Notes de la rédaction

Chaque mois, Marion Nibourel, manager de La Place, prendra la parole sur notre web média Finance mag pour partager sa vision et celle du lieu d’innovation qu’elle représente. Lancé en 2018, La Place est le lieu de rencontres des écosystèmes de la finance innovante, situé au cœur du Palais Brongniart, dans l’ancienne bourse de Paris. Elle regroupe plusieurs centaines d’adhérents professionnels du secteurs et se pose en observateur des tendances, des dynamiques innovantes de la finance. 

Pour commencer, Marion Nibourel nous parle de l’importance de reconnecter toutes les initiatives Fintech qui émergent et se développent en région, afin de créer un maillage profitable à tous et de favoriser les opportunités d’échanges business.

La France peut se vanter d’avoir développé un maillage dense d’écosystèmes Fintech territoriaux, autonomes et puissants, avec un rayonnement régional et transnational. De nombreux & beaux lieux sont nés en régions pour incuber, accélérer, connecter et valoriser les jeunes pousses de la finance, à l’instar de Bressst, B612, French Assurtech, Euratechnologie, l’Accélérateur Allianz, etc. 

Beaucoup de ces initiatives innovantes territoriales sont l’œuvre d’entreprises bancaires qui se dotent de centres d’excellence ou d’accélérateurs, comme Arkéa avec la filière d’excellence BRESSST à Brest et de La Caisse d’Epargne avec le Hub d’accompagnement B612 qui s’étend à présent de Lyon à Grenoble. Ces lieux d’innovation de la finance ratissent souvent plus large que le domaine de la  Fintech, mis à part quelques acteurs comme French Assuretch à Niort, spécialisé sur les startups de l’assurance et la Plateforme 58 de la Banque Postale. Le dynamisme de ces pôles est tel qu’ils sont submergés de demandes d’accompagnement et qu’ils affichent complets aux multiples événements qu’ils organisent. D’un autre côté, de plus en plus de Fintech font le choix de bureaux en régions, comme France Barter à Lyon, AiYo à Bordeaux, Nickel à Nantes, etc. A La Place, nous avons à cœur de valoriser tous ces acteurs de la finance innovante qui agissent et se déploient dans l’Hexagone.

Ce dynamisme ne doit toutefois pas être ralenti par une trop grande segmentation territoriale. Le découpage régional a certes un impact en matière de sourcing mais il peut parfois alourdir le déploiement opérationnel des solutions des Fintech installées en métropoles. Ce n’est pas parce qu’une startup a son siège dans une région qu’elle ne peut pas effectuer d’expérimentation dans une autre. C’est pour cela qu’au-delà de la valorisation des initiatives innovantes, nous sommes persuadés qu’il est aujourd’hui nécessaire de connecter ces écosystèmes : les faire se rencontrer pour provoquer des échanges de bonnes pratiques, pour accélérer les opportunités business, pour aider à la mise en application opérationnelle, etc. Le constat est en effet que ces lieux d’innovation de la finance ont surtout des liens avec la Direction de l’Innovation ou la Direction Métier de leur entreprise mère – pour ceux qui en dépendent. Ces écosystèmes sont peu connectés entre eux : les avancées des différents lieux innovants ne bénéficient pas aux autres, restant ainsi dans une logique de silo. Le déploiement opérationnel des solutions des Fintechs françaises manquant encore de transversalité, les Fintech installées sur le territoire peuvent en subir les conséquences.

A La Place, nous pensons qu’il est temps pour l’écosystème Fintech français, startups, accompagnateurs, experts, de rentrer dans une logique d’échanges et de collaborations. Beaucoup d’initiatives sont nées sur le territoire, avec cette même volonté d’accélérer les solutions innovantes : elles ont tant à se donner et à partager ! A La Place, notre conviction est claire : la force de la Fintech française viendra aussi de sa capacité à se fédérer sur des ambitions mutuelles.

Nous mettons en avant les Insiders qui font la Finance d’aujourd’hui et de demain en leur donnant la parole chaque semaine : nous vous avons préparé un florilège des meilleures citations.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Retrouvez le 1er volet des meilleures citations ici

Edouard Plus, Responsable de l’incubateur du Swave 

Edouard Plus

Faut-il “éduquer les professionnels” ? Oui… oui… et encore oui… Hormis des personnes qui ont un intérêt personnel pour la question ou celles qui partagent le credo que la finance durable est profitable sur le long terme, on trouve encore pléthore de professionnels tout à fait étrangers à ces questions (et qui ne se les posent même pas…). Il faut donc sensibiliser, former et agir.

Edouard Plus

Nicolas Reboud, co-fondateur et CEO de Shine

Nicolas Reboud Shine

Je pense que le business model des banques et assurances doit devenir celui d’un fournisseur de solutions, pour les publics qu’ils ciblent mal aujourd’hui. Et qu’ils s’appuient sur nous, les Fintech, pour distribuer leurs produits.

Nicolas Reboud

Philippe Gelis, CEO et fondateur de Kantox 

Philippe Gelis, Kantox (Brexit)

La majorité des Fintechs que je côtoie au UK n’ont aucune intention de quitter Londres, considérant qu’il n’y a aucun éco-système comparable et donc aucune véritable alternative. Évidemment, la cacophonie politique génère des inquiétudes, mais rien de fondamental.

Philippe Gelis

Raphaël Bloch, journaliste cryptomonnaies et Blockchain aux Echos

Raphael Bloch, Les Echos

On voit qu’au quotidien la barrière se situe au niveau du citoyen lambda : les consommateurs commencent à identifier les cryptomonnaies mais n’en voient pas encore l’utilité. Les choses vont peut être basculer avec des  startups et des grands groupes qui se lancent dans la technologie. La bascule se fera à ce moment-là, si elle se fait

Raphaël Bloch

Sébastien Loubry, Partner et Responsable Business et Communication chez AXA Venture Partners

Sebastien Loubry AXA Venture Partners

Anticipation des besoins, compréhension de modèles alternatifs, rapidité d’exécution sont autant de facteurs qui expliquent la concentration et la différence de rythme dans le développement des Assurtech aux US.

Sébastien Loubry

Christophe Dandois, fondateur et CEO de Leocare

Christophe Dandois - Leocare

Le partenariat avec Google nous a permis d’accéder à un support technique (pour garantir l’UX et la bonne intégration) et une contribution marketing (pour faire levier sur la notoriété), ce qui nous permet d’offrir à nos First-Leos (nos assurés). C’est un intérêt commun pour accélérer l’usage de l’assistant vocal en France.

Christophe Dandois

Patrick de Nonneville, COO October (précédemment Lendix)

Patrick de Nonneville, Lendix

Les Fintech comme Lendix et Happy Capital sont des acteurs non leveragés : nous n’avons pas de risque lié au bilan. Nous ne sommes pas en train d’emprunter de l’argent pour en prêter à d’autres. Si une plateforme perd la totalité de ses prêts, il n’y a pas de conséquence systémique sur le reste du marché. Je trouve ces clichés vraiment étonnants, notamment lorsqu’ils viennent de régulateurs sous des impressions laissées par du lobbying efficace.

Patrick de Nonneville

Bruno Lacoste, Directeur Marketing et Communication MAAF et Président de NiortTech

Bruno Lacoste, Maaf Niort Tech

D’un côté, il faudrait que l’on soit beaucoup plus souple pour accompagner nos clients et d’un autre côté le cadre réglementaire de plus en plus rigide qui nous est imposé. Dans ce cadre-là, le travail avec les Fintech et les startups est une vraie bouffée d’air car elles s’émancipent de ces contraintes-là. Elles développent des solutions de plus en plus rapidement.

Bruno Lacoste

Olivier Gabrielli, responsable de l’innovation et des paiements digitaux chez Mastercard France

Olivier_Gabrielli_Mastercard_objets connectés

Nous parlons des objets connectés comme des plateformes physiques telles les bagues ou téléphones que nous approchons d’un terminal de paiement. Mais il existe également d’autres types d’objets comme les voitures connectées.

Olivier Gabrielli

Florence Karras, fondatrice de Canopsia

Florence Karras - Canopsia

La réalité à laquelle nous nous confrontons, ce sont ces foutues cases. Si vous êtes CDO dans l’assurance, on vous proposera très certainement un autre poste de CDO et probablement dans l’assurance.

Cela convient à certains et pas d’autres. Personnellement, cette idée que ton futur professionnel est la projection linéaire de ton passé me semble plus que inappropriée et à contre courant du monde d’aujourd’hui où l’on est invité à sortir du cadre en permanence.

Florence Karras

Augustin Sayer, Investor Newfund

Augustin Sayer

J’ai tendance à échanger une fois par mois avec d’autres fonds d’investissement sur certains deals, sur les tendances du moments et sur les montants investis. C’est assez fascinant car nos visions sont souvent assez différentes. Il y a toujours un thème porteur, mais pour se démarquer il est nécessaire d’avoir une vision iconoclaste. Ensuite à nous d’être les premiers à l’adopter pour éviter de rater le train.

Augustin Sayer

Marie-Hortense Varin, Partech

Marie-Hortense Varin

Nous aimons surtout réfléchir en amont aux marchés qui nous paraissent avoir le plus grand potentiel de création de valeur pour une Fintech, et ensuite défricher le terrain pour découvrir les startups qui s’y sont positionnées avec des approches innovantes (que ce soit d’un point de vue produit, distribution, marketing…).

Marie-Hortense Varin
L’Assurtech a le vent en poupe : investissements, incubateurs dédiés, partenariats, etc. Et la France n’est pas en reste avec la levée de fonds remarquée d’Alan (23 millions d’euros en juin 2018) ou l’ouverture de l’accélérateur French AssurTech à Niort en début d’année.

Dès les débuts de l’Assurtech, il semble que les initiatives françaises et étrangères aient compris l’intérêt qu’elles avaient à se déployer et à trouver des synergies à l’international. La promesse d’une nouvelle assurance dépasse les frontières et se distingue probablement de sa cousine Fintech, plus sectorisée selon les territoires.

Doit-on forcément parler d’Assurtech à l’international ? Jérémy Jawish, co-fondateur et CEO de Shift Technology (parmi les 3 Fintech françaises du dernier classement 100 Fintech de KPMG) et Sébastien Loubry, Partner et Responsable Business et Communication chez AXA Venture Partners (le fonds d’investissement d’AXA, créé en 2015) prennent la parole.

Ils portent tous deux leur regard à l’international, avec des bureaux, des activités et investissements dans plusieurs grandes villes du monde. Nous avons la chance de faire parler ensemble l’une des Assurtech les plus prometteuses et un des plus grands grands fonds spécialisés en France. C’est parti !

Jérémy Jawish, pouvez-vous vous présenter ? Et présenter les derniers KPIs de Shift Technology ?

@Jérémy Jawish

Je suis Jérémy Jawish et je suis cofondateur et PDG de Shift Technology.  Shift Technology est une Assurtech, nous résolvons le problème de la détection des fraudes dans le secteur des assurances grâce à l’intelligence artificielle. Nous aidons les assureurs à détecter les demandes d’investigation potentiellement frauduleuses en appliquant nos algorithmes. Notre solution, « Force », fournit aux gestionnaires de sinistre des alertes sur ces sinistres en indiquant les informations à l’origine de la suspicion. Notre mission consiste à fournir à nos clients un outil puissant leur permettant non seulement de mieux identifier les fraudes éventuelles, mais de rendre également le processus d’enquête plus efficace.

Nous sommes très fiers et enthousiastes de la trajectoire que prend la société. Depuis notre lancement en 2014, nous avons levé plus de 40 millions de dollars, élargi notre présence à l’échelle mondiale (en ouvrant récemment de nouveaux bureaux à Boston et Tokyo), et signé de nombreux contrats avec plus de 60 assureurs en Europe, en Asie et en Amérique.

Plus récemment, nous avons annoncé un partenariat stratégique aux États-Unis avec le National Insurance Crime Bureau et nous avons signé un contrat avec HyreCar, une société innovatrice dans les secteurs du covoiturage et des assurances.

 

Sébastien Loubry, pouvez-vous vous présenter ? Et présenter les derniers investissements d’AXA Venture Partners ?

@Sébastien Loubry

Je suis Sébastien Loubry, associé au sein du fonds AXA Venture Partners depuis les débuts de l’activité, en charge du business development des sociétés de notre portefeuille et également des relations avec nos limited partners. Mon rôle consiste, une fois l’investissement réalisé, à accompagner et aider nos sociétés en portefeuille à se développer avec AXA et d’autres clients potentiels. A titre personnel, j’ai passé plus de 13 ans dans des fonctions diverses au sein du groupe AXA : direction financière et stratégique, puis marketing et communication ; fort de cette expérience et connaissance du monde AXA, je suis en mesure d’accompagner nos sociétés vers les meilleurs interlocuteurs.

AXA Venture Partners est un fonds d’investissement doté de 500 millions d’euros, lié à AXA dans son financement mais autonome dans son fonctionnement et ses prises de décision d’investissement. Avec des bureaux à San Francisco, New York, Londres, Paris et Hong Kong, nous investissons en minoritaire dans des sociétés en croissance qui opèrent dans les secteurs suivants : Assurtech et Fintech, cybersécurité, santé digitale, SaaS platforms et plus récemment HR (Human Resources) Tech. Nos récents investissements se sont faits dans le domaine de la santé digitale (K4connect, Mindoula) des HR tech (Phenom People, hackajob) et de la cybersécurité (Futurae).

Comment expliquez-vous la concentration de l’activité de l’Assurtech en Amérique du nord ?

@Sébastien Loubry

Les Américains ont très rapidement réfléchi aux impacts que pouvaient avoir certains secteurs sur l’industrie financière. A titre d’exemple, beaucoup d’acteurs dans l’Assurtech aux Etats-Unis se sont inspirés de modèles de distribution ou de parcours clients proches de ce qui se fait dans la distribution (Amazon) ou encore le digital. Lemonade ou Oscar ont principalement travaillé sur l’UX et l’expérience client, apportant ainsi une certaine nouveauté sur le marché. D’autres acteurs comme Verifly par exemple ont travaillé sur l’assurance on-demand, lié à l’usage. Anticipation des besoins, compréhension de modèles alternatifs, rapidité d’exécution sont autant de facteurs qui expliquent la concentration et la différence de rythme dans le développement des Assurtech aux US.

@Jérémy Jawish

L’Amérique du Nord et la région de Boston où se trouvent nos bureaux aux États-Unis possèdent une longue tradition de soutien aux secteurs de l’assurance et des technologies. Je pense qu’il est logique que l’on observe une synergie entre ces deux secteurs, cela crée un écosystème très favorable à l’émergence de la dynamique que vous mentionnez.

Mais, il est également important de souligner que l’Assurtech n’est pas un secteur unique et homogène. Tandis que des entreprises comme Oscar et Lemonade utilisent la technologie pour repenser les produits d’assurance, des sociétés comme Shift se servent de la technologie pour repenser et réinventer le processus d’assurance. Il y a énormément d’opportunités dans cet environnement, et je ne crois pas qu’elles soit nécessairement liées à la géographie. Au contraire, on observe un thème récurrent dans l’innovation dans l’Assurtech, que ce soit au niveau du produit ou du processus, qui est un attachement permanent à l’amélioration de l’expérience client et la suppression des sources de friction engendrées par les dynamiques actuelles du marché comme la transformation numérique.

Pour revenir à la question géographique, en particulier pour Shift, nous sommes extrêmement fiers d’être une startup française reconnue mondialement pour notre travail dans l’intelligence artificielle. Qui sait, peut-être que la prochaine grande révolution Assurtech viendra de Paris !

Anticipation des besoins, compréhension de modèles alternatifs, rapidité d’exécution sont autant de facteurs qui expliquent la concentration et la différence de rythme dans le développement des Assurtech aux US.

Sébastien Loubry

Sébastien Loubry, est-ce que l’état d’esprit des Assurtech américaines est le même que les Assurtech européennes ?

@Sébastien Loubry

Les Assurtech américaines ont probablement pour intention de décloisonner le secteur et de travailler sur l’usage et l’expérience utilisateur. L’approche américaine est très certainement plus orientée sur le client et sur son parcours d’achat, l’assurance n’étant qu’un élément secondaire. L’usage des données et la capacité à tester de nouvelles choses sont également plus développées aux Etats-Unis, facilitant ainsi l’adoption de nouveaux modèles.

 

Comment une Assurtech française peut-elle faire sa place face aux géants américains ou asiatiques ?

@Sébastien Loubry

Les Assurtech françaises ont une carte à jouer aux US, si ces dernières se concentrent notamment sur leur différenciation technologique. La Tech française est de bonne qualité et les universités françaises et grandes écoles sont à l’origine de nombreux talents en la matière. Pour gagner cette bataille, il est également nécessaire que les Assurtech françaises aillent recruter sur les fonctions sales et clients des experts issus d’autres industries dans le e-commerce, la distribution, le digital.

Jérémy Jawish, quels sont les territoires sur le globe où l’Assurtech prend de l’ampleur dernièrement ?

@Jérémy Jawish

Les Assurtech ont commencé aux Etats-Unis comme la plupart des secteurs technologiques et se sont très vite étendus à la Chine. Ce que nous vivons en ce moment est en quelque sorte le réveil de l’Europe qui a traditionnellement été le berceau de l’assurance. Une revanche que nous sommes fiers de porter chez Shift. L’aubaine pour les entreprises comme Shift qui fournissent des solutions technologiques aux assureurs est que c’est un secteur omniprésent dans notre société. Même si la consommation du produit-assurance peut changer selon les régions (par exemple l’assurance pour les accidents du travail est bien plus répandue aux États-Unis que dans les autres pays), les compagnies d’assurance opèrent dans tous les pays.

 

Comment Shift Technology a choisi d’implanter ses bureaux dans les différents pays ?

@Jérémy Jawish

Sans que cela contredise ma réponse précédente au sujet de l’universalité de l’assurance, certaines villes du monde sont réputées pour être de grands centres pour l’assurance. Pour nous, il est judicieux d’être présents dans ces écosystèmes où il y a une grande concentration de compagnies d’assurance. Singapour, Londres, Zurich, Hong Kong, Boston, Tokyo, Madrid et Paris sont toutes des pôles majeurs dans le secteur des assurances. Nous positionner à proximité de nos clients et de nos prospects est donc logiquement un élément clé de notre stratégie de croissance.

Ce que nous vivons en ce moment est en quelque sorte le réveil de l’Europe qui a traditionnellement été le berceau de l’assurance. 

Jérémy Jawish

Comment créer une vraie dynamique internationale pour accélérer les Assurtech, en faisant fi des frontières ?

@Sébastien Loubry

Il est nécessaire de ne pas opposer le monde des startups, des Assurtech et les corporates. Pour avancer et se développer, une logique de partenariat plus que d’intégration est sans doute le bon mode opératoire. Une structure comme AXA Venture Partners a les moyens à la fois de financer des Assurtech mais également de les aider à se développer avec AXA ou d’autres clients, en leur apportant de l’expertise métier, un network à l’international et une base de clients potentiels. La coopération entre grands groupes et Assurtech est nécessaire : sur le financement et sur le développement business.

@Jérémy Jawish

Je reviens encore une fois à l’idée de l’universalité de l’assurance. C’est un secteur mondial et il est prêt pour la transformation numérique. Nous apportons de nouvelles solutions extrêmement prometteuses à notre clientèle, en répondant à leur besoin d’automatiser des processus qui étaient jusqu’alors manuels et nécessitaient un travail intensif.

Plutôt que penser aux frontières, nous devons penser aux défis que les nouvelles technologies peuvent résoudre et comment nous pouvons collaborer dans ce sens .

Jeremy Jawish Shift Technology

CEO de Shift Technology, Jérémy Jawish a étudié les mathématiques à Polytechnique, où il est diplômé d’un Master en Mathématiques financières. Il a commencé à concevoir le projet Shift Technology avec son co-fondateur Eric Sibony à l’occasion d’un stage en commun chez un assureur international, où ils avaient comme mission d’améliorer les techniques de détection de fraudes. Comprenant que le secteur de l’assurance pouvait largement être disrupté, ils ont dédié les mois qui ont suivi à la Recherche et le Développement, devenant ainsi des experts des fraudes en assurance.

Sebastien Loubry AXA Venture Partners

Sébastien Loubry est l’un des associés du fonds en charge du développement d’AVP et de l’accompagnement des sociétés en portefeuille. Disposant d’une expérience de plus de 15 ans dans les services financiers, Sébastien a occupé diverses fonctions dans le courtage grands risques (Marsh) en France et à l’étranger et a rejoint AXA il y a 10 ans. Il a occupé plusieurs postes au sein de la Direction financière et stragégique puis au sein des équipes Marketing et Communication. Il a été l’un des premiers à participer au lancement d’AXA Venture Partners il y a un peu plus de 3 ans. Sébastien est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, de l’Université Paris Dauphine et de l’INSEAD Business School.

Chez Fintech mag, nous avons pour ambition de vous aider à vous construire votre opinion sur l’actualité et les idées de la Fintech. Beaucoup en parlent, beaucoup créent et innovent, mais parmi tous ces contenus et ces projets, il est parfois difficile de prendre de la hauteur et de se poser pour se demander :

Qu’est-ce que j’en retire ?

Qu’est-ce que moi j’en pense ?

Un des premiers pas est justement de s’intéresser à ceux qui sont véritablement acteurs du secteur et d’écouter ce qu’ils affirment et ce contre quoi ils s’opposent. Un peu comme pour nos conversations croisées, mais au quotidien.

Nous vous avons préparé un panel des influenceurs de la Fintech que l’on vous invite à suivre, pour continuer à vous forger votre propre opinion. Et n’hésitez pas à nous envoyer vos meilleures recommandations d’influenceurs Fintech à hello@finance-mag.com

Ndlr : les influenceurs que nous avons choisi de citer ont été sélectionnés à la fois sur un critère classique : leur nombre de followers. Mais nous avons également veillé à ce qu’ils et elles tweetent régulièrement et soient actifs.

👨‍💻 Ils et elles ont fondé une Fintech

Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi et MANGOPAY

Cédric Tessier, fondateur de Finexkapp

Hugues Le Bret, fondateur de Compte Nickel

Xavier Gomez, fondateur d’Invyo

Jean-Michel Pailhon, VC Corporate Development and Strategy, chez Ledger

 

💸 Ils sont des VC Fintech

Florian Graillot, Partner fondateur Astorya

Jean de la Rochebrochard, VC Kima Ventures

Omri Benayoun, General Partner chez Partech

 

🏦 Ils et elles travaillent dans les établissements bancaires / assurance

Yves Tyrode, Directeur Général en charge du digital chez BPCE

Julie Terzulli, Responsable communication LCL

Marie-Christine Lanne, Responsable communication Generali

Florence Karras, ancienne Chief Digital Officer chez BNP Paribas Cardif, en route vers l’entrepreneuriat

Karine Lazimi, CEO du cabinet LCK Assurances

Romain Liberge, Chief Digital Officer MAIF

Marie-Hélène Seguy, Directrice de la Distribution KLESIA

Françoise Delasalles, Directrice Général Crédit du Nord, Société Générale

 

🚀 Ils et elles sont des experts Innovation

Alban Jarry, Chief Digital Officer Asset Management, AXA

Pierre-Philippe Cormeraie, Chief Digital Evangelist BPCE

David Audran, analyste financier

Marie-Claire Capobianco, Directrice des Réseaux France et membre du Comité Exécutif de BNP Paribas

Nicolas Pinto, Digital & Operational Marketing Officer au cabinet ADN’co

Merete Bujilo, Chief Digital Officer chez Natixis

 

⛓️ Ils sont des experts Blockchain

Pierre Paperon, co-fondateur Solid

Frédéric Panchaud, Directeur Assurance et associé du cabinet Noima

Gilles Babinet, entrepreneur et digital champion de la France auprès de la Commission européenne

Raphaël Bloch, journaliste Les Echos

 

🔄 Ils et elles sont des experts Crowdfunding

Vincent Ricordeau, co-fondateur de Kisskissbankbank

Olivier Goy, fondateur et CEO de Lendix

Arnaud Burgot, Directeur général Ulule

Léa Thomassin, co-fondatrice et CEO de HelloAsso

Valéry Giard, fondateur et CEO de Prexem

Depuis 2 ou 3 ans, les compagnies d’assurance ont vu arriver sur leur secteur des startups spécialisées, qui viennent compléter leurs propres offres grâce à des innovations usages et parfois directement leur prendre des parts de marché. Ces startups spécialisées dans l’assurance sont regroupées sous le nom d’Assurtech (Insurtech en anglais).

Comment les groupes traditionnels d’assurance vivent-ils l’arrivée des Assurtech ? Certains y voient le déclin certain des entreprises trop rigides aux modes opératoires pesants, d’autres des opportunités de collaboration et de refonte du marché. L’objectif est, plutôt que chacun emprunte son propre chemin, de les croiser pour gagner du temps et du terrain. Les géants de l’assurance ont d’ores et déjà pris le parti de s’associer avec ces startups (45% d’entre eux l’ont déjà fait en 2017, contre 28% en 2016, selon le Global Insurtech Report PWC, 2017) : AXA et l’Assurtech américaine Oscar en janvier 2018 ; April et Simplis ; la MAIF et Otherwise ; etc.

Nous avons interrogé Bruno Lacoste, Directeur marketing et communication à la Maaf et Président de Niort Tech, l’association de l’Assurtech et Karine Gangneux, Directrice du développement des partenariats chez Generali France. Ils nous donnent leurs points de vue et nous partagent leurs stratégies.

Bruno Lacoste, pouvez-vous présenter les chiffres clés de la MAAF et de Niort Tech et nous parler des Fintech avec lesquelles vous collaborez ?

@Bruno Lacoste

La MAAF a été créée à l’origine pour assurer les automobiles des artisans. Cela remonte à assez longtemps, puisque l’entreprise a été créée en 1950. C’est aujourd’hui une grosse startup, avec près de 4 millions de sociétaires et 4 millions de contrats auto. En 2017, nous étions 570 agences, et on comptait plus de 20 millions de visites par an sur notre site maaf.fr et une application téléchargée par plus de 700 000 clients. Nous sommes très soucieux de la satisfaction de nos clients que l’on mesure : en 2017, nos clients nous donnaient une note légèrement supérieure à 8,5/10. Aujourd’hui, nous ne commercialisons pas seulement de l’assurance auto, mais aussi de l’assurance habitation et santé et faisons aussi de l’épargne et de la prévoyance.

Niort Tech est une initiative beaucoup plus récente, qui a 9 mois d’existence (Ndlr : janvier 2018). Elle a été créée par 7 organismes fondateurs : MAIF, MACIF, MAAF, IMA, Groupama Centre Atlantique, ainsi que le Medef des Deux-Sèvres et la Communauté d’agglomération du Niortais. Nous ont rejoint en septembre deux autres membres, qui sont la Mutuelle de Poitiers, et une mutuelle belge. C’est vrai que c’est une situation un peu incongrue, car nous nous rassemblons entre concurrents. Précisons que nous représentons (tous les membres réunis) plus d’un français sur deux couvert (pour son assurance auto, santé, habitation…). Niort est une ville avec une caractéristique unique car la majorité de ses emplois sont liés à l’assurance. Nous nous sommes rassemblées entre mutuelles de Niort, pour aider nos équipes et le territoire à mieux prendre le virage du numérique. C’est un projet co-construit entre acteurs de l’assurance. Au début de l’année 2018, nous avons fait un premier appel à projet autour des thèmes de la mobilité, l’habitat, la santé et des services par exemple autour de la silver economy. Ces services se reposent sur des technologies comme l’Intelligence Artificielle. Nous avons reçu 72 candidatures pour ce premier appel à projets, 13 startups sont ensuite venues à Niort pour pitcher leur projet, pour en sélectionner 5 qui sont depuis le mois de mai accueillies chez nous. Nous les accompagnons pour accélérer leurs projets sur une période de 9 mois.

La première Assurtech que nous accompagnons s’appelle Testamento, un service pour réaliser son testament en ligne. La deuxième est Fotonower, de la reconnaissance faciale via des photos de véhicules accidentés, pour faire de l’analyse automatique avant la réparation. Ensuite, il y a Insituo, un service de gestion de biens en location. Nous accueillons aussi Coorganiz qui est une application d’aide aux aidants pour tous leurs proches (familles avec les parents, médecins avec leurs patients). Enfin, une solution assez étonnante : Lucine, qui fait de la reconnaissance faciale et promet de détecter le niveau de douleur du patient. Le deuxième niveau de cette solution permet de reconnaître les causes de la douleur du patient et le troisième niveau propose de diffuser des images et sons qui permettent au corps de produire un certain nombre de substances qui lui font du bien et limitent la douleur. Nous accompagnons ces 5 Assurtech jusqu’au mois de janvier ou février 2019.

 

Karine Gangneux, pouvez-vous présenter les chiffres clés chez Generali et nous parler des Fintech avec lesquelles vous travaillez ?

@Karine Gangneux

Generali France a fait un chiffre d’affaires de 11,9 milliards d’euros en 2017. Generali est un groupe italien indépendant, implanté en France depuis 1832, donc assez ancien. Nous avons aujourd’hui plus de 10 000 collaborateurs et agents généraux et 8,3 millions de clients. Comme nous sommes un assureur multi-spécialiste, nous travaillons également avec 800 000 entreprises et professionnels. Nous sommes un assureur généraliste, comme notre nom l’indique, et nous intervenons sur tous les domaines, avec une grande expertise. Nous avons la particularité d’être multi-distributeur : nous avons un réseau de salariés, un réseau d’agents, un réseau de courtage, de grossistes et de distributeurs alternatifs, dont des startups.

Nous travaillons avec différents types de startups, comme les Fintech en effet. Nos collègues de l’épargne ont monté des partenariats avec Investisseur Privé ou Nalo par exemple. Nous travaillons également avec des Assurtech qui interviennent dans l’économie collaborative ou qui ont le statut de courtier, comme Otherwise ou AlloVoisins. Nous sommes également partenaires de tout un nombre de startups technologiques qui nous aident à améliorer nos process. Grâce aux nouvelles technologies, elles nous accompagnent pour fluidifier nos procédures et pour apporter de nouveaux services aux clients.

 

Les compagnies d’assurances et les Assurtech doivent-elles se voir comme des concurrents directs ou des alliés ?

@Bruno Lacoste

Si on regarde la situation d’aujourd’hui, ce sont vraiment des alliés que nous recherchons et que nous retrouvons dans notre écosystème. Nous n’avons pas de concurrents directs.

Par contre, ce qui nous réunit à Niort Tech, c’est l’idée selon laquelle des concurrents pourraient émerger très rapidement. Nous l’avons vu notamment avec d’autres secteurs et la liste des disparus du digital est longue. Nous nous disons donc que si des concurrents peuvent émerger, nous avons plutôt intérêt à avoir l’initiative, pour détecter les projets innovants et les accompagner, plutôt que de se retrouver en face d’eux, sans les avoir vu venir (ce qui correspond à la situation de rupture qu’ont connu certains marchés).

Tout comme le disait Karine, nous recherchons aussi chez les Fintech et Assurtech des compléments à nos services : par exemple dans le domaine de la fraude, les applications technologiques sont plus longues à se répandre dans nos grands groupes et il est intéressant dans ce cas de s’associer à des startups. Nous faisons une veille pour les accompagner et les mettre au service de nos sociétés et de nos sociétaires, encore une fois pour éviter de se retrouver face à de potentiels concurrents.

@Karine Gangneux

Je rejoins Bruno, nous voyons vraiment ces startups comme des alliés. Nos grands groupes ont besoin de s’appuyer sur ces startups pour intégrer de nouvelles technologies. Demain, il y aura certainement des startups qui se positionneront comme des concurrents en demandant le statut d’assureur. Mais comme Generali se positionne comme un multi-distributeur, nous voyons toutes ces solutions de courtage, d’économie collaborative comme des partenaires avec qui il faut nouer des relations de long terme. Elles nous tirent vers l’innovation, elles permettent de construire de nouvelles solutions clients et de trouver des solutions pour répondre aux nouveaux usages. Ces startups nous permettent d’améliorer nos process internes, de les remettre en question et d’innover.

 

Quelle est la stratégie 2019 de Generali dans son travail avec les Fintech ? Vers quoi les groupes d’assurances se dirigent-ils ?

@Karine Gangneux

Notre stratégie pour 2019 et à plus long terme (nous avons un plan jusqu’en 2022), a pour ambition de nous faire devenir l’assureur multi-spécialiste de référence en matière de qualité de service auprès de nos clients, mais également de devenir encore plus multicanal que ce que nous sommes aujourd’hui. Pour répondre à ces ambitions, nous sommes nécessairement amenés à collaborer avec les startups : nous voulons transformer l’expérience clients et la façon dont nous échangeons avec eux. L’objectif est d’être plus efficace opérationnellement, afin de se libérer du temps pour apporter d’autres services à nos clients. Nous devons collaborer avec des Fintech qui maîtrisent des technologies (comme le robo advisor par exemple) qui permettent d’apporter des services différenciants aux clients, qui eux peuvent proposer des arbitrages différents sur les allocations d’épargne. Parmi les Assurtech, nous avons très envie d’explorer les nouveaux modes de distribution : nous avons peu de réseaux propriétaires et ces assurtech sont peut-être les nouveaux canaux de distribution.

Comment Generali fonctionne avec ces startups ? Nous nous positionnons en tant que business partner. Nous voulons une relation équilibrée, sans lien capitalistique, (du moins pour le moment) qui permette une relation pérenne. Nous restons indépendants à leurs côtés. et pour explorer les différentes possibilités, et nous n’hésitons pas à multiplier les expériences.

Pour le moment, nous n’avons pas d’incubateur, ni de fonds d’investissement chez Generali, mais nous avons voulu aller plus loin : nous sommes partenaires de La Place, au Palais Brongniart. Nous avons envie de montrer notre implication dans l’écosystème, qui nous permet d’accompagner les startups : La Place est un lieu qui leur permet de se rencontrer et qui leur permet des interactions avec les grands groupes. C’est l’occasion de leur remettre entre les mains nos besoins et qu’elles nous proposent des solutions.

A court terme, on ne peut pas se passer des startups, nous ne pouvons pas investir dans toutes les technologies qu’elles proposent. Aussi, les intégrer dans nos process n’est que positif et je pense que toutes les entreprises d’assurance aujourd’hui sont dans cette démarche-là. On sent que les attentes et les usages du consommateur évoluent. A court et moyen terme, cette collaboration est indispensable.

Je ne sais pas si ce sont les startups qui vont obliger les grands groupes à se transformer… ce sont plutôt les évolutions des besoins du consommateur,  de la société qui nous obligent à y répondre et à se transformer. Les startups sont un moyen d’y répondre plus vite que si nous y avions répondu seuls. L’assurance est un métier ancien, avec beaucoup de réglementation : nous sommes présents aussi pour leur apporter de la réassurance sur la connaissance de la réglementation, la collaboration est donc positive pour les deux parties.  

 

Quelle est la stratégie 2019 de la MAAF dans son travail avec les Fintech ?  Les retours des collaborateurs sont-ils méfiants ou ouverts ?

@Bruno Lacoste

On vit dans le même univers que celui que Karine vient de dépeindre. Si je devais le résumer, je dirais que nous avons réussi en apportant un très bon rapport qualité-prix. C’était la signature de la marque entre 2014 et 2017. Nous avons fait évoluer le positionnement de la marque vers la préférence client. Il y a la question clé de l’accompagnement : ce n’est pas possible que le client voit son assureur seulement au moment de la signature et au moment où il a un sinistre. Et surtout on ne peut pas s’appuyer là-dessous pour susciter la préférence client dans un monde extrêmement digitalisé. Les deux tiers de nos échanges avec nos clients se font aujourd’hui via nos espaces digitalisés.

Dans ce monde, nous avons tout de même des problèmes : nous sommes d’abord très encadrés réglementairement et de plus en plus (la loi ANI pour la Santé, la loi Hamon, la RGPD qui nous tombe dessus, etc.). D’un côté, il faudrait que l’on soit beaucoup plus souple pour accompagner nos clients et d’un autre côté le cadre réglementaire de plus en plus rigide qui nous est imposé. Dans ce cadre-là, le travail avec les Fintech et les startups est une vraie bouffée d’air car elles s’émancipent de ces contraintes-là. Elles développent des solutions de plus en plus rapidement. Et pour nous, il est plus qu’important d’accompagner nos clients au-delà de l’assurance et d’avoir une relation en continue avec leur assureur MAAF.

Tactiquement chez la MAAF, nous avons un Lab interne pour faire émerger des solutions innovantes parmi les collaborateurs. Les collaborateurs peuvent aussi le faire en lien avec des projets extérieurs qu’ils ont repéré. Ce Lab interne nous sert surtout à écrémer ceux qui sont proches de nos métiers (fraude, etc.). Ensuite, nous avons Niort Tech : pour les startups dans l’assurance, il est plus simple de travailler à Niort, car elles sont à cinq minutes du directeur juridique de la MAAF, du directeur technique de la MAIF, etc. Nous n’hésitons pas à coopérer entre concurrents assureurs pour faire émerger des services qui peuvent être utiles à l’un ou l’autre.

D’un point de vue interne, nous avons des retours extrêmement favorables des collaborateurs sur les partenariats que nous mettons en place avec les startups ; sur les lignes du métier d’assureurs que l’on fait bouger pour aller vers davantage de services et de relation client. Ce que je vois, c’est plutôt de l’enthousiasme mais aucune crainte ou méfiance. Au contraire, je vois plutôt des fiertés et mobilisations en rapport à nos contraires réglementaires qui nous freinent habituellement.

 

Comment la MAAF et Generali travaillent concrètement avec les Fintech et Assurtech ? Combien de temps se passe généralement entre la première prise de contact et le lancement de la collaboration ?

@Karine Gangneux

Cela fait en fait 40 ans que Generali travaille avec des startups ! AMV, un courtier pour les motos, pouvait être considéré à son démarrage comme une startup. Il y a 20 ans, nous travaillions également déjà avec des startups dans l’épargne comme Altaprofits.

Je pense que ce qui fait notre succès avec ces partenariats, est lié à notre capacité à être réactif. Nous les écoutons. Le temps d’un assureur et d’une startup n’est pas du tout le même. Notre organisation a dédié des entités dans la grande maison Generali qui permettent de travailler sur le même temps que les startups. On co-construit parce que les startups nous contactent sans parfois que leur projet soit toujours très défini, ce qui nous permet de mettre en avant notre capacité à faire du sur-mesure. On travaille en test and learn : on fait des tests avec elles, on voit si cela marche ou pas et on adapte la solution initiale.  

En termes de temps, cela se traduit par des délais de quelques mois qui nous permettent de mettre en place des partenariats (en fonction du degré de maturité de la startup). En moins d’une demi-année, nous sommes largement capables de dérouler des partenariats business, et je pense qu’ils apprécient. Rien n’est figé : les startups évoluent, elles ont des idées et en fonction du marché qu’elles rencontrent, elles réorientent leur stratégie. Nous sommes capables d’évoluer et de nous adapter rapidement.

 

@Bruno Lacoste

Je me retrouve assez bien dans ce que dit et vit Karine. Dans nos modes de fonctionnement, nous avons un mode opportuniste, où l’on part des problématiques de nos métiers. Comme pour beaucoup de monde, nous recevons beaucoup de propositions dans nos boîtes email : il est fréquent que l’on ait déjà dans nos tuyaux des solutions pour une problématique précise repérée. Dans ce cas, on part du détail de nos problématiques et on recherche une solution adaptée.

Ensuite, on peut partir de problématiques générales dans des appels à projets : cela nous permet de ratisser beaucoup plus large sur les initiatives des startups elles-mêmes. Parce que lorsque l’on part de notre problématique, quelque part il nous échappe leurs initiatives développées en diagonale de ce que nous faisons habituellement. Cela nous intéresse qu’elles nous challengent sur nos pratiques. Dans le cas de Niort Tech, on arrive à avoir pleins de propositions : cela nous permet de choisir les personnes avec qui l’on veut travailler, y compris des personnes qui nous dérangent dans nos façons de faire.

Nous avons également un véhicule d’investissement, qui est une opportunité pour nous et pour la startup de monter au capital. Nous avons un outil qui s’appelle Covea Next et agit au niveau du Groupe pour nous permettre de prendre des parts. Parmi les startups que nous finançons, le maître-mot est “innovation” : l’innovation au service de nos sociétaires essentiellement.

 

Quelles Fintech admirez-vous pour leur travail et avec lesquelles aimeriez-vous collaborer ?

@Bruno Lacoste

Je vais choisir une des cinq startups que nous accompagnons à Niort Tech : ce sont deux jeunes femmes qui ont lancé Coorganiz, un service extraordinaire lorsque l’on s’y penche. C’est une solution mobile, sur appli, qui permet aux personnes que l’on doit aider (comme des personnes en fin de vie par exemple) et qui ont besoin d’un écosystème autour d’elles (des enfants, proches, médecins, aides à domicile, etc.) pour s’organiser. C’est toujours extrêmement difficile à gérer au quotidien. Elles ont développé cette application qui permet d’avoir une vue commune de l’agenda de la personne que l’on aide. Cela permet de simplifier l’accompagnement, souvent vécu comme une souffrance pour les aidants et les aidés.

Nous faisons des premiers tests de l’application auprès des collaborateurs MAAF qui se sont portés volontaires pour aider à mettre en place l’appli. Sincèrement c’est un vrai coup de cœur. J’espère que cela va déboucher sur de vrais résultats. Nous sommes ici typiquement sur le genre d’innovations que nous adorons à la MAAF, qui peut apporter un bien fou à nombre de nos sociétaires (et pas uniquement d’ailleurs).

 

@Karine Gangneux

Je n’ai pas envie de n’en citer qu’une seule, pour ne pas faire de jaloux ! Nous avons beaucoup de coups de cœur chez Generali dans nos différents métiers. Celles que j’admire sont celles qui apportent une vraie innovation technologique, produit, et une amélioration de l’expérience clients.

Aujourd’hui, il y a plusieurs startups qui sont dans nos tuyaux et avec lesquelles nous avons des projets. J’aimerais que cela se concrétise en collaboration d’ici la fin de l’année 2018. Il y en a à la fois sur des nouvelles technologies de type IA, blockchain et sur mon domaine, dans le IARD (Incendie, Accidents et Risques Divers, il y a quelques projets qui peuvent disrupter la distribution.

Bruno Lacoste, Maaf Niort Tech

Bruno Lacoste-Badie est né le 2 décembre 1963.

Diplômé de l’Institut de Mathématiques Appliquées d’Angers, il a travaillé pendant 5 ans au sein des équipes Marketing et Produits du Groupe La Redoute à Roubaix, avant de rejoindre MAAF Assurances à Niort en 1991.

Successivement Responsable du Marketing Direct, Directeur du Développement du Marché des Professionnels et Entreprises, Directeur Général de la filiale de vente à distance NEXX Assurances, Directeur Technique Produits Santé et Prévoyance, puis Directeur Technique Produits IARD, il est depuis 2013 Directeur Marketing et Communication de la marque MAAF au sein du Groupe Covéa.

Il dirige également le pôle digital de la marque et est membre du LAB Covéa, l’incubateur de projets au service de l’innovation dans le Groupe. Il soutient l’intrapreneuriat au sein de MAAF et de Covéa et sponsorise des projets portés par des collaborateurs, comme le site avis-auto.fr qui est aujourd’hui le site de référence en France des avis clients sur leur automobile, l’application mobile JAACompagne by MAAF et #MAAFVousAccompagne, deux projets primés Meilleure Innovation Objets Connectés et Meilleure Stratégie Réseaux Sociaux par les Trophées de l’Assurance 2017.

Karine Gangneux, Generali
Karine Gangneux débute sa carrière en 1997 comme chargée d’études au sein de la Compagnie générale des Eaux. En 1998, elle entre à Azur GMF en tant que chargée d’études statistiques puis devient manager de l’équipe Partenariats en 2001. En 2004, elle rejoint Generali au sein de sa filiale L’Equité en tant que Responsable Etudes et Tarification. En 2014, elle est nommée Responsable Solutions Partenariats Traditionnels. Depuis avril 2017, Karine Gangneux est directrice du développement des Partenariats.
Agée de 44 ans, Karine Gangneux est diplômée de l’Université Paris I-Panthéon (DEA Economie Mathématique et Econométrie) et de l’Université Paris XII (Maîtrise d’Econométrie).

Selon une étude réalisée par PwC, plus de 56 % des assureurs mondiaux estiment que l’insurtech menacent 20 % de leurs chiffres d’affaires. Une situation alarmante qui ne laisse pas les concernés indifférents. C’est ce qu’a révélé l’étude de KleinBlue Partners intitulée « Les assureurs face aux insurtech et aux acteurs innovants ».

Les assureurs investissent dans des insurtech

15 grands acteurs traditionnels mondiaux ont fait l’objet de cette étude. Étude qui a révélé que tous ces grands groupes ont déjà investi dans des insurtech de diverses catégories. Sur les 15 répondants, 10 ont utilisé des fonds internes ou corporate VC. Les 5 restants ont opté pour les fonds délégués.

Parmi les rachats et les investissements les plus marquants : la participation de CNP Assurances dans l’insurtech Alan ou encore le Crédit Mutuel Arkéa qui est entré au capital de Fluo avec un ticket de 2 millions d’euros et de Yomoni avec 5 millions d’euros.

À titre d’exemple, le grand groupe AXA a investi 230 millions d’euros dans les insurtechs et les acteurs innovants : 200 millions d’euros dans le fonds Partech Growth et 20 millions d’euros dans le fonds Prêtons ensemble, entre autres. Maif Avenir a investi 125 millions d’euros. Signe que les grands groupes ont compris la réinvention de leur métier.

La collaboration : la stratégie des assureurs pour ne pas tomber sous la coupe des insurtechs

Si les jeunes pousses ont des idées plein la tête, et la fraicheur nécessaire pour innover le domaine de l’assurance, les acteurs traditionnels possèdent de gros fonds et des clients non négligeables. Il est évident que l’un ne peut vivre sans l’autre. Une collaboration entre les deux entités est donc la suite logique de la guerre du début.

Dès 2014, des collaborations entre assureurs et insurtechs commencent à voir le jour avec les Villages by CA et le Hackaton AXA avec l’École 42 ainsi que les programmes AXA Partners & AXA Digital.

Partnerships, entre autres. Les raisons ? Les insurtechs n’ont pas leur pareil quand il s’agit de marketing, ventes et fraude. Pareillement pour les nouvelles technologies comme le Big Data ou l’intelligence artificielle. Et les assureurs ne veulent pas rater cette opportunité de profiter de leurs expertises et de la force de leur SI pour sortir du lot. Les fonds innovation se multiplient : accélérateur Allianz, fonds AXA, Programme des pôles d’innovation WAI de BNP Paribas, Incubateur Covéa Habitat connecté, etc.

Les partenariats et les co-innovations entre assureurs et insurtechs montrent à quel point ces derniers sont incontournables dans le processus de digitalisation des acteurs traditionnels.

La compétition : une option qui ne convainc pas les assureurs

À part Allianz et la MAIF, les cas de compétition directe entre assureurs et insurtech restent rares. Plutôt que d’entrer en concurrence avec les nouveaux acteurs, les grands groupes préfèrent créer une insurtech interne : « Lyfe », la plateforme digitale de services aux assurés lancée par CNP Assurances, Qare et Padoa du groupe AXA en sont des exemples.

De toute façon, l’heure est à l’investissement. Selon toujours l’étude de KleinBlue Partners, les assureurs prévoient d’investir entre 1,5 et 2 milliards d’euros dans l’innovation. 5 grands groupes parmi les répondants sont des leaders : niveau très élevé des montants des fonds, de la collaboration, de l’innovation interne et de la maturité digitale. 2 sont des early followers (niveau élevé). 6 sont des followers (niveau peu avancé ou modéré) et 2 sont des late adopters (niveau limité ou faible).

Stratégie insurtech : conseils de pros

Réussir sa stratégie insurtech et sa transformation digitale, cela ne s’improvise pas. Il faut d’abord commencer par une niche ou un type d’insurtech (courtiers assurance vie, service aux assurances et courtiers…) pour optimiser la compétence des startups incubées. Ensuite il faut définir une stratégie pour détecter les insurtechs les plus prometteuses et les attirer. Instaurer une veille insurtech surtout B2B est la stratégie la plus indiquée. Mais avant il faut organiser des pitchs, des hackatons, etc. En cas de création d’insurtech internes, il faut veiller à les autonomiser au maximum.

Bref, rien ne sert de se précipiter, tout vient à point à celui qui sait attendre.

 

Découvrez le Pitch d’Assurup pour FinTech Mag

Assurup est la solution d’assurance dédiée aux startups entièrement sans frais. Nous nous positionnons comme l’intermédiaire entre les startups et les compagnies d’assurances afin de les aider dans leurs démarches de souscription à une assurance et de leur proposer des contrats sur mesure et digitalisés.

Chaque étape de développement d’une startup est essentielle. Lors de sa création, celle-ci aura besoin d’assurer ses locaux et son activité. Si elle effectue une levée de fonds, des obligations d’assurances lui seront imposées dans le pacte d’actionnaire. C’est pourquoi nous l’accompagnons dans sa croissance en lui proposant des contrats d’assurances adaptés à ses besoins.

Grâce à notre partenariat avec une quinzaine de compagnies d’assurance reconnues et spécialisées (AXA, HISCOX, CHUBB, ALLIANZ…) plus de 350 startups, tous secteurs confondus, nous font déjà confiance : CLAC DES DOIGTS, CHEFING, GUEST TO GUEST, MEERO…

Assurup est également partenaire des incubateurs et des fonds d’investissements les plus reconnus. Ce qui nous permet de gérer tout type de demande, de conseiller et de couvrir les risques des startups dans leurs phases de développement.

Assurup, une souscription digitale et sur-mesure

Nous mettons en place une plateforme de souscription digitale qui permet à ses utilisateurs de comparer et souscrire à la solution d’assurance qui s’adapte au mieux à leurs besoins et à leur budget. Grâce à cette plateforme les startups peuvent ainsi gérer facilement leurs contrats d’assurance, sans coût supplémentaire.

Un chargé de clientèle est également dédié à chacune d’entre elles afin de les accompagner au maximum dans leurs démarches et leurs évolutions.

Une ambition ? Simplifier l’usage

A ce jour, le contrat d’assurance Responsabilité Civile Professionnelle est disponible à la souscription
sur www.assurup.com . Pour 2018, nous avons pour ambition de digitaliser notre solution à 100% et de permettre aux entreprises de souscrire à tous types de contrats d’assurance en ligne.

Nous souhaitons fournir aux entreprises une plateforme de gestion de leurs contrats simple et transparente qui les accompagne tout au long de leur évolution.

 

Envie d'en savoir plus ?

ARTURO Crédit est une plateforme en ligne au service des particuliers qui souhaitent souscrire un prêt immobilier, une assurance de prêt ou un regroupement de crédits. L’objectif est de rendre accessibles et intuitifs les produits de crédit et d’assurance sur internet grâce à des coûts d’acquisition maîtrisés et optimisés. Pour la partie crédit, le digital permet en amont une première analyse assez précise du profil client (scoring), ce qui permet de réduire de 20% la charge de travail sur la chaîne de traitement du dossier. Pour la partie Assurance de prêt, le modèle économique est, en plus, ultra compétitif pour l’emprunteur : des honoraires forfaitaires se substituent au système habituel de commissions (prélevées sur toute la durée de vie du contrat).

Le parcours client a été repensé pour répondre à ses attentes sur 3 axes :

ARTURO Crédit, une simulation d’assurance ou de crédit en quelques minutes

Quelques minutes suffisent pour simuler son projet ARTURO Crédit pour obtenir aussitôt une réponse complète et adaptée à son besoin. Le candidat à l’emprunt dispose de tous les éléments pour décider s’il souhaite poursuivre son dossier : un taux réaliste, une mensualité/un coût total tous frais inclus. Quant au candidat à l’assurance, il obtient directement le contrat d’assurance adapté à son profil sans pour autant avoir de connaissances particulières dans le domaine : contrat moins cher et compatible avec les exigences de sa banque.

Ensuite, l’emprunteur peut facilement renseigner des informations complémentaires, déposer et signer ses documents en ligne (dans son espace personnel). À tout moment, il peut suivre en temps réel l’avancement de son dossier et télécharger les documents pour les transmettre à la banque. Les formalités médicales de l’assurance de prêt sont simplifiées, un seul questionnaire dynamique peut suffire pour signer et télécharger son certificat d’assurance.

L’emprunteur est accompagné par un conseiller partenaire courtier, expert soit en crédit soit en assurance. Le conseiller est libéré des tâches sans valeur pour se concentrer sur la demande de son client et répondre à ses attentes.

Rapidité, facilité et transparence au service du consommateur

Les emprunteurs exigent désormais rapidité, facilité et transparence dans tous les domaines. La technologie offre une agilité grâce à laquelle il est possible de construire un modèle économique rentable. C’est ce qui nous permet de replacer l’humain (relationnel et expertise) au cœur de notre offre. Le consommateur emprunteur entend lui aussi de profiter de l’économie substantielle qu’apporte le tout numérique. Après tout, à l’instar du taureau de New York, ARTURO Crédit a bien pour ambition de symboliser la force et puissance du peuple face aux fluctuations du monde financier !

 

Le marché de l’assurance étant complexe, il est parfois difficile d’y trouver son bonheur. C’est sur ce constat que Assur.com s’est basé pour créer un moteur de recherche simple et intuitif. Celui-ci qui vous permet de trouver votre assurance en quelques clics. Le tout avec une expérience utilisateur 100% digitalisée et optimisée.

Un moteur de recherche d’assurance 100 % neutre et diversifié

Assur.com est un moteur de recherche basé sur une technologie qui identifie, sélectionne et agrège les offres du marché de l’assurance. Notre plateforme référence actuellement plus de 600 produits d’assurance auto, santé, habitation, voyage, professionnel. Nous référençons également des produits d’assurance emprunteur, animaux, sports et loisirs.

Notre outil bouleverse l’économie du secteur en ce qu’il crée une réelle valeur économique pour les assureurs tout en démystifiant la recherche d’assurance pour le consommateur. Assur.com propose ainsi aux utilisateurs une expérience de recherche d’assurance simple et intuitive et les aide à isoler leurs besoins, renvoyant in fine du trafic qualifié et rémunérateur vers le site de l’assureur.

 

Assur.com exemple

 

Finit les formulaires fastidieux, avec Assur.com place au questionnaire simple !

Assur.com ne demande ni ne collecte aucune information personnelle, contrairement aux agrégateurs traditionnels du marché. Les utilisateurs ne sont pas enfermés dans des formulaires fastidieux et chronophages qu’ils abandonnent en cours de route. Ils accèdent, via un simple questionnaire à choix multiple, aux résultats d’assurances qui correspondent à leurs besoins et peuvent directement se rendre sur le site de l’assureur pour souscrire au produit qui les intéresse.

Au delà du moteur de recherche, c’est aussi une encyclopédie des assurances

Nous avons pour ambition d’affiner et de développer notre technologie pour offrir aux utilisateurs le moteur de recherche d’assurances le plus exhaustif et le plus complet du marché. Nous souhaitons également nous positionner comme source d’information et d’intelligence de référence dans le domaine de l’assurance.

Nous avons créé, à cet effet, une encyclopédie de l’assurance et lançons prochainement un blog sur les grands sujets de l’assurance. Une fois que le concept Assur.com aura fait ses preuves, nous espérons l’étendre aux autres marchés francophones avant de nous attaquer au marché américain.

assur.com logo

 

MemoCloud est une solution qui répond aux attentes des particuliers concernant la gestion et la pérennité de leur patrimoine numérique.

 

MemoCloud : la « tour de contrôle » de votre patrimoine d’informations d’aujourd’hui

 

La start-up MemoCloud permet de stocker toute information aujourd’hui sous forme numérique tels que les documents importants ou mes volontés en cas d’incapacité ou de décès. A cela s’ajoute les éléments numériques générés par le monde numérique que sont les identifiants et mots de passe en tout genre.

MemoCloud est l’assurance de votre patrimoine numérique avec distribution aux bénéficiaires désignés en cas d’incapacité ou de décès.

 

Un de nos clients a qualifié MemoCloud de « couteau Suisse » de la gestion du patrimoine numérique. MemoCloud réuni en une seule plateforme les solutions de coffre-fort numérique, de gestion des identifiants et mots de passe et la transmission intelligente des informations vers les bénéficiaires.

Dans le passage au numérique, MemoCloud bouleverse le marché en proposant une solution complète de stockage et transmission post mortem des informations aux bénéficiaires désignés.

 

Le passage du papier au numérique change, par nécessité l’usage du stockage, de la gestion et de la transmission.

 

Les points forts de MemoCloud :

 

Le développement réalisé sur fond propre d’une solution totalement opérationnelle

 

Deux axes de développement :

 

MemoCloud n’est pas en rupture ni en disruption, mais plutôt en adaptation à la réalité de l’absence du papier qui joue le rôle de mémoire et outil de transmission.

La dématérialisation demande une organisation, devant permettre de gérer l’information par une mémorisation ordonnée et pertinente, ainsi qu’un tiers qui sera en charge de distribuer cette information en cas d’incapacité ou de décès.

Les partenariats entre les acteurs historiques du secteur de l’assurance, les fabricants d’objets connectés et les géants du numérique se sont multipliés ces derniers mois. Malgré une croissance importante sur le marché français, la révolution des objets connectés annoncée depuis plusieurs années se fait attendre.

 

De nombreuses opportunités dans des secteurs clefs pour les assureurs

Dans le secteur de la santé, montres connectées, bracelets fitness, balances, smartphones, tensiomètres, cardiofréquencemètres et capteurs connectés en tous genres permettent de mieux connaître les utilisateurs, de surveiller leur santé, d’instaurer des messages d’alerte, et de faire acquérir des réflexes qui contribuent à améliorer la santé.

Une incitation aux comportements vertueux que l’on retrouve dans le secteur automobile, secteur dans lequel les assureurs présentent aujourd’hui l’offre connectée la plus développée. Le « Pay how you drive« , l’assurance auto dont le en fonction de la conduite, se développe lentement.

Concernant l’habitation, les appareils de surveillance connectés se multiplient (alarmes, caméras, détecteurs de mouvement, détecteurs de fumée). Les maisons deviennent de plus en plus « intelligentes » en matière d’alimentation énergétique et de gestion des équipements (lumières, volet, portes et installations électriques). Là encore, l’essor d’offres adaptées à ces nouvelles technologies progresse lentement.

Grâce aux objets connectés, l’assureur peut collecter des données plus pertinentes sur ses clients, et développer des offres ciblées ou trouver des leviers pour apporter une valeur ajoutée. Mais si les assureurs tardent à profiter pleinement des opportunités offertes par les objets connectés, c’est que leur développement se heurte encore à plusieurs difficultés.

 

Sécurité des données et respect de la vie privée

L’obstacle le plus connu concerne le maintien de la confidentialité des données des utilisateurs. Le public et les associations de consommateurs prêtent à juste titre une attention soutenue à cette problématique de protection des données personnelles, véritable casse-tête pour les assureurs.

Quel que soit le secteur d’activité concerné, les utilisateurs sont par ailleurs souvent réticents à voir leur vie mesurée, leur conduite surveillée et notée en permanence. Caméras de surveillance, montres, smartphones et objets connectés effraient autant qu’ils suscitent l’adhésion en « facilitant » la vie de leurs utilisateurs.

 

Un contexte juridique complexe

Un travail réglementaire reste également à fournir. Les objets connectés se développent dans un contexte juridique complexe, n’obéissant à aucun cadre juridique leur étant spécifique. Il faut puiser dans de nombreux domaines du droit commun pour comprendre les règles et limites qui contraignent leur utilisation. Définir un cadre législatif unique adapté à l’hétérogénéité des objets connectés permettrait aux professionnels de définir clairement les règles à appliquer et l’ensemble de bonnes pratiques à observer.

 

Définir un nouveau un modèle économique

L’arrivée des objets connectés pourrait remettre en cause, au moins en partie, le principe de mutualisation des risques qui prévaut dans le secteur de l’assurance depuis tous temps : les primes versées par un grand nombre d’assurés servent à régler les sinistres qui surviennent à quelques-uns seulement. En enregistrant, analysant, prédisant les comportements, on peut s’appuyer sur des informations plus ciblées pour mettre en place une « tarification dynamique« , qui anticipe les risques plus précisément.

La classique cotisation annuelle pourrait être remise en cause pour des modèles d’abonnement. Les offres commencent déjà à se transformer, ciblant davantage leurs utilisateurs et s’adaptant à leurs besoins spécifiques. La logique d’indemnisation qui prévaut actuellement pourrait se trouver peu à peu remplacée par une logique de prévention.

 

Le modèle économique de l’assurance de demain reste à trouver, à l’équilibre entre logique de prévention et principe de mutualisation des risques. Ceux qui sauront profiter des informations fournies par les objets connectés auront un avantage concurrentiel. Reste aux principaux acteurs, Etat et associations de consommateurs compris, de faire en sorte que les assureurs et les assurés puissent tous deux en tirer parti.

 

Article écrit par Nicolas Bertrand, Consultant chez mc2i Groupe

Insurtech, quels sont les axes porteurs de croissance ?

Contrairement à d’autres domaines où la technologie a réussi à s’imposer dans des secteurs que l’on pensait ultras conservateurs, l’Insurtech a vécu un début timide. Cependant, certaines startups semblent avoir trouvé le bon filon de sorte que les investissements ont fait un bond considérable. Qu’est-ce qui a provoqué cette montée en flèche ? Quels sont donc ces axes porteurs de croissance dans l’Insurtech ?

La gestion des sinistres, un secteur porteur !

La prudence a été particulièrement présente dans le développement de l’Insurtech. Il faut dire que la recherche de valeur n’a pas été des plus évidentes. L’étude réalisée par Willis Towers Watson, un éminent cabinet de courtage et de conseil, révèle aujourd’hui que la gestion des sinistres s’affiche comme le module le plus prometteur.

Selon son CEO, Rafal Walkiewicz : « … l’accent pourrait être mis davantage sur la gestion des sinistres et moins sur d’autres fonctions comme la distribution, la souscription et la gestion de capital ».

Et pourquoi la gestion des sinistres ? Cet aspect du métier génère des interactions capitales entre les clients et les assureurs. En découlent de précieuses données et des opportunités indispensables pour diversifier les risques.

« Le fait de pouvoir tirer les enseignements de ces échanges à l’aide d’outils technologiques, développés en interne ou dans le cadre de partenariats ou d’acquisitions, sera à l’avenir une source de différenciation essentielle pour les acteurs historiques du marché », ajoute encore le numéro 1 de Willis Towers Watson.

Autre axe potentiellement porteur : les plateformes d’accompagnement, à l’image de Sozen. Elles s’adressent d’abord aux professionnels, c’est-à-dire aux assurances, mutuelles et prévoyances. Les offres financières personnalisées forment aussi un pôle prometteur. En effet, au-delà de la branche indemnisation des compagnies d’assurance et mutuelles, d’autres départements présentent une belle cohérence entre attractivité et niveau d’activité.

248 % d’augmentation des investissements dans l’Insurtech sur le deuxième trimestre 2017

Ce chiffre publié par Willis Towers Watson dans son rapport trimestriel reflète l’intérêt que portent les investisseurs à l’Insurtech. À travers le monde, 64 transactions qui s’élèvent en tout à 985 millions de dollars ont été enregistrées entre avril et juin 2017. Bien plus qu’au premier trimestre qui n’en a comptabilisé que 38 ! Le nombre et les sommes investies atteint des sommets.

Un signe que la révolution est en marche ? En tous cas, les Venture Capital et autres business angels qui étaient jusque-là prudents commencent à entrevoir un bel avenir à travers ces startups novatrices. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en quelques années, elles ont foisonné. Toutefois, toutes celles qui se sont lancées n’ont pas rencontré le succès escompté. Et pour être francs, très peu ont réussi à percer dans le monde de l’assurance et la réassurance. La concurrence est rude, notamment entre les assureurs traditionnels, les courtiers en ligne et les jeunes pousses insurtechs.

Vers l’optimisation et automatisation des process de gestion des sinistres

Le temps et la simplification des démarches, ce sont les principaux points sur lesquels la technologie va pouvoir révolutionner le secteur. L’enjeu ? La satisfaction des clients. Ainsi, la résolution d’un sinistre en instantané (via le téléphone de l’assuré par exemple) est LA piste qu’il faut nécessairement explorer. Les assureurs quant à eux gagneraient financièrement à automatiser leur process.

Andrew Newman (President, Global Head of casualty & CEO Alternative Strategies chez Willis Re, référence mondiale en matière de courtage en réassurance) précise : « Les 985 millions USD investis dans les InsurTechs au deuxième trimestre 2017 sont une nouvelle preuve de la mutation en cours dans le secteur. Qu’elle augure une phase de perturbations ou de nouvelles opportunités dépend essentiellement de la perception de la position de chaque entreprise dans la chaîne de valeur de l’assurance. Ce n’est pas la technologie qui est “disruptive”, mais la capacité de chaque acteur à l’exploiter plus ou moins efficacement ».

Plus que jamais, les indicateurs sont au vert pour l’Insurtech. Souhaitons que cela enclenche un développement et une croissance pérennes pour les startups qui y ont cru et qui y croient.