Pour les acteurs financiers traditionnels, la plus grande menace vient des géants de la technologie comme Amazon, Facebook et Google ou GAFA. C’est ce qu’a révélé le rapport du World Economic Forum ou WEF.

Les entreprises technologiques jouent les perturbateurs dans le secteur bancaire

L’on pensait que l’arrivée des fintechs dans la finance sonnait le glas des grandes banques. Pourtant force est de constater que malgré le bouleversement qu’elles ont produit en apportant une réelle innovation dans un domaine vieux comme le monde, elles sont encore loin d’accumuler d’énormes parts de marché.

Non, le vrai danger vient des grandes entreprises du web comme Amazon, Facebook et Google. Pour quelles raisons ? Pour l’heure, les entreprises financières à l’instar des assureurs et des banques de Wall Street s’appuient sur ces géants de la technologie pour leurs compétences stratégiques sensibles, a expliqué Jesse McWaters, auteur principal de l’étude WEF.

En effet, les banques traditionnelles sont à la traine par rapport aux grosses pointures de la technologie. Surtout dans les domaines des progrès technologiques rapides, du cloud computing, de l’intelligence artificielle et de l’analyse des big data.

L’exemple d’Amazon

Actuellement, Amazon est la plus grande menace et joue les paywall des services financiers avec son entreprise de cloud computing « Amazon Web Services ». En partenariat avec des sociétés comme Capital One, JPMorgan et la fintech de démarrage Xignite, Amazon Web Services s’appuie sur le stockage et le traitement des coordonnées bancaires de ses clients enregistrées sur leur compte Amazon pour leur proposer des offres commerciales ciblées et personnalisées.

Amazon va encore plus loin en parrainant le Pavillon des Innovateurs de l’IFA. Un évènement qui récompense les startups qui proposent des solutions innovantes pour le marché des produits dérivés.

Facebook est également en train de tirer son épingle du jeu. Comment ? Le numéro 1 des réseaux sociaux met à la disposition des banques traditionnelles des applications qui leur permettent de faire différentes transactions financières. Mais ce n’est pas tout. Les acteurs financiers peuvent utiliser l’analyse de données de Facebook pour proposer des offres dédiées à leurs clients.

Qu’est-ce que les GAFA ont à gagner ?

D’une part, en s’appuyant sur ces mastodontes de la technologie, les banques leur offrent leurs riches bases de données sur un plateau d’argent. Et ces derniers n’hésitent pas à les exploiter pour améliorer leurs offres via le big data. D’autre part, la dépendance des acteurs traditionnels leur donne la possibilité de s’attaquer à des segments de la finance. Pour preuve, Amazon joue déjà les banquiers. En proposant des crédits aux commerçants via sa plateforme, en plus de son service de paiement en ligne.

Comment s’y prend-elle ? Selon le rapport WEF, le géant américain utilise les courbes de vente pour mesurer le taux de défaillance de chaque commerçant. Pour l’heure, Amazon a accordé plus de 3 milliards de dollars de prêts. Par ailleurs, elle est en train d’agrandir son offre. Toutefois, en cas de défaut de paiement, la plateforme peut réduire le nombre de vendeurs.

En s’attaquant à des segments clés de la finance, les GAFA mettent à mal l’avenir des acteurs traditionnels. Néanmoins, ils restent encore à la limite de la finance. La lourde règlementation qui régit le secteur financier en est l’une des raisons. Sans compter que l’étude des comportements anticoncurrentiels, ainsi que la bonne utilisation des informations sur les clients soulèveraient des interrogations délicates. En effet, les clients pourraient ne pas vouloir confier leurs données personnelles à de grandes entreprises technologiques, estime Jesse McWaters.

Après la musique, la presse et le commerce, les GAFA s’attaquent à la finance. Le train est déjà en marche.