Depuis quelques années, l’apparition de l’entreprise numérique métamorphose la gestion des risques dans chacun de ses domaines : cybersécurité, fraude, ventes, achat, juridique, sécurité, ressources humaines, etc. Les référentiels qui encadrent le pilotage des SI, de l’audit et du contrôle internes, connaissent une modification sans précédent. Cette situation provoque de nouvelles incertitudes et complexités et entraîne un bouleversement de la couverture assurancielle du risque.

Le cyber, un bon exemple pour se risquer à l’IA et à la Blockchain ?

Si la prise en considération de situations préalablement identifiées participe majoritairement de la gestion de risque, la généralisation des FOVI ainsi que celle des attaques cyber – généralisations pourtant annoncées, et même confirmées, par l’actualité récente – démontre cependant que les entreprises n’étaient pas suffisamment préparées à un tel niveau d’industrialisation des malveillances informatiques.

Le caractère systémique du risque et de ses mutations polymorphiques oblige les professionnels de la gestion à produire rapidement une réponse appropriée. Or, les outils traditionnels semblent atteindre leurs limites techniques et le besoin d’une solution corrélée à la nature du problème se confirme désormais.

Les caractéristiques de l’Intelligence Artificielle (I.A.) – rapidité, profilage big data, auto-apprentissage adaptatif – et de la Blockchain – pérennité, sécurité, bases de données distribuées – sont exactement conçues afin de répondre aux nouvelles contraintes imposées par cet environnement récent : car l’I.A. comprend, apprend, évolue. Elle suggère, étant capable de créativité, des solutions nouvelles et inattendues. Elle produit des résultats surprenants. La Blockchain, quant à elle, sécurise les transactions et rend l’expérience client plus dynamique.

Dynamiser la souscription

Par une étude efficace de vastes quantités de données, l’I.A. produit des critères additionnels afin de déterminer plus rapidement de nouveaux axes d’analyse plus profonds et plus complets. Elle accompagne la souscription par une approche dynamique de l’attribution des primes, favorise les ventes croisées et l’augmentation du service apporté aux assurés. Elle conseille techniquement les acteurs chargés de la souscription et de la commercialisation des produits et automatise les étapes de reporting.

L’expérience client et la personnalisation de la couverture sont essentielles à la souscription. L’I.A. permet une expérience d’achat automatisée et transparente, en utilisant des chatbots qui peuvent tirer parti des données géographiques et sociales des clients pour des interactions personnalisées. Les opérateurs d’I.A. permettent également aux utilisateurs de personnaliser la couverture pour des éléments et des événements spécifiques (connus sous le nom d’assurance à la demande).

Toujours dans ce contexte d’assurance à la demande, les caractéristiques techniques de la Blockchain offrent de nombreuses possibilités. C’est en temps réel, en effet, qu’elles répondent aux souhaits des clients par des cotations évolutives. La souscription immédiate est favorisée du fait de la transparence et du figement des facteurs de détermination de la prime.

Renforcer l’analyse des risques méconnus en assurance

Les actuaires dont le travail en équipe enclenche une synergie créative forte, sont des professionnels qui disposent déjà, du fait de leur expérience et de leur esprit de synthèse, d’un sens aiguisé de l’analyse. Leurs missions qui consistent à mettre au point les règles et barèmes de tarification applicables à chaque catégorie de risques afin de définir les conditions de rentabilité économique et financière des contrats, sont considérablement facilitées par l’usage des capacités cognitives de l’IA.

La valeur ajoutée de l’I.A. permet d’apporter des conseils individualisés dans l’analyse de cas et d’améliorer les modèles de risque. Cela entraîne mécaniquement une réduction du capital provisionné pour de futurs sinistres, et personnalise les approches clients par la constitution de portefeuilles clients avec une corrélation de risque négative. L’analyse des procédures internes accélère les étapes d’étude et réduit les coûts de production.

L’analyse prédictive extrapole les tendances contenues dans des données de masse afin d’apporter des estimations plus précises des évolutions futures. Elle fournit aux clients des plans individualisés et des stratégies pour réduire les risques. Elle aide les tiers, tels que les médecins, à combattre les risques avant qu’ils se concrétisent.

Une répartition des informations dans la Blockchain permettrait d’envisager une prise en considération des évolutions de l’objet du contrat (ce qui est assuré) dans son environnement en temps réel. Cette caractéristique apporterait non seulement des informations contextuelles utiles à l’analyse mais permettrait également de concevoir des solutions qui s’adapteraient en fonction de l’usage.

Un exemple dans le domaine des assurances automobiles (connues sous le nom d’assurance basée sur l’utilisation) prendrait comme base la tarification comportementale.  Après consentement des utilisateurs, des capteurs fourniraient des données personnalisées aux plateformes de tarification. La compagnie pourrait proposer des primes réduites aux conducteurs les plus prudents.

Automatiser la gestion des sinistres et réduire les fraudes

Par l’industrialisation des processus, par la réduction des délais, par une utilisation massive des bases historiques, par une identification anticipée des facteurs de risque et par des suggestions qui remontent aux services de gestion de sinistres, l’I.A. analyse les schémas de fraude ainsi que les similitudes pour évaluer les réclamations susceptibles d’être frauduleuses. Elle compare en outre la qualité et le prix des fournisseurs. Elle interagit entre les clients et les systèmes automatisé de communication (robots).

Le paiement des sinistres est un élément sensible pour les compagnies et leurs clients. L’I.A. déclenchera un règlement plus rapide et personnalisé des réclamations. Les interfaces en ligne et les experts d’assurance virtuels rendront plus efficace le règlement des sinistres à la suite d’un accident, cela tout en diminuant la probabilité de fraude. Les clients seront également en mesure de choisir les primes (connues sous le nom d’assurance peer-to-peer (P2P) qui seront utilisées pour payer leurs réclamations

 

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