Binck, c’est un courtier, une société hollandaise qui a été créée pendant les premières vagues de fintechs dans les années 2000. Elle est ouverte en France depuis 2008 et compte aujourd’hui 60 000 clients en France, 600 000 clients à travers l’Europe. Retranscription de l’interview de Mathieu Ramadier, responsable du développement de Binck.fr.


L’année dernière lors de notre intervention à Bordeaux Fintech, nous avions choisi d’”introduire” la notion de robot-advisoring. C’est finalement devenu quelque chose de très concret pour Binck car nous avons fait l’acquisition en mai dernier de la startup Pritle, renommé depuis « Binck Forward ». L’occasion pour nous de développer notre connaissance client afin de proposer une qualité de service encore jamais atteinte auparavant.

Aujourd’hui, tout le monde connait la définition classique des robo-advisors « site internet qui offre des services auprès des investisseurs et des épargnants français ». Chez Binck, notre approche est plus tournée vers la pédagogie. L’enjeu majeur pour nos clients n’est donc pas forcément le tarif le plus bas, mais surtout la formation et la compréhension qu’on leur apporte. C’est également dans cette logique que nous avons acquis Pritle, il ne s’agit pas d’une logique de fusion ou d’absorption, mais plutôt d’intégration.

Pritle nous semblait particulièrement pertinente, leur technologie était d’ores et déjà aboutie et nous aurions mis des années à la développer en interne. Mais nous avons également bénéficié de cet esprit d’innovation qui fait partie de l’ADN de cette fintech, pour en bénéficier au niveau de la banque. C’est un peu l’histoire du petit remorqueur qui tire le gros paquebot.

Le plus grand risque pour les banques ? Que les fintechs disparaissent !

Chez Binck, c’est vraiment ce qui se passe aujourd’hui, au quotidien. Dans notre façon de travailler, dans notre façon de développer des produits au niveau de la banque, nous avons observé les innovations des fintechs afin d’améliorer notre façon de travailler au quotidien.

Beaucoup de banques se sont posé la question : est-ce que les robo-advisors sont des concurrents ou est-ce que finalement ça peut être des partenaires potentiels ? Binck a très clairement choisi de dire qu’un robo-advisor, c’est un partenaire. Le plus grand risque qu’on pourrait voir sur le marché, c’est de voir ces fintechs disparaître. Ça fait maintenant des années et des années que les banques bénéficient grâce aux fintechs d’une sorte de labo, de R&D, comme les banques n’en ont jamais eu. On n’a jamais bénéficié d’un tel moteur d’innovation.

Ce que font les fintechs aujourd’hui en France doit être soutenu; nous on le voit à travers des partenariats intelligents. Ça peut passer par des prises de participation, des rachats, mais en aucun cas ça ne doit être des absorptions brutales et destructrices de valeurs. Ces jeunes sociétés récentes sont à accompagner, comme, par exemple, Binck a été accompagné dans les années 2000 quand on s’est lancé en tant que fintech.

Briser les frontières grâce au pouvoir des fintechs

Le risque pour Binck, c’est de voir de nouveaux acteurs émerger ailleurs dans le monde. Grâce au pouvoir des fintechs, nous allons pouvoir casser les barrières et les potentielles entrées aux marchés nationaux en France, en Belgique, en Espagne, en Italie, et bien sûr aux Pays-Bas. Pour Binck, le marché de la maison mère.

On est confiant sur le fait qu’en Europe, on a des gens brillants, des talents pour construire des robo-advisor de façon complètement efficace et qui apporteront vraiment de la valeur à nos clients. Le robo-advising, ce n’est qu’une partie des services qu’on peut offrir dans le monde des fintechs. Et la première étape, c’est bien sûr la volonté de déployer cette fintech que nous avons intégrée, la déployer dans le marché où nous sommes présents. Dans un deuxième temps, l’ambition de Binck, c’est de développer une gamme de services pour faire de Binck une vraie plateforme de trading, d’épargne et d’investissement avec de vrais services innovants, à portée de nos clients.

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