France comme à l’étranger) ou des professionnels (TPE, PME, Professions libérales…). On trouve également les questions de finance climat, d’investissement à impact positif, de tout ce qui permettra d’atteindre les objectifs de Développement Durable des Nations Unies.

@Anne-Claire Roux

Notre nom “Finance for Tomorrow” symbolise bien le message que nous portons. La finance pour demain doit être celle qui sert à financer une économie qui sera encore là demain parce qu’elle aura su anticiper et se transformer pour affronter les défis environnementaux et sociaux auxquels nous avons déjà commencé à faire face. La finance durable, c’est celle qui permet de mobiliser les volumes d’actifs nécessaires à la transition et à la résilience qui sont colossaux. Cela suppose de nouveaux partenariats et de nouveaux outils financiers basés sur des partenariats entre acteurs publics et privés, entre acteurs financiers traditionnels et Fintech, pour proposer au marché les innovations dont il a besoin pour mettre la finance au service de l’économie durable, qui prend des visages multiples.

Quelles sont les initiatives de Finance durable (France ou étranger) que vous voulez féliciter ?

@Edouard Plus

La première de ces initiatives, c’est à mes yeux nécessairement Finance for Tomorrow. Lancée en 2017 sous la présidence de Philippe Zaouati et grâce au travail acharné de l’équipe d’Anne-Claire, Finance for Tomorrow a rassemblé les acteurs de la place de Paris autour d’une idée simple mais tellement efficace: la finance durable doit être un axe de différenciation majeur de la place de Paris face à ses concurrents européens. Il reste maintenant aux groupes de travail de Finance for Tomorrow à trouver les cas d’application concret de cette idée dans tous les domaines de la finance, innovation incluse. Et c’est sur ce segment que Le Swave souhaite apporter sa contribution.

A l’échelle internationale, soulignons également le travail effectué par High-Level Experts Group (HLEG) de la Commission européenne sur la finance responsable, qui a eu le mérite de mettre sur papier les différents chantiers auxquels il faut maintenant s’atteler. Notons également l’implication de plusieurs investisseurs français et européens qui s’attèlent à développer des méthodologies d’évaluation d’impact de leurs investissements, comme en attestent les travaux de recherche de Novethic et ceux, plus globaux, des PRI.

@Anne-Claire Roux

Je ne peux que faire écho aux propos d’Edouard, auxquels j’ajouterai qu’il est indispensable que les places financières agissent de façon collaborative pour promouvoir la finance durable. Naturellement, elles ont tendance à être en compétition mais la constitution d’un réseau international de 17 places financières pour le développement durable (FC4S-Financial Centers for Sustainability) porté par l’ONU Environnement est un bon signal. La suite des travaux du HLEG, portée par un groupe d’experts techniques, lancée avant l’été et dans laquelle plusieurs membres de Finance for Tomorrow sont représentés,  doit également permettre la mise en oeuvre du plan d’action européen sur la finance durable qui place l’Europe en chef de file au niveau international.

Avez-vous une recommandation à faire au gouvernement français ?

@Edouard Plus

La France, lorsqu’elle a adopté l’article 173 de la loi sur la Transition énergétique, s’est posée comme l’un des leaders européens en matière de reporting du secteur financier sur les questions de la responsabilité sociale et environnementale.

La feuille de route prévue par ce texte implique de dresser un bilan de l’action des différentes institutions concernées à horizon fin 2018 (après 2 exercices comptables de reporting). A l’issue de l’exercice 2017, nous avons toutefois déjà pu constater ce que le HLEG pointe notamment du doigt dans son rapport: l’absence de standards comptables et de métriques communes aux investisseurs pour expliquer leur action de façon concrète dans le champ de la RSE limite grande la prise d’initiative que devait entraîner la logique dite “comply or explain”. Bien que le sujet ne soit pas facile à traiter, il serait extrêmement bien vu que les pouvoirs publics définissent ces standards, à l’image de qui a pu exister, en comptabilité générale, lorsque les International Financial Reporting Standards (IFRS) ont été mis en place. Cela requiert certes un certain activisme gouvernemental, mais la cause est juste et mérite que le législateur s’empare de la question sans détour.

@Anne-Claire Roux

Là encore, je fais écho à Edouard puisque nous garderons le leadership français construit autour d’un alignement sans équivalent entre cadre réglementaire, investisseurs et entreprises engagées, à condition de mieux organiser et standardiser tout ce qui entre dans le cadre de la finance durable. Nous avons une opportunité de le faire avec les discussions autour de la loi dite Pacte. C’est pourquoi notre président Philippe Zaouati  a lancé un appel pour la verdir : https://www.linkedin.com/pulse/verdir-la-loi-pacte-philippe-zaouati/

Quels sont les pays dont la France devrait s’inspirer en termes de Finance durable ? 

@Edouard Plus

Il n’existe pas aujourd’hui de modèle dominant en matière de finance durable. Le sujet est encore trop jeune et trop polymorphe pour que l’on puisse dégager un pays plus qu’un autre. Certes, la dynamique suédoise est souvent mise en avant, et l’action des grands investisseurs institutionnels néerlandais est une proposition qu’on ne peut ignorer. Mais la France a déjà mis sur la table un certain nombre de propositions dont elle n’a pas à rougir (article 173, label TEEC pour les fonds d’investissement “verts”). Il n’en demeure pas moins que le pays qui prendra le leadership sur la question sera celui qui sera en capacité de former un consensus sur les standards comptables de la finance verte et qui arrivera à porter ceux-ci au niveau européen et mondial.

@Anne-Claire Roux

La finance est par nature internationale mais l’initiative spectaculaire de la Commission européenne qui a adopté un plan d’action volontariste sur la finance durable en mars 2018 a mis l’Europe aux premières loges. Il reste un défi important : donner la même force au mouvement dans tous les pays d’Europe. Aujourd’hui, la finance durable est très peu développée dans certaines zones, comme l’Allemagne ou les pays du Sud. Il faut accélérer en s’inspirant les uns et les autres des meilleures pratiques.

La Finance durable va t’elle devenir un vivier d’emplois ? A t-on un vrai besoin “d’éduquer” les professionnels ?

@Edouard Plus

Lorsque les méthodologies seront abouties, et qu’il faudra les maîtriser, très certainement. Déjà aujourd’hui, les cabinets de conseil sortent de plus en plus régulièrement des offres destinées à accompagner les acteurs du secteur financier dans leur transition. Des armées de consultants commencent à se mettre à l’oeuvre dans les institutions financières. Mais tant que la contrainte réglementaire ne sera pas précise, il y aura toujours un frein au développement de cet emploi.

Faut-il “éduquer les professionnels” ? Oui… oui… et encore oui… Hormis des personnes qui ont un intérêt personnel pour la question ou celles qui partagent le credo que la finance durable est profitable sur le long terme, on trouve encore pléthore de professionnels tout à fait étrangers à ces questions (et qui ne se les posent même pas…). Il faut donc sensibiliser, former et agir.

@Anne-Claire Roux

Oui et c’est déjà le cas ! Les experts du sujet ne sont pas très nombreux et les offres d’emploi sont nombreuses car la plupart des acteurs financiers importants sont en train de développer des activités dans ce domaine. Le challenge est effectivement de former à une échelle beaucoup plus large toute la chaîne financière des gérants aux commerciaux, en passant par les services marketing et même leurs clients ! Cela suppose une mobilisation générale.

C’est pourquoi nous avons un groupe de travail sur l’éducation et la formation et que nous avons lancé des partenariats avec des grandes écoles et universités. Novethic, un de nos membres, a développé une offre de formation continue pour s’adresser à ceux qui sont déjà en poste. C’est une clef indispensable pour développer la finance durable avec la rapidité nécessaire pour faire la transition que nous appelons de nos vœux.

Edouard Plus, directeur du Swave

Edouard Plus est le directeur du Swave, 1ère plateforme d’innovation française  dédiée à la fintech.

Analyste financier de formation, il a travaillé pour de grandes banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole S.A.) avant de se lancer dans la vie d’entrepreneur en co-fondant Beyond Ratings, première Regtech de la finance climat.

Par la suite Directeur de la recherche adjoint chez Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts dédiée à la finance responsable, et membre des groupes de travail de Finance for Tomorrow, il est recruté en 2017 par Paris&Co pour construire et diriger le programme d’accompagnement des startups du secteur financier. Edouard Plus est diplômé de Sciences Po Lille, de l’ESSEC MBA et de l’Ecole des Mines-Paristech.

Anne-Claire Roux, directrice Finance for Tomorrow

Anne-Claire Roux est directrice de Finance for Tomorrow au sein de Paris Europlace. Elle est en charge des différentes activités de Finance for Tomorrow (groupes projets, organisation d’événements, animation du réseau des membres) ainsi que des relations institutionnelles et du développement international. Elle était auparavant Directrice Finance Durable de Paris Europlace et a notamment, à ce titre, était responsable de l’action de Paris Europlace lors de la COP21 et de la COP22, notamment la coordination globale du premier Climate Finance Day organisé à Paris en mai 2015.

Elle a également été en charge au sein de Paris Europlace, des relations avec la Russie et le Kazakhstan, et notamment de la coopération avec les places financières de Moscou et d’Astana, ainsi qu’avec divers partenaires locaux.

Anne-Claire Roux est diplômée de l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) et a travaillé sur les impacts politiques et environnementaux de la préparation des Jeux Olympiques d’Hiver de Sochi en 2014. Elle détient également un Master en Sciences Politiques et une licence d’Histoire de l’université de Paris-Sorbonne (Paris I et Paris IV).

Nous avons rencontré Gabrielle Inzirillo, Directrice de Plug And Play Fintech, qui co-dirige le programme BNP Paribas – Plug and Play. Son parcours impressionnant lui a permis d’être repérée et recrutée par Plug and Play aux Etats-Unis et c’est depuis 2016 qu’elle est en France, année durant laquelle elle a lancé le programme d’accélération de BNP Paribas – Plug and Play Fintech. 

Elle nous raconte la genèse de Plug and Play à San Francisco et en France et partage avec nous ses méthodes et ses facteurs clés de succès.

Who are you Gabrielle ?

Je suis née au Canada et j’ai grandi en Californie. J’ai toujours été interessée  par la finance. J’ai commencé par travailler chez Bloomberg à Londres où je créais des produits financiers : je faisais beaucoup de modelage pour les entreprises,  nous étions toujours en train de créer des nouveaux produits. Je me suis lancée dans la Fintech à la suite d’une réunion, avec une trentaine d’entreprises qui achetaient des produits Bloomberg. Je me souviens d’une de leur remarque qui me laissa un sentiment particulier : « C’est super ce produit, ça réduira considérablement la charge de travail de nos juniors analystes ».

Est-ce que les nouveaux produits utilisés allaient vraiment changer les modes de travail ? En 2015 je suis alors partie à Miami pour rejoindre la FinTech Acceleration team de Citigroup. Elle s’occupait de « sourcer » des Fintech qui pourraient améliorer l’industrie de la banque. Nous nous occupons d’organiser des « challenges » tel que le Citi Mobile Challenge pour trouver les meilleurs Fintech à intégrer au sein de Citi.

Nous avons ensuite élargit notre domaine d’action et identifié des startups RH lors du Smarter Worklife Challenge et des regtechs pour le Tech For Integrity Challenge en partenariat avec le World Economic Forum.

J’ai ensuite été recruté par Plug and Play fin 2016 à San Francisco pour mon expérience dans la Fintech et pour ma maitrise du français. Ils venaient de lancer leur partenariat avec BNP Paribas en France. Je suis arrivée en France en février 2017 pour lancer le programme d’accélération de  BNP Paribas – Plug and Play Fintech.

La genèse de Plug and Play Fintech à San Francisco :

Plug and Play Fintech est une verticale au sein de Plug And Play.

Plug and Play est ouvert à l’international, on retrouve des programmes partout dans le monde. L’entreprise possède son propre fond d’investissement, et investit des tickets d’environ 100K  dans des startups ; mais il s’agit aussi d’une plateforme d’innovation qui intègre et connecte les startups à de grands groupes pour accélérer la collaboration corporate – startup. On investit donc dans certaines startups de notre programme.

La verticale Fintech a été créée à la suite d’un meetup sur les bitcoin en mai 2011 ! Ce meetup bimensuel réunit tous les gens de la communauté crypto à San Francisco, qui passaient à Plug and Play pour partager des expériences et des idées. Plusieurs employés de Plug and Play ont d’ailleurs investi dès 2011 dans les cryptomonnaies! Ce meetup Bitcoin nous a positionné dans le secteur de la Fintech et nous a servi à créer un momentum pour ouvrir une plateforme dédiée aux startups de la finance et aux banques.

Ce programme a été lancé début 2015. Nous avons aujourd’hui 35 partenaires en Californie, et de grandes institutions financières comme Synchrony, US Bank, Deutsche Bank, MUFG et BNP Paribas.

Plug and Play est un investisseur de Lending Club et de Paypal dès la fin des années 90… Nous sommes le premier fond investissements « early stage » de Fintech aux États-Unis !

Plug and play Fintech
Source : Crunchbase

Le siège est en Californie (où s’opère un programme multi-sponsors avec différentes banques). Durant les 18 derniers mois, nous avons ouvert plusieurs filiales et programmes Plug and Play Fintech dans le monde. Nous avons : un bureau à New York (où les entrepreneurs peuvent demander à rencontrer des banques new-yorkaises), un programme dédié à BNP Paribas à Paris, un programme multi-sponsors avec des banques européennes à Francfort ; et depuis peu un programme à Abu Dhabi avec le régulateur Abu Dhabi Global Market. En Asie, nous sommes basés à Tokyo avec MUFG,  à Singapour et puis egalement à Shanghai.

Plug and Play Fintech
Carte des bureaux Plug and Play dans le monde

La genèse de BNP Paribas – Plug and Play Fintech à Paris :

Nous avons initié en 2016 notre partenariat avec BNP Paribas aux Etats-Unis avec leur banque américaine : Bank of the West. Puis, fin 2016 nous avons signé un partenariat global avec BNP Paribas ainsi que la création d’un programme d’accélération nommé BNP Paribas – Plug And Play dédié aux métiers BNP Paribas.  Deux grands objectifs se sont dégagés du côté Plug and Play: avoir plus de poids sur l’écosystème français et diffuser à Paris le savoir-faire de Plug and Play. Il s’agit d’un partenariat fort et complémentaire, en effet Plug and Play apporte son outil de sourcing mondial et BNP Paribas son ancrage européen et sa forte notoriété.

Nous sommes organisés verticalement. C’est-à-dire que si un entrepreneur rentre dans notre programme BNP Paribas – Plug and Play, et qu’il en ressort un super pilote, il pourra ensuite rejoindre nos programmes Plug and Play Fintech partout dans le monde.

La valeur ajoutée de BNP Paribas-Plug and Play Fintech pour les startups :

Les startups qui participent à ce programme réalise un pilote pendant 3 mois avec un métier BNP Paribas mais elle bénéficie également du réseau mondial de Plug and Play et de celui de BNP Paribas ainsi de potentiels investissements. Les pilotes sont financés par BNP Paribas et peuvent passer en industrialisation.

L’ADN de Plug and Play  :

L’Open Innovation. Accompagner nos partenaires à faire évoluer leur mentalité sur des sujets innovants. Nous avons été les premiers à créer des plateformes d’innovation qui connectent les corporates et les startups et nous sommes aujourd’hui la plus grande plateforme mondiale. Nous travaillions à ce jour avec 260 grandes entreprises dans le monde et avons la volonté d’accompagner les startups dans leur développement.

Nos partners ont un membership fee pour faire partie de la plateforme mais le modèle est gratuit pour les startups. Nous ne leur demandons pas non plus d’equity.

Quand Plug and Play investit dans l’une d’entre elle, on se positionne comme les autres VCs.

Comment sourcez-vous les startups chez Plug and Play ?

Une centaine de personnes dans le monde sourcent des startups pour le compte de Plug and Play. Chaque équipe Plug and Play dispose d’un ou deux Ventures Associates qui font du sourcing en continu.  A partir de ce socle-là, nous pouvons répondre aux besoins ciblés de nos banques partenaires. On peut puiser dans cette base réalisée par nos équipes et proposer un choix de 5 ou 6 startups basées partout dans le monde qui répondent aux critères demandés par notre banque partenaire.

Les startups doivent au moins avoir un Minimum Viable Product pour intégrer Plug and Play ; et être en mesure de pouvoir travailler avec une banque et de tester leur solution. Certaines startups chez nous préfèrent ne pas lever de fonds en mode “Bootstrap”, comme des startups qui ont déjà levé 60 millions. C’est pour ca que nous ne nous définissions ni comme incubateur ni comme accélérateur mais comme Innovation Platform. Notre corps de métier n’est pas de s’installer avec les entrepreneurs pour créer leur business plan.

Le sourcing pour BNP Paribas-Plug and Play à Paris est particulier: nous cherchons des startups qui répondent aux besoins de certains métiers de BNP Paribas recueillis en amont. Chaque startup qui entre dans le programme travaillera sur un pilote pris en charge par BNP Paribas.

Il y a donc beaucoup d’effort en amont pour créer cette collaboration corporate-startup. Très peu de startups entrent en effet dans le programme en ayant postulées. Elles ont pour la plupart été sourcées par Plug and Play. Comme tous les accélérateurs diraient  « la bonne startup aura beaucoup d’opportunités, donc il faut la chercher très minutieusement ». Plug and Play propose des startups qui répondent le mieux aux besoins formulés par BNP Paribas mais également des startups que Plug and Play jugent très intéressantes qui répondent aux tendances et aux nouvelles technologies. A l’issue du Selection Day 10 startups sont sélectionnées par les métiers pour réaliser un pilote.

Les startups sélectionnées s’installent alors dans l’espace BNP Paribas – Plug And Play à  Station F à Paris et peuvent suivre les événements que nous organisons : workshop, réunions et mentoring. Nous accompagnons chacune d’entre elles à la carte en fonction de leur besoin de renforcement spécifique si elles le souhaitent.

Quels sont les KPIs clés de BNP Paribas Plug and Play Fintech ?

En 2017, nous avons accéléré (sur 2 batchs) 18 startups qui ont fait 20 pilotes, dont 7 qui iront en production. En tout, nous avons accompagné 29 pilotes sur les derniers 18 mois (sur 3 batchs) – mais nous ne sommes pas en mesure de communiquer pour le moment des résultats de ce dernier batch.

Plug and Play Fintech
Les chiffres clés du Plug and Play Fintech BNP Paribas
Les startups ont les yeux rivés vers eux et l’écosystème scrutent leur moindre annonce. Dans le secteur de la fintech, les investissements sont colossaux : au niveau mondial et rien que sur le 2ème trimestre 2018, les Fintech ont été financées à hauteur de 20 milliards de dollars (rapport CB Insights, juilet 2018). Et à juste titre : en mai 2018 dans le monde, on comptait au total 26 Fintech valorisées à plus de 100 millions (donc considérées comme licornes) !

Parce que le sujet est vaste, nous avons décidé d’interroger non pas deux mais trois professionnels parmi les VC les plus investis dans le secteur Fintech pour qu’ils nous partagent leurs méthodes et vision. Marie-Hortense Varin (Partech), Cyril Bertrand (XAnge) et Augustin Sayer (Newfund) font partie de ceux à qui les Fintech font les yeux doux et on leur donne aujourd’hui la parole.

Marie-Hortense Varin, pouvez-vous présenter le fonds Partech ?

@Marie-Hortense Varin

Partech a été créé il y a 35 ans dans la Silicon Valley. Aujourd’hui, nous gérons 1B€ et sommes présents sur trois continents: US, Europe et Afrique. Partech investit du seed jusqu’au growth dans une variété de domaines: marketplaces (ManoMano, Evaneos…), SaaS (Akeneo, Shippeo…), deep tech (e-peas, Cambridge Blockchain…) et bien sûr Fintech, un des domaines où nous sommes les plus actifs.

Cyril Bertrand, pouvez-vous présenter le fonds XAnge ?

@Cyril Bertrand

XAnge est un fonds franco-allemand early stage technologique avec €500M sous gestion. Quelques exemples parmi nos investissements sont: Chauffeur Privé, Ledger, Believe Digital, Evaneos, etc.

Augustin Sayer, pouvez-vous présenter le fonds Newfund ?

@Augustin Sayer

Newfund est un fonds entrepreneurial qui investit en early stage en France et aux Etats-Unis. Nous gérons €230M venant de Family Offices et d’entrepreneurs. Nous sommes 8 collègues répartis entre Paris, New York, et la Silicon Valley. Nous investissons surtout en Seed et Series A, et pouvons suivre les tours ultérieurs comme nous l’avons fait avec Medtech, Aircall et FlexyBeauty.

Quelles sont les startups Fintech de votre portefeuille ?

@Marie-Hortense Varin

Nous sommes fiers d’accompagner une vingtaine de startups Fintech, dont les profils variés reflètent le dynamisme de cet écosystème : depuis le compte bancaire alternatif Compte Nickel (France, acquis par BNP en 2017) au prêt entre particuliers avec Auxmoney (Allemagne), en passant par le financement des PME avec Lendix (Europe continentale), le change avec Kantox (UK), et même le paiement mobile en Corée du Sud avec Toss, qui compte déjà 8 millions de clients dans son pays d’origine. Notre dernier investissement en Fintech date de la semaine dernière : il s’agit de Yoco, une startup sud-africaine spécialiste du paiement. Enfin, nous sommes aussi très présents en Insurtech avec notamment Alan, the Guarantors

@Cyril Bertrand

En France, nous accompagnons Lydia, Ledger, Shine, Microdon et Sidetrade ; Deposit Solutions en Allemagne ; Currencycloud en UK. Et parmi nos exits récents, il y a  KissKissBankBank (LaBanquePostale), Fidor (BPCE).

@Augustin Sayer

Les Fintech représentent 9 de nos 62 sociétés actives, soit 15% de notre portefeuille. En France nous accompagnons Déjà Mobile, Beyond Ratings, Paymium, Limonetik et Joxko. Aux USA, nous avons investi dans Climb Credit, Trade It, QuasarDB et iBillionaire.

Les montants investis dans la Fintech battent des records, avec un montant maximum au dernier trimestre (source : CB Insight) : depuis quand la stratégie de Partech (créé en 1982 aux US) s’intéresse aux Fintech ?

@Marie-Hortense Varin

Notre premier investissement date déjà d’il y a 17 ans! Il s’agit de 123 Venture, créé par Olivier Goy dans le but de démocratiser l’accès au private equity pour les investisseurs particuliers. Cette première aventure a été suivie d’une deuxième, puisque Olivier a également créé Lendix en 2015; nous sommes investisseurs à ses côtés, et en Fintech, depuis bientôt vingt ans.

Depuis quand la stratégie de Xange (créé en 2004) s’intéresse aux Fintech ?

@ Cyril Bertrand

Notre premier investissement était Fidor en 2008, nous faisions à l’époque de la Fintech comme M. Jourdain, sans en connaître le nom. KissKissBankBank a suivi en 2009, avant que le terme “Crowdfunding” ne devienne une catégorie de la Fintech.

Depuis quand la stratégie de Newfund (créé en 2008) s’intéresse aux Fintech ?

@Augustin Sayer

C’est en 2011, soit trois ans après la création du fonds,, que nous avons décidé d’accompagner Limonetik, notre 11ème investissement. La vision était de booster les ventes des e-merchants en leur permettant de multiplier les moyens de paiement utilisables sur leur site. Aujourd’hui la société propose 150 moyens de paiement aux sites d’e-commerce et double de volume chaque année. Le fonds a continué de se développer sur le créneau Fintech au fur et à mesure des années et notre dernier investissement Fintech a été réalisé en juin 2018 : nous avons investi dans FairMoney, un algorithme qui donne à ses utilisateurs un score de solvabilité en fonction de données non-financières. La société a déjà permis à plus de 10.000 personnes au Nigéria d’obtenir un credit score afin d’emprunter pour croître leur inventaire, payer leurs études ou réparer leur voiture.

Quelles sont vos méthodes de sourcing ? Avez-vous une appétence pour des technologies particulières dans le secteur de la Fintech ?

@Marie-Hortense Varin

Nous aimons surtout réfléchir en amont aux marchés qui nous paraissent avoir le plus grand potentiel de création de valeur pour une Fintech, et ensuite défricher le terrain pour découvrir les startups qui s’y sont positionnées avec des approches innovantes (que ce soit d’un point de vue produit, distribution, marketing…). En ce moment, je suis particulièrement intéressée par les synergies entre le real estate et les Fintech ; beaucoup d’acteurs commencent à se positionner sur ce moment de vie clé qu’est l’achat d’un bien immobilier, dans lequel l’accompagnement des banques est encore trop rigide et laisse la porte ouverte à une concurrence plus inventive en matière d’expérience client.

@Cyril Bertrand

Le meilleur sourcing est celui des entrepreneurs de la famille XAnge : il est peu probable qu’une nouvelle équipe sérieuse se lance dans la Fintech en France/Allemagne sans que l’un de nos patrons comme Cyril Chiche (Lydia), Eric Larchevèque (Ledger) ou Nicolas Reboud (Shine) n’en ait entendu parler…

@Augustin Sayer

Notre sourcing se fait par du referral, de l’inbound, des intermédiaires, des co-investisseurs et même via des conférences que nous donnons avec nos entrepreneurs sur certaines thématiques. Ainsi, nous avons organisé cette année deux “No Bullshit” conférences à Station F, la première sur les cryptoassets avec par Pierre Noizat de Paymium, la deuxième sur la finance verte avec Rodolphe Bocquet de Beyond Ratings.

Quels sont les tickets moyens que vous investissez auprès des Fintech ?

@Marie-Hortense Varin

Nous investissons depuis le stade d’amorçage jusqu’au “growth”, donc d’environ 200K€ à 50M€. Cela laisse toutes les possibilités ouvertes pour les entrepreneurs de talent.

@Cyril Bertrand

Nous mettons le même ticket que dans les autres activités, entre €1M et €7M.

@Augustin Sayer

Nous sommes sector-agnotic à la base, et même si nous avons toujours eu une certaine appétence pour la Fintech, les tickets restent les mêmes quel que soit le secteur. En général, entre 500k€ et 3M€ pour des tours de Seed et Series A avec une capacité de follow-on aux tours ultérieurs.

Quel est le deal que vous auriez aimé réaliser dans ce secteur ?

@Marie-Hortense Varin

Qonto ! Parce que leur produit est top, le marché mal adressé par les banques aujourd’hui – et nous avons une passion pour le sujet des néobanques, notamment depuis l’aventure Compte Nickel. Alex, Steve, si vous m’entendez…

@Cyril Bertrand

Lendix ! Magnifique équipe et positionnement unique sur le haut du segment du crowdfunding en France. Alan exécute aussi un démarrage très spectaculaire.

@Augustin Sayer

Revolut bien sûr! Même si le business model reste à confirmer, l’exécution marketing a été brillante à date. Les utilisateurs ont déjà oublié les snafus opérationnels des premiers mois, et Revolut s’attaque maintenant à l’industrie du courtage en bourse.

Comment collaborez-vous entre fonds d’investissement ? Echangez-vous régulièrement ensemble ?

@Marie-Hortense Varin

Bien entendu, cela fait partie du métier. Sur les sujets Fintech, j’aime particulièrement discuter avec des fonds qui sont susceptibles de co-investir avec nous et qui ont un beau track record en la matière, comme par exemple Dawn Capital au UK.

@Cyril Bertrand

XAnge est toujours disposé à co-leader (donc partager) un nouveau deal et dans cette situation, la qualité des informations échangées entre fonds est excellente.

Dans la situation plus rare d’échanges préalables à une décision de travailler ensemble, le private equity (dont le Venture Capital est un sous ensemble) porte bien son nom: il est “private”. C’est une situation qui contraste avec les exigences de qualité et d’uniformité du partage d’information sur les marchés cotés. Et les échanges entre VC sont donc prudents, surtout dans l’environnement français 2018 où la densité de fonds disponibles a fortement cru. Conséquence concrète : je serais bien incapable de formuler avec certitude ce que cherchent en ce moment mes éminents collègues de Partech ou Newfund coté Fintech 🙂

Néanmoins le besoin d’une fluidité minimale d’information existe bel et bien, pour que le segment du VC fonctionne correctement dans son ensemble. Il est partiellement organisé par des groupes comme France Digitale, The Galion ou TheFamily. Il nous reste néanmoins encore du chemin à parcourir, dans l’écosystème parisien, pour rejoindre le niveau et la qualité des échanges d’information en Silicon Valley.

@Augustin Sayer

Je reviens juste d’un café avec un collègue d’un autre fonds. En général, j’ai tendance à échanger une fois par mois sur certains deals, sur les tendances du moments et sur les montants investis. C’est assez fascinant car nos visions sont souvent assez différentes. Il y a toujours un thème porteur, mais pour se démarquer il est nécessaire d’avoir une vision iconoclaste. Ensuite à nous d’être les premiers à l’adopter pour éviter de rater le train.  

Marie-Hortense est Principal chez Partech, qu’elle a rejoint en 2015 après une expérience dans le conseil en stratégie.

Passionnée par l’écosystème tech, elle investit en early-stage avec le fonds Venture de Partech et travaille plus spécifiquement sur les sujets de Fintech et de marketplaces.

Elle est également professeure à Sciences Po.

Augustin est directeur d’investissement chez Newfund depuis 2017.
Il a débuté sa carrière en finance à New York en 2008. D’abord comme analyste M&A chez Lazard Frères puis comme Associate en Private Equity chez Colony Capital.
Plus récemment, il a lancé Rescata, une startup en achat, vente & réparations d’appareils électroniques au Mexique, ouvrant 30+ magasins en 12 mois.
Augustin a obtenu un Bachelor en Economie à la New York University en 2008, puis un MBA à la London Business School (avec échange à la Tuch School of Business at Dartmoouth College) en 2014.
Suite du coup de projecteur sur nos voisins européens : après avoir fait le tour de l’écosystème Fintech espagnol et italien, puis de l’écosystème allemand et autrichien, nous vous emmenons plus au Nord : bienvenue en Norvège et en Suède !

La Fintech y est-elle un domaine réputé et bien représenté ? Quels sont les grands acteurs de la finance et des technologies chez ces deux pays scandinaves ?

🇳🇴 NORVÈGE

Écosystème Fintech norvégien:

  • Le segment du marché Fintech le plus développé est les paiements digitaux, avec une transaction totale en 2018 de 13,85 millions de dollars (on attend 21 millions d’ici 2022).
  • L’écosystème Fintech norvégien est constitué environ de 70 startups (sur un total d’environ 500 startups).
  • La Fintech est un secteur qui a véritablement décollé depuis 2016, avec de grands rassemblements comme The Oslo Fintech week (qui, lancé en 2013, n’avait accueilli que 4 personnes à sa première édition !).
  • La finance est représenté par 2270 entreprises en Norvège, avec plus de 53 000 employés.
  • Selon une étude de Kantar, la Norvège est un peu où les banques sont les structures dans lesquels les citoyens ont le plus confiance (après les services publics et les assurances) ; les réseaux sociaux sont quant à eux les plus dignes de confiance pour les norvégiens.
  • La Norvège est un des pays où les banques et les Fintech sont très alignés sur la perception des opportunités que représentent les Fintech : ouvrir des APIS (46% pour les banques, 44% pour les Fintech), explorer de nouveaux modèles (38% pour les banques, 35% pour les Fintech)  – Fintech Bridge Survey, 2017.

Fintech norvégiennes à suivre :

  • Auka : plateforme technologique permettant aux banques de proposer le paiement mobile à leurs clients privés.
  • Spiff : application d’épargne et d’investissement.
  • Bidra.no : plateforme de crowdfunding pour les projets sociaux et commerciaux.
  • Cloud Insurance : logiciel pour les industries de l’assurance (expérience utilisateurs, data, management, etc.)
  • Risk Partners : plateforme de conseils de crédit

Financements et levées de fonds :

  • Seules 8 Fintech norvégiennes ont reçu des investissements en 2017, et 2 d’entres elles ont fait leur premier tour de table.
  • La néo-banque Aprila a réalisé un premier tour à plus de 20 millions de dollars.
  • Le nombre d’investisseurs scandinaves a nettement augmenté entre 2014 et 2016, passant de 32% des investissements réalisés auprès des Fintech à 80 %.
  • La majorité des investissements se font dans des Fintech earlystage.

Influenceurs norvégiens à suivre :

 

Sources :

https://medium.com/@hernaes/the-ultimate-guide-to-fintech-in-norway-1a09bde3ff47

https://www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/se/Documents/financial-services/FinTech_Publikation_A4_WEB_FINAL.PDF

http://www.oslobusinessregion.no/fintech-oslo-true/

https://www.finansnorge.no/contentassets/19974285919543ecb0ab0ee98777d143/susanne-hannestad-fintech-mundi.pdf

🇸🇪 SUÈDE

Ecosystème Fintech suédois :

  • La Suède bénéficie d’un écosystème Fintech très avancé et dynamique : 12% des Fintech européennes en 2017 étaient basées à Stockholm.
  • La culture suédoise est très favorable à l’émergence des Fintech et à la confiance des citoyens envers les nouvelles technologies : l’argent liquide n’est quasi plus accepté par les commerçants et même la Banque Nationale de Suède (Riksbank) a déclaré vouloir lancer sa propre monnaie virtuelle.
  • Stockholm est désigné comme la 3ème meilleure ville en Europe pour les startups.
  • La Suède héberge des stars de la Fintech comme la licorne Klarna (valorisée 2 milliards de dollars) ou encore IZettle (qui a levé 30 millions d’euros en décembre 2017).
  • L’écosystème Fintech suédois compte environ 270 Fintech, dont beaucoup ont leur marché à l’étranger. Il héberge aussi des fonds d’investissement Fintech très actifs tels que NFT Ventures ou plus généralistes comme Northzone.

Fintech suédoises à suivre :

  • IZettle : terminal de paiement pour cartes bancaires et application pour la gestion des rapports d’activité
  • Trustly : virement bancaire instantané
  • Swish : système de paiement mobile créé par un consortium de banques nordiques (notre article à propos)
  • Qapital : application de gestion de finance pour l’épargne (créée en Suède, désormais uniquement utilisable aux US).
  • Pagero : opérations de numérisation, automatisation, saisie et interprétation des données pour les entreprises

Financements et levées de fonds :

  • Les investissements dans le secteur ne sont pas récents : déjà en 2013, les investissements réalisés dans la Fintech étaient de 4 milliards de dollars et ils sont passés à 12 milliards en 2014.
  • En 2017, le secteur a attiré 31 milliards de dollars d’investissements.
  • Sur les 5 dernières années, les Fintech basées à Stockholm ont concentré 18% des investissements privés des Fintech européennes.
  • Le secteur de la Fintech représente la grande majorité des investissements du secteur global de la Tech depuis 2015 : en 2015, 85% des investissements Tech se destinaient à la Fintech, et 70% en 2017.
  • La majorité des investissements dans la Fintech se font dans les secteurs du paiement, de la gestion de fortune, des logiciels de gestion et de l’assurance.
  • En 2017, pour la première fois un investissement français, Ingenico, a racheté une Fintech suédoise Bambora (services de paiement) pour 1,5 milliard de dollars. Il s’agit de l’acquisition français la plus élevée dans les pays scandinaves dans le secteur.

Influenceurs suédois à suivre :

  • Sebastian Siemiatkowski, co-founder et CEO de Klarna
  • Alexander Pärleros, serial entrepreneur et co-fondateur de Pensionera
  • Cecilia Skingsley, journaliste économique et Députée Gouverneur de la Banque Nationale Suédoise

Sources :

https://www.investstockholm.com/globalassets/2.-understartsidor-investment-opportunities/fintech/fintech_report_200x280_final.pdf

https://fr.express.live/2018/02/09/cest-stockholm-qui-recuperera-la-fintech-de-la-city-apres-le-brexit

https://www.hhs.se/contentassets/88eee8ea2b664a58bc652cb84aadded3/stockholmfintechreport2018v2.3.pdf

 

Pour information, l’équipe de Fintech mag sera présente aux Swedish Tech Days du 10 au 12 septembre à Stockholm !

Bon signe de l’intérêt des particuliers envers la finance et les investissements : le crowdfunding, le crowdequity et le crowdlending n’ont jamais été aussi prisés. Rien qu’en 2017, 336 millions d’euros ont été collectés sur les plateformes de crowdfunding en France (Baromètre KPMG et Financement Participatif France), soit 43,6% de plus qu’en 2016.  Et depuis les premières plateformes, 1 français sur 6 ont déjà participé à du financement participatif (sondage commandé par commandé par l’association Financement Participatif France, La Banque Postale et le Crédit Municipal de Paris, avril 2018).

Le terme anglais de crowdfunding, le plus connu du grand public, est parfois accompagné des termes de crowdequity et de crowdlending.

Quelles différences entre crowdfunding, crowdequity et crowdlending ?

Pas si simple pour tous… selon ce même sondage, la majorité des personnes connaissent cette expression, mais seuls 11% savent de quoi il s’agit et 39% avouent n’avoir qu’une vague idée.

Le crowdfunding signifie de manière littérale le “financement par la foule”, qu’on désigne souvent comme le financement participatif. Le terme qui apparaît dans les année 2000, regroupe en fait 3 différentes formes de financement.

Crowdfunding : don, avec ou sans récompense (généralement symbolique)

Crowdequity : investissement, prise de participation dans l’entreprise (capital, obligations ou royalties)

Crowdlending : prêt participatif avec ou sans intérêt.

Les 3 démarches interviennent à des étapes différentes d’un projet  :

  • le crowdfunding par don est généralement utilisé lors d’une phase de test, avant de lever des fonds de façon plus traditionnelle ;
  • le crowdequity est prisée pour des petites entreprises qui n’intéressent pas ou peu les investisseurs classiques ;
  • le crowdlending est une solution pour financer des dépenses non prises en compte par les banques mais est plus contraignante.

En 2017, ce sont les prêts qui ont le plus eu la côte, représentant 58,1% des fonds collectés en crowdfunding.

Les fonds collectés par typologie de crowdfunding en France en 2017
Les fonds collectés par typologie de crowdfunding en France en 2017 : le prêt domine largement.

👐 Les plateformes de crowdfunding (don)

Les plus connues 

  • Ulule : premier site en Europe, c’est 24 000 projets financés, 116 millions d’euros collectés, 64% de succès pour les projets (en 2018)
  • KissKissBankBank : depuis sa création en 2009, ce sont 87 millions d’euros collectés, 120 000 projets rendus possibles, 1 million de financeurs

Les thématiques 

  • Miimosa : plateforme de financement participatif lancée en mars 2018 et dédiée aux acteurs de l’agriculture et de l’alimentation. Elle propose du don avec contrepartie ou du prêt.
  • Humain : plateforme de financement par don dédiée aux personnes en situation de handicap.

💰 Les plateformes de crowdequity (investissements)

Les plus connues 

  • Wiseed : depuis la création en 2009 ce sont 131 millions d’euros investis dans 315 projets d’économie réelle.
  • Anaxago : créée en 2012, la plateforme a permis de récolter 103 millions d’euros, pour 186 entreprises différentes.

Les thématiques 

  • WineFunding : première plateforme d’equity crowdfunding dédiée au vin.
  • Enerfip : lancée en 2014, la plateforme est dédiée aux énergies renouvelables et à la transition énergétique.

 

💸 Les plateformes de crowdlending (prêts)

Les plus connues 

  • Younited Credit : Depuis le début de l’année 2018, ce sont 96,3 millions d’euros de crédits en France, 43,4 millions d’euros en Italie et 14 millions en Espagne.
  • Lendix : En tout, 216 millions d’euros ont été prêtés aux entreprises et plus de 67 millions déjà remboursés aux particuliers.

Les thématiques 

  • Studylink : plateforme de crowdlending dédié aux prêts étudiants.
  • Solylend : plateforme de crowdlending dédié aux projets d’économie sociale et solidaire.
Répartition sectorielle des fonds collectés en France en 2017
Répartition sectorielle des fonds collectés en France en 2017 : l'environnement, les énergies renouvelables, l'édition et l'humanitaire dominent !
L’Insurtech (ou sa version française “Assurtech”) désigne l’ensemble des startups qui mettent à profit les nouvelles technologies pour disrupter le secteur de l’assurance. Dans une étude de Klein Blue de 2017, on comptait 50 startups françaises dans ce secteur, dont la moitié créées en 2015 ou 2016 : les chiffres nous confirment que leur essor est encore récent.

Si l’Insurtech est considérée comme une branche de la Fintech, il serait délicat de devoir toutes les loger à la même enseignes : il existe là-encore différentes catégories de startups de l’assurance. Pour reprendre les catégories souvent utilisées, on peut citer les compagnies d’assurance (Alan, etc.) courtiers vie (Nalo, Yomoni, Wesave, etc.), les courtiers non vie (Fluo, Réassurez-moi, +Simple.fr, etc.), les services aux individuels et aux entreprises (Testamento, Liberty Rider, oocar, deuxièmeavis.fr, etc.), les acteurs de l’assurance collaboratives et achats groupés (Wecover, Otherwise, etc.).

Ecosystème des Insurtech française (© Klein Blue, mars 2018)
Ecosystème des Insurtech française, par catégorie © Klein Blue, mars 2018

2017 : le boom des financements dans l’Insurtech

2017 est l’année des Insurtech : elle a vu leur émergence à un niveau mondial. Le nombre de deals des Insurtech a bondi de 118% l’année dernière, représentant ⅓ des levées de fonds sur le sujet dans le monde.

Qui dit émergence, dit intérêt des acteurs traditionnels et investissement : au total, 2,29 milliards de dollars ont été injectés par les grandes entreprises dans les Insurtech en 2017. On ne sera guère étonné de savoir que ce sont encore les Etats-Unis qui concentrent plus de la moitié des opérations Insurtech (Silicon Valley, San Francisco et New-York notamment).

A l’échelle européenne, la plateforme CB Insight annonçait un passage des investissements dans les startups Insurtech de 147 millions de dollars en 2016 à 500 millions de dollars en 2017. Soit 3,4 fois plus d’une année à l’autre. Sur le premier trimestre 2018, nous en sommes déjà à 139 millions de dollars d’investissement dans les Insurtech.

Toutefois, il est intéressant de constater que la plupart des financements opérés, ne proviennent pas d’entreprises du secteur de l’assurance : en 2016, on ne compte que 14% d’opérations incluant un acteur de l’assurance (contre 2% en 2014 et 12% en 2015).

Les investissements dans les Insurtech entre 2011 et 2016 © CB Insight
Les investissements dans les Insurtech entre 2011 et 2016 © CB Insight

Et les Insurtech les plus financées sont…

En France, on ne peut passer à côté des 2 grandes startups de l’assurance Alan et Shift Technology. La première a levée la plus grosse somme pour sa catégorie : 23 millions d’euros en avril 2018 (auprès d’Index Ventures, de Xavier Niel et des investisseurs historiques). En avril 2018, Alan comptait 7000 clients individuels et 850 entreprises clientes : la startup vise le triple à la fin 2018 et 100 000 clients dans les 3 ans. Quant à Shift Technology, qui travaille avec plus de 45 assureurs dans le monde, ils ont levé 40 millions d’euros.

Toujours dans l’hexagone, on peut citer d’autres Insurtech ayant dépassé le million d’euros d’investissement : +Simple (10 millions €, janvier 2018), Grisbee (3 millions €, octobre 2016), Fluo (2 millions €, février 2017), Yomoni (5 millions €, février 2017), etc.

Aux Etats-Unis, les deux licornes OscarHealth et Zenefits sont désormais des incontournables. En avril 2018, OscarHealth a levé 165 millions de dollars et vise pour l’année les 1 milliards de dollars de chiffre d’affaire (le triple de 2017). Les Etats-Unis gardent une marge d’avance également en termes de nombre d’utilisateurs : Oscar Health ayant annoncé début 2018 attendre les 260 000 membres d’ici la fin de l’année. La startup Zenefits a quant à elle cumulé 580 millions de dollars levés depuis sa création en 2013 (malgré ses difficultés RH…). Côté Chine, l’assureur Zhong An peut se vanter d’avoir levé 930 millions de dollars.

Oscar Health - Insurtech
Campagne d'affichage de l'Insurtech américaine, Oscar

Qu’en pensent les assureurs traditionnels et les entreprises ?

Selon une étude de PWC publiée en juillet 2017, 56% des assureurs au niveau mondial pensent que 20% de leur chiffre d’affaires est en péril à cause des Insurtech. Malgré le fait que les startups sont en partie vue comme des menaces, cela n’empêche pas 45% des dirigeants d’affirmer qu’ils ont déjà noué un partenariat avec une Insurtech (contre 28% en 2016). Il semblerait que de façon globale, les banques soient en avance et déjà plus à même de travailler avec les startups (étude Accenture 2017). Les assureurs sont en majorité prêts à investir dans l’analyse de données et dans la technologie mobile.

Il existe bien entendu des partenariats entre assureurs et Insurtech, comme par exemple entre AXA et Risk Attitude : la startup azuréenne fournit à l’entreprise internationale des outils de formation pour les agents (sur la gestion la prévention entre autres), utilisant la réalité virtuelle. Trov, une jeune startup américaine qui propose une assurance sur-mesure, travaille de la même façon avec des entreprises d’assurance comme AXA. Trov est également partenaire d’industries non-spécialisées dans l’assurance comme Waymo (branche de Google, spécialisée dans les voitures autonomes) afin d’assurer la protection des passagers par exemple.

Les professionnels de l’expert ont encore beaucoup de terrains à conquérir et si l’on en croit les chiffres hallucinants des financements des Insurtech, les usages ne vont que se multiplier et les attentes s’intensifier !

Suite du coup de projecteur sur nos voisins européens : après avoir fait le tour de l’écosystème Fintech espagnol et italien, place à l’Allemagne et l’Autriche. Le secteur de la finance innovante est-il bien représentés ? Quelles sont les Fintech et les influenceurs à suivre dans ces deux pays ?

🇩🇪 ALLEMAGNE

Écosystème Fintech allemand :

  • La Fintech représente 4,7% des startups en Allemagne.
  • Berlin est devenue (après Londres) la capitale de la Fintech en Europe.
  • En 2017, 175 entreprises Fintech à Berlin (soit plus que dans les villes de Munich, Francfort et Hambourg réunies).
  • Entre 2012 et 2017, 700 millions d’euros ont été injectés dans les Fintech berlinoises.
  • Selon une étude gouvernementale de 2017, le seul marché allemand pèsera 130 milliards d’euros (contre 1,7 milliards en 2017).
  • 90% des banques se disent prêtes à coopérer avec les Fintech pour anticiper les usages et attentes.
  • 42% des Fintech allemandes ont un modèle B2B.
  • 50% des Fintech ont été fondées entre 2014 et 2017.
  • En Allemagne, environ 13 000 employés travaillent pour le secteur Fintech.

Fintech allemandes à suivre :

  • N26 : néobanque désormais géant européen, avec 850 000 clients européens et un dernier tour de table à 160 millions de dollars (Tencent, Allianz X)
  • Raisin : plateforme de gestion d’épargne
  • Kreditech : services bancaires en ligne
  • Deposit Solutions : plateforme de solutions d’épargne à échelle mondiale (open banking)
  • Taxfix : assistant mobile pour les déclarations d’impôts

Financements et levées de fonds:

  • Au 1er semestre 2017, les Fintech allemandes ont levées 307 millions d’euros (contre 400 millions sur toute l’année 2016).
  • Au 1er semestre 2017, le montant moyen investi par les VC dans les Fintech allemandes était de 7,3 millions d’euros.
  • Au 1er semestre 2017, 42 deals ont été réalisés.
  • Augmentation des montants investis x40 entre 2012 et 2016.

Influenceurs allemands à suivre :

 

Sources :

https://www.ey.com/Publication/vwLUAssets/ey-germany-fin-tech-landscape/$FILE/ey-germany-fin-tech-landscape.pdf

https://www.tdg.ch/economie/fintechs-trouve-eldorado-berlin/story/10143464

https://www.mindfintech.fr/article/489/tribune-fintech-allemagne-ecosysteme-structure-mature-multipolaire/

http://fintechnews.ch/

Cartographie Fintech Allemagne
Cartographie des Fintech en Allemagne ©BlackFin Capital Partners

🇦🇹 AUTRICHE

Ecosystème Fintech autrichien :

  • En 2018, sur un total de 162 Fintech enregistrées dans le pays, 85 ont leur siège dans les deux plus grands HUB nationaux : Vienne et Graz.
  • Sur l’ensemble des Fintech, 64% ont un modèle B2C, et 29% ont un modèle B2B.
  • 26,2% des Fintech autrichiennes sont spécialisées dans le financement participatif.
  • La blockchain et les cryptomonnaies sont également deux domaines largement développées : 6 cryptomonnaies ont été créées par des équipes autrichiennes.

Fintech autrichiennes à suivre :

  • Cashpresso : plateforme B2C de financement en ligne
  • Conda : plus grande plateforme d’investissement participatif autrichienne
  • Blue code : paiement par smartphone (code-barre)
  • Kompany : plateforme regtech d’accès aux registres officiels et audits d’entreprise
  • Wikifolio :l plateforme de trading en ligne, pour démocratiser l’investissement

Financements et levées de fonds :

  • Parmi les dernières importantes levées de fonds autrichiennes, on trouve Cashpresso, qui a levé 3,5 millions en série A en juin 2018 (Hevella Capital, Speedinvest et Hansi Hansmann).
  • Speedinvest est l’un des fonds VC les plus connus en Autriche, spécialisés dans les Fintech (mais aussi technologies, médias, e-commerce). Les fonds peuvent s’élever jusqu’à 500 000 euros en seed.

Influenceurs autrichiens à suivre :

  • Christian Berger, directeur de Finnoconsult et conseiller de Fintech Forum (Allemagne)
  • Bernd Egger, ex CEO de Paysafecard et ancien banquier à Volksbanker. Aujourd’hui directeur de mPAY24.
  • Andreas Kern, fondateur et CEO de Wikifolio
  • Olivier Holle, serial entrepreneur, investisseur, co-fondateur de Speedinvest.
  • Harald Meinl, co-fondateur et CEO de Baningo.

 

Sources :

http://fintechnews.ch/fintech/top-13-fintech-startups-austria/11402/

https://techfoliance.com/fintech-corner/insights/mapping-fintech-austria-2018/

http://fintechnews.ch/fintech/top-30-fintech-influencers-austria/9843/

Ecosystème Fintech Autriche Allemagne
L'écosystème Fintech autrichien © I5 Invest (2016)
Dans une étude d’avril 2017, PWC annonce que 80% des banques, sociétés d’assurances et de gestion dans le monde ont l’intention de renforcer leurs partenariats avec les Fintech dans les 3 à 5 prochaines années. Le sentiment est partagé : du côté des Fintech, le World Fintech Report de 2018 réalisé par Capgemini, 75% des Fintech déclarent que leur premier objectif de business est de collaborer avec des entreprises traditionnelles.

Dans la presse, on annonce régulièrement l’association de Fintech avec des grandes banques et entreprises, que ce soit par des fusions-acquisitions (Compte-Nickel et la BNP Paribas, Morning et la Banque Edel, Fidor et le Groupe BPCE, etc.) des stratégies d’offres complémentaires (Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique et la Fintech niçoise Izicap), de l’investissement (le fonds d’Orange qui a investi dans les Fintech Monzo, ou Chain) de l’incubation.

Les experts annoncent de plus en plus de partenariats entre les startups et groupes traditionnels.

Mais avant de se lancer dans des relations avec des entreprises, les startups doivent garder en tête des processus et faits encore difficile à contourner.

1. LES DOMAINES FINTECH PRIVILÉGIÉS PAR LES BANQUES :

Les banques, assurances et sociétés de gestion sont 84% à penser que leurs clients utilisent déjà des services Fintech dans le paiement, 68% que leurs clients utilisent des services Fintech de transferts de fonds et 60% des services Fintech dans la gestion financière.

Il semblerait que les établissements soient moins méfiants sur les secteurs de l’assurance et de la gestion de fortune (38% dans les 2 cas).

Etude PWC sur l’influence de la Fintech sur les services Financiers

Secteurs dans lesquels les banques pensent que leurs clients sont déjà utilisateurs de services Fintech

2. LA DURÉE DES NÉGOCIATIONS :

En moyenne, la période de négociation d’un partenariat de distribution est de 5,6 mois.

20% des entreprises interrogées parlent de délais supérieurs à 6 mois.

Baromètre FrenchTech sur la collaboration entre startups et grands groupes en France

 

3. LES INTERLOCUTEURS :

66% des entreprises passent par leur service “Innovation” pour les partenariats avec les startups.

Si avant les structures étaient moins organisées, aujourd’hui tous les grands groupes ont des services Innovation. Ce sont avec eux que les startups entrent en contact et coordonnent les projets de partenariat.

Baromètre FrenchTech sur la collaboration entre startups et grands groupes en France

 

4. PROCESSUS D’ACHAT :

Malgré toutes les opérations médiatisées, 667 500€ sont dépensés en France chaque année par les grands groupes français pour se fournir auprès des startups. Soit seulement 0,1% part des budgets globaux de ces groupes dédient aux startups (plutôt qu’à d’autres fournisseurs).

Mais la bonne nouvelle, c’est que 75% des entreprises adaptent leurs processus d’achat aux startups et que 69% protègent la propriété intellectuelle de la startup lors d’une prestation.

Etude sur l’alliance des grandes et des jeunes entreprises « David avec Goliath », réalisée par Raise et Bain & Company

 

5. LES DIFFICULTÉS D’UN PARTENARIAT :

Même si les acteurs de la Finance collaborent avec les Fintech, certains blocages subsistent, notamment sur des questions de culture d’entreprise :

58% des établissement financiers évoquent des difficultés de stockage informatique, 44% des incertitudes réglementaires, et 40% des difficultés de management et de culture d’entreprise.

55% des Fintech pointent les différences de management et de culture et 48% les incertitudes réglementaires.

Etude PWC sur l’influence de la Fintech sur les services Financiers

Difficultés rencontrées dans les partenariats entre Fintech et établissements financiers
Difficultés rencontrées dans les partenariats entre Fintech et établissements financiers © pwc, 2017
Bientôt 3 ans que la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte a été votée par le gouvernement français ! L’occasion de revenir sur les enjeux de la finance verte et sur les avancées de la France et de l’écosystème Fintech sur le sujet.

Petits rappels… quelles différences entre finance verte, green bonds et marché carbone ?

La finance verte est un bien joli terme, évocateur de bonnes intentions, mais savez-vous vraiment ce qu’il recouvre ?

La finance verte définit tous les produits financiers qui ont pour objectif de soutenir des objectifs écologiques, dont la transition énergétique.

Parmi ces produits, on trouve les obligations vertes (les green bonds) qui désignent les emprunts émis sur le marché, par une organisation privée ou publique, dans le but de financer sa transition énergétique, un projet à bénéfice environnemental. Les green bonds ont le même système de prix que les obligations classiques et le même profil de risque mais permettent d’associer au rendement financier un impact environnemental positif.

On trouve également le marché carbone parmi les actions de la finance verte : ce mécanisme permet d’échanger des droits d’émission de CO2 de la même façon que des titres financiers. Il a pour vocation d’inciter les pays à réduire leurs émissions de CO2 et à investir dans des technologies propres.

Le Bilan de la finance verte en France

Une législation pro-active

L’Etat français a légiféré en faveur de la transition écologique et énergétique afin que l’action du secteur financier soit compatible avec les objectifs climatiques de l’accord de Paris. Nous allons bientôt fêter les 3 ans de l’article 173 de la loi du 17 août 2015, selon lequel les entreprises, investisseurs et gestionnaires d’actifs doivent publier tous les ans les informations sur leur prise en compte des risques liés au changement climatique. La France est le 1er pays à rendre obligatoire la publication de leurs contributions aux objectifs climatiques et des risques financiers associés.

Green bonds : marché naissant ou florissant ?

Un article du Monde (décembre 2017) parle du marché des green bonds comme d’un “domaine où tout reste à faire, ou presque”. Il souligne un cadre réglementaire flou, un marché encore embryonnaire (895 milliards de dollars d’encours d’obligations vertes sur les 226 000 milliards de dollars de dettes dans le monde, selon l’Institute of International Finance), et des besoins d’investissement trop grands.

La responsable des green bonds chez HSBC Europe affirme toutefois que la France est en avance sur le domaine de la finance verte. Dans le classement mondial des arrangeurs d’obligations vertes, on retrouve en première place le Crédit Agricole (60 opérations en 2017, soit 7,9 milliards de dollars), suivi de la HSBC et de BNP Paribas. Et d’après une enquête de la HSBC (octobre 2017), la France est n°1 en Europe et n°3 dans le monde sur le marché des green bonds. Belles performances pour la France depuis la législation du gouvernement !

Green bonds Finance verte
"La France en pointe sur les green bonds" © Europlace

L’écosystème Fintech au service de la finance verte

🌱 Les Fintech françaises

Parmi les startups françaises qui agissent en faveur de la finance verte :

  • Beyond Ratings : la Fintech fournit des recommandations d’investissement en fonction des risques liés à l’énergie et au climat et optimise l’exposition au risque pour ses clients.
  • Benoo Energies : la startup bordelaise souhaite agir pour le développement économique et énergétique des pays d’Afrique de l’ouest grâce à des points d’accès à l’énergie modulaires (« agences énergies ») en zones rurales non connectées.
  • Wedogood : la plateforme nantaise de royalty crowdfunding souhaite activer une finance à impact positif en proposant aux entrepreneurs des levées de fonds en royalties (objectif : activer 100 000 investisseurs à impact à impact positif d’ici 2020).
  • Ecotree : la startup propose de transformer les arbres en produit d’épargne : en achetant un arbre auprès d’Ecotree, ils prennent de la valeur et je reçois 100% des revenus de la coupe finale (41000 arbres plantés à ce jour pour 1 million de kg de CO² absorbé).

👏 Les initiatives françaises

  • Finance for tomorrow : l’initiative porté par Paris Europlace et les acteurs de la Place de Paris ont pour objectif de promouvoir en France et dans le monde la finance durable. Grâce à des entretiens avec les acteurs de la Place de Paris, un rapport a été établi afin d’établir un état des lieux et définir 15 pistes d’amélioration.
  • Global Round Table & Climate Finance Day 2018 : Du 26 au 28 novembre 2018 à Paris, la 4ème édition de l’événement donnera l’occasion de réfléchir et de trouver des solutions pour atteindre des objectifs de finance responsable selon l’agenda climatique (1500 participants, +100 speakers, 50 pays représentés, 25 sessions thématiques).

🚀 Pour aller plus loin

Nous vous avons déjà présenté l’écosystème Fintech français dans un précédent article et nous avons commencé à faire le tour des régions avec le témoignage de 3 Fintech installées à Nantes, Lyon et Bordeaux.

Nous voulions également faire un coup de projecteur sur nos voisins européens : il y a les places fortes de la Fintech comme Londres ou le Luxembourg. Mais qu’en est-il des autres pays moins souvent cités et médiatisés ?

Focus sur le sud avec l’Espagne et l’Italie

🇪🇸 ESPAGNE

Écosystème Fintech espagnol :

  • A la fin 2017, on comptait 300 Fintech et 90 Insurtech espagnoles
  • 40% Fintech en un peu plus d’un an (117 créées et 32 disparues)
  • L’Espagne est le 6ème pays du monde avec le plus entreprises Fintech installées (sur environ 15 000 Fintech mondiales)
  • Les Fintech espagnol prévoient de créer plus de 4500 emplois dans la prochaine année
  • En 2017, la facturation annuelle des Fintech était de 100 millions d’euros

Secteurs les plus représentés :

  • le paiement,
  • les prêts,
  • la gestion des finances personnelles

Fintech espagnoles à suivre :

  • Fintonic, appli de gestion des finances personnelles et d’épargne
  • ID Finance, entreprise spécialisée dans les données, crédit scoring, et la finance digitale
  • Finizens, appli gestionnaire de placements automatisés
  • Indexa Capital, plateforme d’investissement
  • MyTripleA, plateforme de crowdlending pour les entreprises espagnoles  

Financements et levées de fonds:

  • Le top 10 des deals de Fintech espagnoles en 2017 représente un total de 116,9 millions de dollars. C’est l’équivalent de 96% des investissements faits dans les Fintech espagnoles en 2016. A titre de comparaison, 318 millions d’euros ont été levés par les Fintech françaises, représentant une croissance de 84%, sur la même année.
  • 46% des investissements en 2017 se sont faits auprès des Fintech spécialisées dans la donnée ; 27% dans les plateformes d’investissement ; et 16% dans les Fintech spécialisées dans les transactions immobilières.
  • Top 3 des levées de fonds en 2017 : IDFinance (50 millions de dollars) ; Fintonic (27,9 millions de dollars) ; SpotaHome (16 millions de dollars)

Influenceurs espagnols à suivre :

Sources :

http://www.finnovating.com/

http://www.expansion.com/

https://www.forofintech.com/

https://estrategafinanciero.com/

http://asociacionfintech.es/

Carte Fintech Espagne - Juillet 2018
Carte des Fintech espagnoles classées par catégorie - Juillet 2018 par Finnovating

🇮🇹 ITALIE

Ecosystème Fintech italien :

  • En 2017, sur un total de 7200 startups innovantes en Italie, on comptait 235 Fintech.
  • Bien que l’Italie n’est pas un acteur majeur de la Fintech dans le monde et en Europe (le Wall Street Italia parle même de l’Italie comme le queue de peloton de l’Europe) , pour la première fois en 2017, Deloitte a inclue le pays dans son classement des Hub Fintech mondiaux.
  • Milan est classée comme la ville où les startups et en particulier les Fintech ont le plus de chance de naître et se développer.
  • En décembre 2017 s’est créé Assofintech qui regroupe les entreprises Fintech et Insurtech en Italie.
  • En mars 2018 est né le premier groupe de lobby ItaliaFintech qui a pour objectif d’alimenter le dialogue avec les institutions et les branches traditionnelles.
  • 88% des CEO des Fintech italiennes sont des hommes (2016).

Secteurs les plus représentés :

  • Le crowdfunding est le secteur le plus largement représenté chez les Fintech italiennes.
  • Ensuite, on trouve l’Asset Management et les paiements.

Fintech italiennes à suivre :

  • Sardex : plateforme d’économie collaborative
  • Satispay, plateforme de micro-paiements sans carte
  • FinScience : logiciel de récolte et d’analyse de données pour les établissements financiers
  • GreenAddress : portefeuille de gestion des Bitcoin
  • Soisy : plateforme de prêts aux particuliers

Financements et levées de fonds :

  • 33,6 millions d’euros investis dans les Fintech italiennes en 2016 (soit une augmentation de 80% en comparaison à 2015).
  • En 2016, 45% des Fintech avaient reçu des financements.
  • L’Italie reste le 12ème pays en Europe en termes d’investissement dans les Fintech (derrière la Belgique, la Finlande et l’Espagne)
  • La plus grosse opération d’investissement en Italie est de 16 millions d’euros pour la Fintech MoneyFarm
  • Parmi les principaux investisseurs dans les Fintech italiennes, on retrouve : Innogest Capital, United Ventures, Italian Angels for Growth, H-Farm, etc.

Influenceurs italiens à suivre :

  • Matteo Rizzi, investisseur Fintech, co-fondateur de Innotribe et de FinTechStage
  • Matteo Carbone, fondateur et directeur de l’Osservatorio Connected Insurance et influenceur mondial Insurtech
  • Claudio Bedino, co-fondateur d’Oval Money et de Starteed
  • Andrea Silvello, serial-entrepreneur et co-fondateur de Digital Tech et de Neosurance
  • Fabrizio Villani, Head of Growth chez Fintastico

Sources :

https://www.pwc.com/it/it/industries/fintech/docs/2017-fintech-report.pdf

http://www.ilsole24ore.com/

http://smartmoney.startupitalia.eu/

http://www.wallstreetitalia.com/

http://www.italiafintech.org/

http://assofintech.org/

StartupItalia - Chiffres de la Fintech en Italie
Chiffres de la Fintech en Italie - avril 2018, StartupItalia