Avec AlphaGo qui a battu le champion du monde de go, et Watson qui a réussi l’exploit de diagnostiquer une leucémie rare au Japon en 15 secondes, l’intelligence artificielle est annoncée comme la prochaine révolution industrielle. Et à voir la progression impressionnante des investissements réalisés dans l’IA, il n’y a aucun doute là-dessus. Serena capital, la société d’investissement européenne a décortiqué pour nous en chiffres le chemin parcouru par l’intelligence artificielle depuis les trois dernières années.

Les startups européennes de l’IA ont la cote

Selon le rapport de Serena Capital, l’Europe comptait 2800 jeunes pousses en 2016, dont 271 sont spécialisées en intelligence artificielle et en data. En un an, ces startups ont connu une augmentation de 230 % puisqu’elles étaient au nombre de 58 en 2015. En termes d’investissement, ces fintechs ont récolté au total 774 millions de dollars contre 611 millions de dollars en 2015. Soit 10 % des fonds levés par l’écosystème fintech en 2016 (10 milliards de dollars, NDLR).

Dans les détails, les fintechs britanniques, françaises et allemandes ont été les plus dynamiques. Sans grande surprise, le Royaume-Uni figure au top 1 des investissements avec 388 millions de dollars levés. 120 % de plus par rapport à 2015. Suivi par l’Hexagone avec 118 millions de dollars, soit une augmentation de 70 % par rapport à l’année précédente. Outre-Rhin, les investissements dans l’IA ont atteint 91 millions de dollars, contre 84 millions en 2015.

En France et en Allemagne, ce sont les fintechs de l’IA en phase de démarrage qui ont le plus séduit les investisseurs. Dans les faits, 215 millions de dollars ont été injectés dans les 171 fintechs en early stage contre 58 en 2015, soit 5 millions de dollars environ pour chacune. Au Royaume-Uni par contre, la moitié des investissements concernaient des startups en phase de développement, comme Darktrace, Blippar ou Qubit.

Les secteurs non technologiques se démarquent

Le rapport de Serena capital montre que le monde commence à se AI-ifier, c’est-à-dire à adopter l’intelligence artificielle avec l’émergence des drones, de la robotique, des chatbots

Contrairement à 2014 et 2015 qui ont vu la montée en puissance des fintechs issues de l’Adtech et du marketing, l’année 2016 a consacré des secteurs non technologiques. Et cela, même si le e-commerce et la relation client sont toujours tendance. Selon toujours le rapport, la santé, l’agriculture, l’environnement et le commerce de détail ont connu un dynamisme sans précédent. En tout, elles ont récolé 120 millions de dollars, répartis comme suit. 68 millions pour la santé en rapport avec les découvertes de médicaments. 22 millions dans l’agriculture pour l’optimisation de la production. 21 millions dans l’environnement, principalement pour la collecte de déchets et 9 millions dans le commerce de détail.

Intelligence artificielle et humain : la collaboration est de mise

Toujours selon l’étude de Serena Capital, l’intelligence artificielle ne remplacera pas l’humain. Pour la bonne et simple raison qu’une infime partie seulement de ces startups, moins de 5 % pour être exact, utilisent des technologies capables de répondre et d’agir comme un humain. À travers les contrôle visuel automatisé, réponses automatisées, stratégie de placement algorithmique.

Et puis, tous les experts s’accordent à dire que l’IA et l’humain sont voués à travailler de front. En effet, derrière chaque machine, chaque robot, il y aura toujours un humain aux commandes. Et ce même si certaines tâches peuvent être déléguées à l’IA.

Ces chiffres de Serena Capital en disent long sur l’intérêt que l’IA suscite. Ainsi que la place qu’elle occupera dans un futur proche. Si la finance a ouvert la voie avec les robo-advisors, aujourd’hui, les machine learning et les deep learning ont conquis des domaines scientifiques et sociaux.

 

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