Personne ne peut arrêter le progrès. L’un des plus vieux métiers du monde commence à se moderniser et intégrera bientôt la blockchain dans son processus d’action. Après une phase de test réussie, deux projets ( Iznes et FundsDLT ) vont être déployés au courant de l’année 2018.

Iznes : matérialiser la propriété juridique des titres

Iznes et FundsDLT, ce sont les deux plateformes blockchain qui ont été validées par le secteur assurantiel pour répondre à leur ambition. Celle de minimiser les couts et de donner plus de transparence dans les services de l’assurance.

Iznes a été créée par la jeune pousse Setl avec la collaboration de OFI Asset Management. Cette dernière a effectué des tests de transactions de parts d’OPC (organismes de placement collectif) sur la plateforme pour le compte de deux groupes d’assurance, à savoir MACIF et MATMUT. Des transactions couronnées de succès, s’exclament les responsables de OFI Asset Management.

Par ailleurs, d’autres grands groupes ont également participé à la mise en place de Iznes, dont Groupama AM, La Financière de l’Echiquier, Arkéa Investment Services et La Banque Postale AM. Ce n’est pas tout. D’autres gestionnaires d’actifs vont renforcer les rangs pour soutenir Iznes.

FundsDLT : révolutionner la distribution des fonds d’investissement

FundsDLT est né de la collaboration entre Fundsquare, KPMG et InTech. Testée en juin 2017 par Natixis Asset Management et BNP Paribas, la plateforme s’appuie sur une blockchain qui utilise l’Ethereum pour traiter les opérations de souscriptions et de rachats de parts de fonds. « La volonté, malgré un processus de distribution qui compte de nombreux intermédiaires, est de rapprocher l’investisseur de l’asset manager, de fluidifier le processus et de créer d’importants gains en efficience et une réduction des couts », a annoncé Saïd Fihri, associé au sein de KPMG Luxembourg.

Son but ? Permettre aux acteurs de l’industrie de fonds (investisseur et asset manager, distributeur, dépositaire central de titres, agent de transfert…) d’accéder et partager en temps réel toutes les informations relatives à la distribution des fonds d’investissement afin d’améliorer les services de l’assurance : réglementation, smart contracts, KYC, etc.

Deux projets, deux points de vue

Si les deux plateformes tendent vers le même but, leur processus de mise en œuvre n’est pas le même. En effet, Iznes entend garder le circuit classique pour le paiement des parts de fonds. Son objectif est de réduire les risques lors des conversions des euros en tokens. Mais elle permet de matérialiser la tenue du registre du passif des OPC via le registre Iznes.

FundsDLT de son côté se veut être un écosystème blockchain — et non un simple outil — pour accélérer la distribution. Comment ? En installant une plus grande fluidité de ce processus. Et en réduisant de manière conséquente les démarches administratives et de légalité. D’ailleurs l’échange de parts de fonds non cotés a été testé sur FundsDLT par le régulateur français pour légiférer la plateforme de blockchain.

« La solution Iznes s’avère in fine plus [révolutionnaire], car elle vise à s’affranchir d’une partie significative des intermédiaires tiers de confiance. […] La solution FundsDLT est plus traditionnelle dans sa conception, s’appuyant sur l’ensemble des intermédiaires garants du modèle actuel luxembourgeois de souscription-rachat », a estimé Pascal Kœnig, associé chez Deloitte. Mais un bon point pour FundsDLT. La plateforme est compatible et interopérable avec d’autres plateformes blockchain, entre autres Fund Link, une plateforme blockchain développée par BNP Paribas début 2017 en partenariat avec AXA IM.

L’une ou l’autre plateforme a reçu l’aval des grands groupes pour apporter un second souffle à la gestion d’achats. Reste à convaincre les acteurs de l’assurance de les adopter. Une phase qui prendra du temps et nécessitera énormément de communication a indiqué Jean-François Marchand, directeur commercial France de SGSS. Il s’agit de l’un des groupes qui a pris part au test d’Iznes, NDLR.

 

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