Depuis deux ans, les acteurs majeurs de la banque et de l’assurance portent un intérêt grandissant à la blockchain : les possibilités offertes par cette technologie s’annoncent en effet  immenses pour ces établissements financiers à la recherche de solutions pour développer des produits innovants. Mais la blockchain est-elle réellement la solution à tout ? Quand son utilisation est-elle pertinente ? Quelles voies s’offrent aux établissements financiers ? Quelle collaboration possible avec la FinTech ?

Blockchain : sortir du syndrome « Shiny New Toy »

La blockchain est une technologie relativement récente qui en est encore aux prémices de son application dans des cas d’usage réels et concrets. Si les tentatives de développement de Proof of Concepts (PoC) impliquant la blockchain sont nombreuses, à ce jour, on en dénombre peu ayant débouché sur des applications en production. Sous prétexte que la blockchain est une innovation technologique « disruptive » qui bénéficie d’un important « buzz » médiatique, les entreprises ont tendance à vouloir l’employer à tort et à travers, allant parfois jusqu’à en oublier leur réelle problématique : c’est le syndrome « Shiny New Toy ».

Si vouloir faire de la blockchain pour « faire de la blockchain » conduit immanquablement à l’échec, en revanche, identifier un besoin client pour lequel la technologie blockchain constitue une réponse appropriée se révèle être une approche plus pertinente.

 

S’associer avec un partenaire pour se concentrer sur son expertise

Pour sortir du syndrome « Shiny New Toy » et aller vers des applications concrètes, les établissements financiers doivent s’appuyer sur l’expertise technologique de FinTech spécialisées dans la blockchain afin de mieux se concentrer sur les enjeux métiers. La technologie des registres distribués est relativement récente et une prise de recul est nécessaire pour en appréhender tous les aspects et identifier les cas d’usage pertinents. Cette association avec les FinTech permet une véritable création de valeur : les établissements bancaires et les compagnies d’assurance offrent une connaissance des processus métiers, une large base de clientèle et une solide capacité de financement, là où les FinTech apportent innovation technologique et dynamisme.

La levée de fonds de 7 millions d’euros mi-2017 par la start-up Stratumn auprès d’acteurs de la finance (Open CNP, Otium, Nasdaq, Digital Currency Group) est un parfait exemple des apports mutuels de ces deux types d’acteurs: plus que de l’investissement, c’est l’occasion pour ces entreprises de sceller un partenariat stratégique avec cette FinTech. Une dizaine de cas d’usage ont déjà été menés autour de leur technologie, qui optimise et sécurise les échanges de données entre acteurs d’un même secteur. De cette façon, les associations de toutes sortes se multiplient. Autre exemple, dans le secteur de l’assurance, le partenariat entre, d’une part, une grande compagnie d’assurance française et, d’autre part, la FinTech lilloise Utocat associée à Julhiet Sterwen, cabinet de conseil en stratégie et management, a permis, grâce à la technologie des « Smart Contracts », de développer une assurance paramétrique, 100% automatisée, contre les retards d’avion.

Quelles perspectives ?

Les établissements financiers sont de plus en plus convaincus des opportunités qu’offre la blockchain sur leurs activités et produits et de nombreux investissements ont été réalisés ces deux dernières années dans des projets liés à la  technologie des registres distribués.

Cette tendance va sans aucun doute se renforcer en 2018. Mais pour que les projets à venir soient couronnés de succès, le choix de la bonne approche méthodologique et du bon partenaire reste primordial.

Cet article a été écrit par Marion Pavillard : consultante chez Julhiet Sterwen, passionnée par les nouvelles technologies et l’innovation.