Il ne se passe pas une semaine sans que les robo-advisors occupent la une de l’actualité. L’étude du cabinet américain A.T Kearney estime qu’ils vont constituer 5,6 % des fonds épargnés à l’horizon 2020. Les robo-advisors, un passage obligé pour les gérants d’actifs ?

Robo-advisors, une opportunité ou une menace pour les gérants d’actifs ?

En empiétant sur la plante-bande des gestionnaires d’actifs, les robo-advisors leur enlèvent des parts de marché, c’est un fait. Selon une analyse d’Exeis Conseil, les robo-advisors vont connaitre un taux de croissance moyen annuel de 150 % dans les 3 prochaines années. Et représenter 8 à 10 % d’un marché estimé à 80 à 100 trillions de dollars.

Pour l’heure, cette technologie n’en est qu’à ses prémices en Hexagone — ce qui n’est pas le cas outre-Atlantique — représentant ainsi 120 millions d’euros. Néanmoins, les robo-advisors sont prometteurs dans la gestion d’actifs. Quelques gérants d’épargne numérique comme Yomoni, Marie Quantier… et des banques en ligne telles que Boursorama ont déjà intégré ces logiciels dans leur processus.

Les acteurs traditionnels, eux, commencent à prendre conscience de l’opportunité offerte par les robo-advisors. De grands groupes comme Charles Schwab (aux États-Unis) ou BNP Paribas ont fait de ces programmes leur carte maitresse pour séduire une nouvelle clientèle. Ainsi, ils ont mis en place des services de robo-advisors ou investissent dans des fintechs utilisant cette technologie.

Dans quel but ? L’automatisation des opérations — souscription de contrat, suivi des portefeuilles, choix d’investissement (avec l’accord du client) — permet de réduire les couts de la gestion de l’épargne et du patrimoine. Deux fois moins cher que les acteurs traditionnels chez Yomoni. Et cibler une nouvelle classe d’actifs, notamment les jeunes et les personnes à faible revenu.

Par ailleurs, le cabinet A.T Kearnney a mis en exergue un point important : 20 % des clients des acteurs traditionnels savent ce qu’est un robo-advisor. D’évidence, c’est l’avenir des gérants d’actifs.

Les petits et moyens investisseurs sont les premiers à profiter des robo-advisors

En effet, avec un capital de départ de 1 000 à 10 000 €, ils pourront proposer des services de gestion de fortune (un domaine auquel ils n’ont pas habituellement accès). L’avantage ? Viser 3 millions de foyers français dont les primo-épargnants (les 30-40 ans qui constituent leur première épargne, NDLR) et ainsi accroitre leurs parts de marché.

En outre, les robo-advisors sont des outils qui accompagnent les petits investisseurs dans leur prise de décisions. De quelle manière ? En mettant en place des processus d’assistance commerciale (basés sur le profil de chaque client), ces acteurs proposeront un service sur-mesure et instaureront un dialogue personnalisé avec leurs utilisateurs, notamment grâce à des applications à base d’IA. La finalité reste celle de proposer les meilleurs placements.

Simples d’utilisation, les robo-advisors optimisent les parcours utilisateurs et constituent un avantage concurrentiel non négligeable.

Dernier avantage, et non des moindres, le cout. L’automatisation de chaque opération permet de réduire les frais de gestion. Ces montants pourront être utilisés dans d’autres domaines comme le conseil, un aspect pertinent de la gestion d’actifs.

Qu’est-ce qui change grâce aux robo-advisors ?

Si l’épargne a longtemps été réservée à une certaine élite, les robo-advisors ont démocratisé cette pratique. En effet, ils permettent notamment de proposer des conseils en gestion de l’épargne et du patrimoine à des clients qui n’ont pas les moyens de s’offrir les services d’un conseiller spécialisé. Le taux de conversion des rendez-vous est donc voué à augmenter de manière significative.

Par ailleurs, les robo-advisors associés aux objets connectés permettront de comprendre les comportements (objectifs, risques…) des clients. Et d’appliquer un tarif plus juste.

Aujourd’hui, le gros challenge est de proposer un service réellement sur-mesure nécessitant une mise à jour systématique du robot.

 

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