Insurtech, quels sont les axes porteurs de croissance ?

Contrairement à d’autres domaines où la technologie a réussi à s’imposer dans des secteurs que l’on pensait ultras conservateurs, l’Insurtech a vécu un début timide. Cependant, certaines startups semblent avoir trouvé le bon filon de sorte que les investissements ont fait un bond considérable. Qu’est-ce qui a provoqué cette montée en flèche ? Quels sont donc ces axes porteurs de croissance dans l’Insurtech ?

La gestion des sinistres, un secteur porteur !

La prudence a été particulièrement présente dans le développement de l’Insurtech. Il faut dire que la recherche de valeur n’a pas été des plus évidentes. L’étude réalisée par Willis Towers Watson, un éminent cabinet de courtage et de conseil, révèle aujourd’hui que la gestion des sinistres s’affiche comme le module le plus prometteur.

Selon son CEO, Rafal Walkiewicz : « … l’accent pourrait être mis davantage sur la gestion des sinistres et moins sur d’autres fonctions comme la distribution, la souscription et la gestion de capital ».

Et pourquoi la gestion des sinistres ? Cet aspect du métier génère des interactions capitales entre les clients et les assureurs. En découlent de précieuses données et des opportunités indispensables pour diversifier les risques.

« Le fait de pouvoir tirer les enseignements de ces échanges à l’aide d’outils technologiques, développés en interne ou dans le cadre de partenariats ou d’acquisitions, sera à l’avenir une source de différenciation essentielle pour les acteurs historiques du marché », ajoute encore le numéro 1 de Willis Towers Watson.

Autre axe potentiellement porteur : les plateformes d’accompagnement, à l’image de Sozen. Elles s’adressent d’abord aux professionnels, c’est-à-dire aux assurances, mutuelles et prévoyances. Les offres financières personnalisées forment aussi un pôle prometteur. En effet, au-delà de la branche indemnisation des compagnies d’assurance et mutuelles, d’autres départements présentent une belle cohérence entre attractivité et niveau d’activité.

248 % d’augmentation des investissements dans l’Insurtech sur le deuxième trimestre 2017

Ce chiffre publié par Willis Towers Watson dans son rapport trimestriel reflète l’intérêt que portent les investisseurs à l’Insurtech. À travers le monde, 64 transactions qui s’élèvent en tout à 985 millions de dollars ont été enregistrées entre avril et juin 2017. Bien plus qu’au premier trimestre qui n’en a comptabilisé que 38 ! Le nombre et les sommes investies atteint des sommets.

Un signe que la révolution est en marche ? En tous cas, les Venture Capital et autres business angels qui étaient jusque-là prudents commencent à entrevoir un bel avenir à travers ces startups novatrices. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en quelques années, elles ont foisonné. Toutefois, toutes celles qui se sont lancées n’ont pas rencontré le succès escompté. Et pour être francs, très peu ont réussi à percer dans le monde de l’assurance et la réassurance. La concurrence est rude, notamment entre les assureurs traditionnels, les courtiers en ligne et les jeunes pousses insurtechs.

Vers l’optimisation et automatisation des process de gestion des sinistres

Le temps et la simplification des démarches, ce sont les principaux points sur lesquels la technologie va pouvoir révolutionner le secteur. L’enjeu ? La satisfaction des clients. Ainsi, la résolution d’un sinistre en instantané (via le téléphone de l’assuré par exemple) est LA piste qu’il faut nécessairement explorer. Les assureurs quant à eux gagneraient financièrement à automatiser leur process.

Andrew Newman (President, Global Head of casualty & CEO Alternative Strategies chez Willis Re, référence mondiale en matière de courtage en réassurance) précise : « Les 985 millions USD investis dans les InsurTechs au deuxième trimestre 2017 sont une nouvelle preuve de la mutation en cours dans le secteur. Qu’elle augure une phase de perturbations ou de nouvelles opportunités dépend essentiellement de la perception de la position de chaque entreprise dans la chaîne de valeur de l’assurance. Ce n’est pas la technologie qui est “disruptive”, mais la capacité de chaque acteur à l’exploiter plus ou moins efficacement ».

Plus que jamais, les indicateurs sont au vert pour l’Insurtech. Souhaitons que cela enclenche un développement et une croissance pérennes pour les startups qui y ont cru et qui y croient.