Selon une étude réalisée par PwC, plus de 56 % des assureurs mondiaux estiment que l’insurtech menacent 20 % de leurs chiffres d’affaires. Une situation alarmante qui ne laisse pas les concernés indifférents. C’est ce qu’a révélé l’étude de KleinBlue Partners intitulée « Les assureurs face aux insurtech et aux acteurs innovants ».

Les assureurs investissent dans des insurtech

15 grands acteurs traditionnels mondiaux ont fait l’objet de cette étude. Étude qui a révélé que tous ces grands groupes ont déjà investi dans des insurtech de diverses catégories. Sur les 15 répondants, 10 ont utilisé des fonds internes ou corporate VC. Les 5 restants ont opté pour les fonds délégués.

Parmi les rachats et les investissements les plus marquants : la participation de CNP Assurances dans l’insurtech Alan ou encore le Crédit Mutuel Arkéa qui est entré au capital de Fluo avec un ticket de 2 millions d’euros et de Yomoni avec 5 millions d’euros.

À titre d’exemple, le grand groupe AXA a investi 230 millions d’euros dans les insurtechs et les acteurs innovants : 200 millions d’euros dans le fonds Partech Growth et 20 millions d’euros dans le fonds Prêtons ensemble, entre autres. Maif Avenir a investi 125 millions d’euros. Signe que les grands groupes ont compris la réinvention de leur métier.

La collaboration : la stratégie des assureurs pour ne pas tomber sous la coupe des insurtechs

Si les jeunes pousses ont des idées plein la tête, et la fraicheur nécessaire pour innover le domaine de l’assurance, les acteurs traditionnels possèdent de gros fonds et des clients non négligeables. Il est évident que l’un ne peut vivre sans l’autre. Une collaboration entre les deux entités est donc la suite logique de la guerre du début.

Dès 2014, des collaborations entre assureurs et insurtechs commencent à voir le jour avec les Villages by CA et le Hackaton AXA avec l’École 42 ainsi que les programmes AXA Partners & AXA Digital.

Partnerships, entre autres. Les raisons ? Les insurtechs n’ont pas leur pareil quand il s’agit de marketing, ventes et fraude. Pareillement pour les nouvelles technologies comme le Big Data ou l’intelligence artificielle. Et les assureurs ne veulent pas rater cette opportunité de profiter de leurs expertises et de la force de leur SI pour sortir du lot. Les fonds innovation se multiplient : accélérateur Allianz, fonds AXA, Programme des pôles d’innovation WAI de BNP Paribas, Incubateur Covéa Habitat connecté, etc.

Les partenariats et les co-innovations entre assureurs et insurtechs montrent à quel point ces derniers sont incontournables dans le processus de digitalisation des acteurs traditionnels.

La compétition : une option qui ne convainc pas les assureurs

À part Allianz et la MAIF, les cas de compétition directe entre assureurs et insurtech restent rares. Plutôt que d’entrer en concurrence avec les nouveaux acteurs, les grands groupes préfèrent créer une insurtech interne : « Lyfe », la plateforme digitale de services aux assurés lancée par CNP Assurances, Qare et Padoa du groupe AXA en sont des exemples.

De toute façon, l’heure est à l’investissement. Selon toujours l’étude de KleinBlue Partners, les assureurs prévoient d’investir entre 1,5 et 2 milliards d’euros dans l’innovation. 5 grands groupes parmi les répondants sont des leaders : niveau très élevé des montants des fonds, de la collaboration, de l’innovation interne et de la maturité digitale. 2 sont des early followers (niveau élevé). 6 sont des followers (niveau peu avancé ou modéré) et 2 sont des late adopters (niveau limité ou faible).

Stratégie insurtech : conseils de pros

Réussir sa stratégie insurtech et sa transformation digitale, cela ne s’improvise pas. Il faut d’abord commencer par une niche ou un type d’insurtech (courtiers assurance vie, service aux assurances et courtiers…) pour optimiser la compétence des startups incubées. Ensuite il faut définir une stratégie pour détecter les insurtechs les plus prometteuses et les attirer. Instaurer une veille insurtech surtout B2B est la stratégie la plus indiquée. Mais avant il faut organiser des pitchs, des hackatons, etc. En cas de création d’insurtech internes, il faut veiller à les autonomiser au maximum.

Bref, rien ne sert de se précipiter, tout vient à point à celui qui sait attendre.