A l’occasion de Bordeaux Fintech, nous avons eu la chance d’interviewer Vincent Ricordeau, le fondateur de KissKissBankBank. Retranscription de cette entrevue.

Je m’appelle Vincent Ricordeau et j’ai fondé KissKissBankBank, le leadeur européen du financement participatif. Notre plateforme permet de mettre en relation des porteurs de projets, et des personnes souhaitant les financer. 

KissKissBankBank fait partie des pionniers de la Fintech : nous sommes né en 2009 à un moment où le mot « fintech » n’existait pas, où le mot « crowdfunding » n’existe pas non plus, d’ailleurs. Du coup, en tant qu’anciens du secteur, on trouve ça assez cool de continuer à aider et à participer aux évènements qui regroupent aujourd’hui une partie des acteurs de la Fintech. Pour échanger, pour déceler des innovations, des gens qui ont une vision différente de la nôtre.

Lorsqu’on est une fintech, il faut savoir se réinventer tout le temps. Nous avons donc inventé et créé avec d’autres en parallèle : le système de troc, de don/contre-don. Sur KissKissBankBank, on finance des projets artistiques, culturels, où les gens font des dons et reçoivent en échange un CD dédicacé, une pièce de théâtre…

Depuis, la Fintech s’est beaucoup financiarisée.

On a décidé de suivre le mouvement, au lieu de le créer cette fois, en montant des plateformes où les gens peuvent investir aujourd’hui dans les entreprises.

Aujourd’hui avec nos plateformes, les clients peuvent ainsi investir de l’argent dans des TPE, des PME, de l’artisanat, du commerce, des énergies renouvelables, même de l’immobilier. Les gens reprennent le pouvoir sur leur argent, reprennent le pouvoir sur leur épargne en investissant en direct dans les entreprises.

On est dans cette phase-là, on continue à essayer de proposer un maximum d’outils à nos porteurs de projet. Nous, du côté de KissKissBankBank, on finance des projets culturels, artistiques, technologiques avec la logique du don/contre-don. On a une autre plateforme où on finance des projets perso, des mariages, des études, des permis de conduire, qui s’appelle « Hellomerci ». Ce sont des petits prêts entre amis. C’est-à-dire, j’emprunte 200 € à ma communauté pour financer mon permis et je rembourse ma communauté sur 12 mois, et la plateforme s’occupe des virements et des prélèvements, etc. Puis la troisième plateforme, qui s’appelle « Lendopolis » propose à nos porteurs de projets d’utiliser soit des prêts, soit des minibons, soit des obligations, soit des actions.

Donc, du coup, on a sur nos trois plateformes, toute la panoplie des outils qu’on peut donner à disposition des porteurs de projet pour crowdfunder leur projet.

Pour nous aider à développer tout ça, on vient de se marier avec La Banque Postale. On a ainsi vendu KissKissBankBank et ces autres plateformes à la Banque postale, qui va nous permettre d’accélérer la distribution de nos offres et de nos services en direction du grand public. Avec une vision différente, avec plein d’avantages au niveau trésorerie, puissance financière, marketing, distribution. Mais aussi avec d’autres inconvénients : de la politique, des décisions plus longues, un manque d’agilité.

Donc, on va vivre cette deuxième phase qu’on vient d’entamer avec beaucoup d’excitation et beaucoup d’impatience.

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